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Le cocktail “confinement-couvre-feu” est délétère pour la relance verte, toujours hypothétique

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Publié le 05 mars 2021

Un an après le premier confinement animé par le débat “Monde d’avant/monde d’après” et six mois après le lancement du plan français de 100 milliards d’euros, le dessein d’une relance verte semble s’éloigner à chaque conférence de presse du premier Ministre. Or il ne suffira pas de rouvrir la cage, un jour prochain, pour que s’envole le projet de relance verte et résiliente, porté par la Commission Européenne qui finance la partie verte de la relance tricolore.

Castex Veran Covid 4 mars AlainJocard Pool AFP Le 4 mars, Alain Castec (droite) et Olivier Veran (gauche) a annoncé le renforcement de certaines mesures sanitaires dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.
@AlainJocard/Pool/Afp

Depuis un an la France baigne dans un étrange climat économique puisque les aides massives tous azimuts empêchent de mesurer l’impact réel des mesures sanitaires sur l’économie. Ce climat particulier hypothèque aussi la capacité à insuffler cet élan vert que portait initialement le plan de relance lancé début septembre. Souvenez-vous, Jean Castex y avait annoncé le lancement de 70 programmes pour verdir l’économie, numériser les territoires, créer des emplois… et disait souhaiter que la France de 2030 soit plus résiliente, plus verte et plus durable.

Cela supposait de commencer dès 2020. Or le saupoudrage des 30 milliards dédiés à la relance verte au sein d’un programme plus global de 100 milliards d’euros , permet bien de mettre des points verts sur la carte de France mais le portage de l’ambition verte a disparu sous les assauts de la seconde, puis de la troisième vague de Covid-19.

Pour que la relance soit verte, il faudrait faire souffler sur l’économie française un vent de transformation et indiquer un cap, secteur par secteur. Cela serait possible dans le contexte de crise et de paralysie de nombreux domaines (aérien, tourisme, restauration…) qui laissent la possibilité de réfléchir aux modes de relance le plus adapté.  Mais pourtant il semble quasi impossible d’ouvrir un débat de fond sur le modèle de société que désireraient les Français comme l’illustre le stérile débat sur les repas végétariens a la cantine à Lyon. Cela donne un avant-goût de la difficulté à mettre la relance verte française au cœur des campagnes à venir, d’abord celle des Régionales en juin 2021 puis celle de la Présidentielle, en 2022.

Un label Relance local mais pas vert

Même le label Relance, que le Ministère de l’économie et des finances a lancé pour attirer l’épargne des Français vers les entreprises françaises créatrices d’emploi, n’a pas de vocation environnementale. Bercy se réjouit de son succès puisque les 157 fonds qui en disposent pèsent 13 milliards d’euros. Mais en l’absence de critères environnementaux ou de fonds labellisés Greenfin impossible d’avoir une visibilité sur les secteurs et les entreprises ciblées.

Pour cette raison les qualités vertes du plan de relance français sont plutôt mal notées par l’observateur Green Recovery Tracker. Il estime que l’absence de conditionnalité environnementale sur la baisse généralisée des impôts de production accordée aux entreprises françaises, est un mauvais signal. Lors de sa conférence presse du jeudi 4 mars, Jean Castex a évoqué “l’objectif collectif de tenir ensemble par des mesures utiles et proportionnées” mais il parlait une fois de plus de l’épidémie, pas du projet d’adapter l’économie française pour qu’elle soit plus résiliente, plus verte et plus durable !

Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic

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