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LE BOIS, ENERGIE LOW-TECH

Triangle du feu

Le bois énergie est accusé de tous les maux environnementaux : déforestation, émission de CO2, émission de particules plus ou moins fines qui encombrent les bronches… Tous ces griefs sont bel et bien fondés. On ne fait pas de feu sans couper du bois, et si certaines vallées alpines suffoquent, ce n’est pas uniquement à cause du trafic routier. L’hiver, en Rhône-Alpes, plus de la moitié des émissions de particules fines proviennent du chauffage résidentiel au bois, a calculé l’administration.

Mais imaginons qu’à chaque fois qu’un pompiste fait un plein d’essence, il verse l’équivalent de 4 pleins à côté du réservoir… Incriminerait-on l’essence ? Ce rendement de 20 %, c’est grosso-modo celui d’un poêle en fonte classique (1) : seulement 20 % de l’énergie contenue dans une bûche est récupérée. Ne parlons même pas des cheminées « ouvertes » sans insert. Les autres 80 %, c’est de la chaleur qui se dissipe dans l’atmosphère, sans avoir été utilisée, ou bien de la chaleur potentielle qui ne verra jamais le jour à cause d’une combustion incomplète, entraînant par ailleurs la production des particules fines et gaz polluants tels que le monoxyde d’azote. Si la combustion était complète, un feu de bois n’émettrait pratiquement que du CO2, composé de carbone que l’arbre relâche, après l’avoir stocké de son vivant.

Galaxie d’auto-constructeurs

Ce carbone était déjà sur terre : à long terme, il ne s’« ajoute » donc pas au stock de carbone atmosphérique, contrairement au carbone fossile brûlé dans nos moteurs de voiture. Argument suprême, le bois est l’énergie low tech par excellence : pas besoin d’infrastructures gigantesques pour assurer sa production et son acheminement.

Alors, comment réhabiliter le feu de bois ? Tandis que les poêles du commerce ont fait des progrès considérables en termes d’efficacité, une autre voie est désormais bien ancrée, basée, elle, sur l’auto-production. Il s’agit d’une galaxie informelle d’individus, de collectifs et d’associations qui recherchent-développent des solutions low tech (simples et appropriables, contrairement au high tech) de combustion efficace du bois. Leur point commun : le « rocket stove », ou « poêle rocket », ou réacteur à bois par tirage naturel. « On l’appelle aussi “poêle-dragon”, c’est lié au bruit caractéristique qu’il fait », indique Léo Thénié. Ils et elles sont une trentaine comme lui, soleils de cette galaxie, à organiser des stages d’autofabrication. Léo m’explique la caractéristique de ces foyers, simple : « Ils optimisent le triangle du feu (voir encadré), en particulier l’apport en oxygène, et son mélange avec les gaz, de manière à ce que la combustion soit la plus complète possible. » Rien de compliqué sur le papier, rien de compliqué sur le terrain : le poêle rocket se remarque par sa verticalité – en général un bidon en tôle – qui permet de concentrer à la fois le foyer et la cheminée, où se déroule la combustion des fumées. Le résultat est saisissant : 90 % de rendement, d’après ses promoteurs. Efficace, à la fabrication simple, avec des matériaux de récup’, le poêle rocket a aujourd’hui fait ses preuves, en particulier dans les régions du monde où la ressource en bois est rare. Le principe, découvert à la fin des années 70, ne cesse depuis d’être diffusé et développé.

En France, au sein du réseau Feu Follet (2), on développe aujourd’hui des poêles rocket de masse pour se chauffer, des brûleurs rocket pour brasser de la bière, pour distiller… Comme Léo, certains proposent des prestations pour de la cuisine collective « de 50 à 300 couverts ». De grands événements franchissent le pas, comme le salon Marjolaine à Paris. Avec la montée en flèche du prix du gaz, l’argument n’est plus seulement écolo : « Quand mon voisin sur un salon, qui brûle 15 bouteilles de gaz, me voit brûler 2 stères de bois pour cuisiner la même quantité, il commence à se poser des questions. » Qu’on se le dise : le bois énergie a un avenir certain. Alors économisons-le !

FG

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1- D’après l’association L’atelier du zéphyr : www.atelierduzephyr.org

2 – www.feufollet.org – 07 68 58 44 42

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