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Le Covid-19 freine la carrière des femmes et les plans de relance enfoncent le clou

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Publié le 11 juin 2021

Burn-out, dépression, décrochage du marché du travail, peur de l’avenir… les femmes subissent plus violemment la pandémie de Covid-19 que les hommes, selon une nouvelle étude du Women’s Forum. Au-delà du constat, l’association appelle les dirigeants du G7, réunis jusqu’au 13 juin au Royaume-Uni à mettre les femmes au cœur des plans de relance. À l’heure actuelle, ces derniers amplifieraient les inégalités de genre plutôt que de les réduire.

C’est un nuage de plus en plus sombre qui pèse sur les femmes. À l’occasion du Sommet du G7 qui se tient du 11 au 13 juin au Royaume-Uni, le Women’s Forum a chargé Ipsos de mener une enquête sur le mal-être des femmes et des hommes en temps de pandémie. Il en résulte que la crise sanitaire a eu un effet dévastateur sur l’état psychologique et physique des humains, mais ce sont les femmes qui ont été le plus touchées.

Ainsi, sur les 3500 personnes interrogées et membres de G7, 75 % des femmes contre 65 % des hommes déclarent avoir peur de l’avenir, 59 % des femmes estiment avoir été ou être encore en burn-out, subir de l’anxiété ou de la dépression. C’est neuf points de plus que pour les hommes. 45 % des femmes ont perdu confiance en elle contre 37 % des hommes. Si l’écart est significatif, il se creuse encore davantage lorsque les femmes ont un enfant : 56 % des mères de jeunes enfants déclarent se sentir régulièrement épuisées, contre 34 % des pères d’enfants du même âge. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et viennent corroborer d’autres études qui sont parvenues à la même conclusion : les femmes subissent plus durement les conséquences du Covid-19 et cela impacte leur carrière. “La crise creuse davantage l’écart entre hommes et femmes dans la vie professionnelle”, note ainsi Jessica Apotheker, autrice principale d’une étude menée par le Boston Consulting Group (BCG) qui montre que les femmes en télétravail -mode de travail privilégié pendant les périodes de confinement- ont 1,5 fois plus de risque d’être fréquemment interrompues que les hommes. L’experte craint qu’entre la garde des enfants, le cumul des tâches ménagères, le travail à distance, etc., la prochaine génération de dirigeantes, représentée par les femmes de 25 à 40 ans, n’émerge pas. 

Appel à des plans de relance plus inclusifs

Et l’avenir post-Covid n’est pas plus lumineux, au contraire. Selon plusieurs études, dont celle publiée en mars par la Fondation des femmes, les plans de relance risquent d’amplifier les inégalités entre les femmes et les hommes. “Les secteurs d’avenirs qui concentrent la majeure partie des financements de la relance sont des secteurs fortement “masculinisés”. Sur les 35 milliards des plans de relance sectoriels de juin 2020, seulement 7 milliards sont dédiés à des emplois occupés par des femmes”, écrit la Fondation. 

Le Women’s Forum qui appelle également à des plans de relance plus inclusifs, a publié ses recommandations aux membres du G7. L’association demande ainsi de renforcer l’accès au capital des femmes entrepreneures, d’attirer et retenir les jeunes filles et femmes dans les filières scientifiques et technologiques ou encore de garantir une représentation paritaire des hommes et des femmes dans les structures de gouvernance, qu’elles soient privées ou publiques. 

Marina Fabre, @fabre_marina 

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