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Le cofinancement du CPF par les entreprises : un atout pour préparer la reprise


Gaëlle Féchant, Directrice du développement chez VISIPLUS academy, apporte sa vision des leviers à activer pour participer à la formation des collaborateurs et permettre le développement de sa structure.  

La pandémie de Covid-19 est loin d’être terminée et, dans le contexte de crise actuel, préparer la reprise devient urgent pour les entreprises, peu importe leur taille ou leur secteur d’activité. Les enjeux à relever aujourd’hui sont nombreux et s’inscrivent dans une dynamique de mouvement perpétuel. Pour pouvoir s’adapter (et y répondre) la formation constitue un atout indéniable. C’est, en effet, la montée en compétences des salariés qui apportera des solutions via les mutations en interne ou en externe. L’heure est à la stratégie CPF (Compte Personnel de Formation) : cofinancement par les entreprises, abondement employeur, plan de développement des compétences…

Le CPF et l’abondement employeur dans votre stratégie de reprise d’activité

Le CPF (Compte Personnel de Formation) a remplacé le DIF (Droit Individuel à la Formation) depuis le mois de décembre 2014. Cette « cagnotte » liée à un individu lui permet de financer ses formations et, ainsi, de préserver son employabilité et sécuriser son parcours professionnel. Toutefois, le montant sur le CPF des Français (en moyenne 1 280 euros fin 2020) est souvent insuffisant pour entreprendre une formation. Le salarié doit alors le compléter par ses propres moyens. Il peut aussi faire le choix de se tourner vers son entreprise afin que celle-ci cofinance (abonde) son projet. Un accord gagnant-gagnant qui peut présenter de nombreux avantages pour l’entreprise :
– rester compétitive dans un contexte incertain en intégrant de nouvelles compétences ;
– valoriser ses salariés et contribuer à leur bien-être au travail ;
– être exonérée de charges et ne pas payer l’intégralité d’une formation.

Pour cette dernière, le CPF peut s’inscrire dans son plan de développement des compétences et, actuellement, dans une stratégie de reprise, grâce à l’abondement du CPF de son personnel. Il s’agit d’une démarche très simple à réaliser puisque, depuis septembre 2020, il existe un site dédié, l’EDEF (Espace des Employeurs et des Financeurs) qui lui permet de valider une dotation volontaire de son choix sur le CPF de ses collaborateurs.

Enfin, si l’entreprise décide de mettre le CPF au cœur de sa stratégie de formation, il peut être intéressant de négocier un accord d’entreprise sur les abondements du CPF. Elle pourra ainsi financer toutes les formations suivies par ses salariés via les différents organismes de formation et la Caisse des dépôts et Consignations (CDC). Celle-ci lui remboursera des sommes mobilisées par les salariés dans le cas d’un cofinancement. Autre avantage : les salariés n’ont alors aucune démarche à effectuer.
Outre la dimension compétences et maintien de la compétitivité pour l’entreprise, la formation cofinancée par l’employeur devient un levier d’engagement des collaborateurs et de remobilisation en environnement incertain et distancié. A ce titre, les actions doivent être marketées, replacées dans la stratégie globale de l’entreprise pour susciter l’adhésion de tous les salariés.

Donner du sens à la formation en période de crise

Une stratégie de reprise de l’activité incluant le CPF nécessite bien entendu un engagement des différentes parties prenantes. Or, la situation actuelle peut entraîner une certaine démotivation et une perte de repères pour le salarié resté seul chez lui face à son écran.

Le rôle de l’employeur et du service RH est avant tout de donner du sens à la démarche et d’accompagner ses collaborateurs dans la mobilisation de leur CPF. La formation est une formidable opportunité et peut également contribuer à leur bien-être dans cette période difficile. Il est important de guider le choix en leur proposant des formations et des organismes à privilégier tout en leur rappelant que leurs droits DIF sont reportables sur leur compte formation jusqu’au 30 juin 2021.
Cela passe, bien entendu, par la compréhension de leurs attentes mise en regard des besoins de l’entreprise. Mais la demande est là. En effet, selon le baromètre de la formation professionnelle 2021 de Centre Inffo, 48% des personnes interrogées souhaitent suivre une formation au cours de l’année. La démarche de formation constitue donc un véritable levier d’efficacité collective pour l’entreprise, mais également un vecteur d’employabilité et d’enrichissement personnel pour l’individu. Dès lors, une réflexion doit être menée par l’employeur sur les compétences prioritaires qu’il envisage de développer dans les années à venir.

Les compétences clés pour la reprise et l’importance du digital

Avec la crise actuelle, l’offre de formation doit s’adapter aux évolutions structurelles du marché, mais aussi à tous les événements conjoncturels, internes ou externes, qui impactent l’organisation. Il s’agit des compétences nécessaires au monde de demain :
– les compétences numériques et bureautiques ;
– les soft skills qui peuvent s’inscrire dans un véritable parcours de développement personnel et favoriser l’efficacité collective;
– les compétences transversales, facilement transposables d’une entreprise à l’autre ;
– le management qui doit s’adapter à l’évolution du monde du travail et à l’arrivée imminente de la génération Z sur le marché de l’emploi;

Ces formations relèveront pour la plupart du répertoire spécifique, car elles peuvent être réalisées sur un temps court et, parfois, en dehors du temps de travail. Les formations diplômantes sont, quant à elles, plus onéreuses et plus complexes à organiser : les salariés étant dans l’obligation de mobiliser plus de temps. Elles seront à privilégier dans le cadre d’une reconversion. Un bilan de compétences pourra aussi être proposé.

Néanmoins, la complexité des choix en termes de contenu et de qualité de formation nécessitera sans doute un partenariat avec des organismes de formation. Ces derniers seront en mesure de proposer des solutions adaptées à l’entreprise, mais également innovantes du point de vue de l’utilisateur, donc de l’employé. Le digital, souvent plébiscité, sera un atout à valoriser pour ses multiples avantages : flexibilité du format online, gain de temps en matière de déplacement, offre plus large, véritable personnalisation de l’apprentissage, possibilité d’apprendre à son rythme…

Tous ces choix permettront alors à l’employeur d’élaborer une vraie stratégie CPF en marketant la formation et en communiquant sur celle-ci. Une étape décisive pour une reprise efficace.


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