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Le cheval a façonné notre société

On aurait pu croire que l’arrivée du chemin de fer allait réduire l’importance du cheval. En fait, ça n’a pas été le cas. Pourquoi ?

É.B. : Le train ne passait pas partout et, pour rabattre le public vers les gares, on avait besoin de transport hippomobile. Le chemin de fer a tué les grands voyages hippomobiles sur des grands axes comme Paris-Lyon, mais il a développé des voyages plus modestes.
L’apogée de la présence chevaline se situe en 1914. À partir de là, les effectifs ont commencé à diminuer, notamment en raison de l’apparition de la traction motorisée. Un journal parisien daté de 1913 avait fait un grand article sur la disparition de la dernière ligne hippomobile de tramway. C’était titré : « La fin de l’esclavage chevalin ». Nous, on le lit comme si ça signifiait que c’était la fin de l’esclavage des chevaux. En fait, ce titre signifiait que c’était la fin de l’esclavage des hommes, qui n’étaient plus dépendants des chevaux, lesquels pouvaient être fatigués, ou malades, ou refuser d’avancer, etc. Alors qu’une machine, on n’a qu’à appuyer sur le bouton et elle démarre. Il y a eu, à partir de cette période, un déclin de la population chevaline, qui s’est accéléré après la seconde guerre mondiale avec le développement de l’automobile individuelle et du tracteur.
L’équitation aristocratique a elle aussi fortement diminué au XXe siècle, pour une raison assez simple : à une époque où les chevaux étaient partout, la voiture motorisée était devenue le meilleur moyen de distinction sociale. Les effectifs les plus bas interviennent dans les années 1960. Et depuis les années 1970, ça repart à la hausse, avec ce que l’on peut appeler le cheval loisir.

C’est-à-dire un renouveau de l’équitation ?

É.B. : Pas seulement. On voit aussi dans les campagnes des propriétaires qui ont des chevaux pour le simple plaisir de les observer, de s’en occuper, parfois même sans jamais les monter. Et puis, il y a effectivement un renouveau de l’équitation, qui s’est très largement féminisée : on doit aujourd’hui compter environ 80 % de femmes. Chez les femmes, il y a en général une volonté de collaborer avec l’animal, d’échanger avec lui, alors qu’il y a plutôt chez l’homme une volonté d’imposer une force, de faire respecter ses ordres. On voit se développer un autre rapport au cheval.

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