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Le catastrophisme climatique dans les médias, une couverture à double tranchant

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Publié le 19 novembre 2021

ENVIRONNEMENT

Images chocs, citations annonçant la fin du monde, chiffres terrorisants… Dans les médias, la question climatique est majoritairement abordée avec sensationnalisme. Si cette couverture participe à la sensibilisation du grand public, elle agit différemment selon les profils, provoquant paralysie, déprime ou indifférence. “Les journalistes doivent absolument se faire l’écho des ressources disponibles pour agir”, appelle la journaliste Anne-Sophie Novel.

Un ours polaire en détresse sur sa banquise, un bout de forêt rasé par les bulldozers, un pâturage ravagé par la sécheresse… ces images se retrouvent régulièrement en Une des journaux. Dernier exemple en date : les inondations et pluies torrentielles au Canada qui ont transformé “des villes” en “lacs”. L’objectif est d’interpeller sur une réalité crue et implacable : la destruction de l’environnement. Mais tous les profils ne répondent pas de la même façon à une “image catastrophiste” sur le climat. “Pour un militant ou une personne éclairée sur le sujet, ce genre d’image va renforcer sa vision du monde. Pour les personnes peu conscientisées, ce type de photo va plutôt provoquer de l’indifférence voire le rejet. Elles marchent peu sur leur profil car c’est trop éloigné de leur réalité quotidienne”, explique Mickael Dupré, psychosociologue et Maître de conférences à l’Université de la Polynésie française (UBF).

Une analyse partagée par la cofondatrice de Place To Be, Anne-Sophie Novel, spécialisée dans les alternatives écologiques. “On a tous une sensibilité différente qu’on soit novice sur le sujet climat ou militant. Mais je dirais que cette perception évolue au fil du temps. Pour ma part, à certains moments, le catastrophisme m’a vraiment fait déprimer, mais à d’autres, je pense qu’il est utile pour réveiller les consciences. Une chose est certaine, relayer seulement les problèmes est loin d’être suffisant. Les journalistes doivent absolument se faire l’écho des ressources disponibles pour agir.”

Journalisme de solutions

Parler des problèmes de notre société est la responsabilité des journalistes, au même titre que les solutions. Telle est la vision du journalisme des solutions, ce mouvement journalistique arrivé en France il y a une quinzaine d’années. Parmi les médias tricolores pionniers, se trouvent Kaizen, We Demain, Socialter, Up Le Mag, PositivR, Carenews, etc. D’autres titres de presse plus généralistes, à l’instar de Nice-Matin, Libération ou le quotidien anglais The Guardian, s’y sont aussi mis via des rubriques, des newsletters ou des suppléments. “Dans mon travail, j’ai constaté que cette information-là est de plus en plus demandée par les citoyens qui, davantage conscients de l’enjeu écologique, aspirent de plus en plus à agir concrètement et à leur échelle”, commente Anne-Sophie Novel.

Un constat de terrain qui fait écho au fonctionnement psychologique des êtres humains selon Mickael Dupré : “Les gens ne font pas s’ils ne comprennent pas. Si les journalistes font cet effort de pédagogie sur le sujet climat, c’est un premier pas. Ensuite, j’ai constaté dans mes recherches que l’expérience concrète, à son échelle, en collaboration avec d’autres personnes favorisait le passage à l’action. Un journalisme qui relaye des initiatives de terrain, proches de soi et portées par des gens en qui on peut s’identifier, apparaît comme une vraie alternative au catastrophisme médiatique.”

Mathieu Viviani @MathieuViviani

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