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L’attaque des gazoducs Nord Stream ouvre un nouveau front dans la guerre russe de l’énergie

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Fuite Nord Stream1 Danish Defence

Publié le 28 septembre 2022

Attaque ennemie ? Sabotage ? Coup monté par Poutine pour détourner l’attention focalisée sur les désertions ? Les spéculations se multiplient sur l’origine des trois fuites de gaz géantes sur les deux pipelines qui relient la Russie à l’Europe, Nord Stream 1 et 2. Elles sont en tous cas simultanées et visibles à l’œil nu. Quels que soient les auteurs des explosions qui les ont provoquées, elles montrent que le gaz, comme le nucléaire avec la centrale de Zaporijia, sont utilisés comme des armes de guerre. La dépendance de l’Europe à ces énergies si vulnérables, la fragilise grandement.

Le gaz s’échappe depuis lundi dans la mer Baltique. Les fuites, visibles à l’œil nu, proviennent des des deux gazoducs qui relient la Russie à l’Europe, Nord Stream 1 qui n’est plus en service depuis que la Russie a cessé ses approvisionnements, et Nord Stream 2 qui devait prendre la relève mais que la guerre en Ukraine a transformé en pipeline abandonné. Quand la Russie a cessé de vendre son gaz, elle a continué à le brûler. Aujourd’hui ce sont des explosions de provenance inconnues qui auraient provoqué ces fuites illustrant à quel point les pipelines sont des projets coûteux et risqués et que la guerre matérialise ces risques. Nicolas Redon, expert finance verte de Novethic, rappelait cet été qu’Uniper, l’énergéticien allemand, avait enregistré dans ses comptes 2,7 milliards d’euros de pertes, montant des financements attribués à Nord Stream 2.

En cas de guerre comme celle que la Russie mène à l’Ukraine, le gaz comme le nucléaire sont des énergies utilisées comme armes et moyens de pression sur l’Europe. Leurs risques intrinsèques deviennent beaucoup plus dangereux. Quand l’agence Internationale de l’énergie a visité la centrale de Zaporijia en Ukraine cible de bombardements, elle a demandé immédiatement que soit installé un périmètre de sécurité autour de l’usine pour éviter le risque de catastrophe nucléaire.

Urgence à assurer la transition énergétique de l’Europe

La conjugaison de l’attaque contre Nord Stream 2 et de la transformation de la centrale de Zaporijia en cible montre l’urgence d’une transition énergétique qui transforme profondément l’économie européenne. Alain Grandjean, associé cofondateur de Carbone 4, rappelle sur LinkedIn qu’”on ne change pas le moteur d’une voiture quand on est à 130 km/h sur l’autoroute. Or, pendant le Covid, l’économie s’est retrouvée presque à l’arrêt. Nous avons eu à ce moment-là une opportunité historique de changer rapidement le système énergétique, que nous avons totalement ratée. C’est d’autant plus dommageable que nous avons dépensé énormément d’argent pour sauver des secteurs économiques entiers, mais en les maintenant à l’identique, sans leur demander de contreparties”.

Quand, début 2022, la Commission européenne a choisi d’intégrer le gaz et le nucléaire dans sa taxonomie des activités vertes permettant d’atteindre la neutralité carbone, elle ignorait que Poutine allait déclarer la guerre à l’Ukraine. Neuf mois plus tard, elle ne peut que constater que ces deux énergies sont des éléments centraux de la guerre menée par Vladimir Poutine. Il utilise une centrale nucléaire civile comme menace, fait brûler le gaz invendu, ce qui pollue l’atmosphère et aggrave le changement climatique. Quant aux fuites, elles déversent des quantités de gaz dans la mer Baltique. Difficile ensuite d’expliquer que ce sont des énergies propres de transition ! 

Anne-Catherine Husson Traore, @AC_HT_, directrice générale de Novethic

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