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“Le Faucon et le Soldat de l’Hiver”, un portrait au vitriol des États-Unis pris entre luttes sociales et discriminations

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Publié le 27 avril 2021

Pour compléter la grande Saga cinématographique de leurs super-héros (Avengers, Docteur Strange, Iron Man, etc.), les studios Marvel misent en 2021 sur des mini-séries pour faire vivre leur vaste univers. La dernière sortie en date sur Disney+ est “Le Faucon et le Soldat de l’Hiver”. Cette série d’action trace un portrait cinglant de l’Amérique, déchirée par ses tensions raciales et sociales. Attention spoilers !

Entre le 19 mars et le 23 avril, Marvel a révélé sa série “Le Faucon et le Soldat de l’Hiver”, intégralement disponible sur la plateforme Disney+. Depuis plus de 80 ans, les comics de super-héros ont toujours été un reflet de notre société. Cette série renoue avec cette ambition en s’interrogeant sur les valeurs de l’Amérique symbolisées par Captain America. Ce dernier a toujours été une figure de résistance quand l’Amérique sombrait dans des dérives autoritaires. Ici, son personnage sert de repère dans un pays en proie, dans le monde réel, à des tensions sociales et raciales, comme le reste du monde.

L’histoire se situe directement après le film Avengers Endgame alors que la moitié de l’Humanité, supprimée par le vilain Thanos, a été ramenée à la vie par les Avengers. Elle se conclut sur un Captain America qui, une fois son devoir accompli passe la main à ses héritiers, en particulier le Faucon, alias Sam Wilson.

Sam Wilson (The Falcon) et Isaiah Bradley, la lutte pour l’égalité raciale

I.BRadley @Marvel DisneyL’introduction d’Isaiah Bradley est sans doute l’un des moments les plus forts de la série. L’homme afro-américain a reçu une injection du sérum de super-soldat de la part du gouvernement américain. Mais à l’inverse de Steve Rogers, le Captain America blond aux yeux bleus, Isaiah Bradley n’a pas eu le choix, il a fait partie d’une expérience de l’armée américaine sur plusieurs soldats noirs à laquelle la plupart n’ont pas survécu. Il n’a pas non plus eu droit au titre et à la tenue étoilée de Captain America. Son histoire évoque les divisions raciales de la société américaine, incarnées récemment dans le mouvement Black Lives Matter. Pour Isaiah Bradley, le gouvernement américain n’acceptera jamais un Captain America noir et, réciproquement, aucun homme noir ne devrait l’accepter selon lui. Falcon, pourtant, décide de reprendre le flambeau, sans attendre ou demander la permission du gouvernement, et de faire du bouclier étoilé un symbole de la lutte contre le racisme.

Karli Morgenthau et les Flag Smashers, symbole de la colère sociale sur la planète

Flag Smasher @DIsneyMarvelÀ première vue, les Flag Smashers apparaissent comme une bande de terroristes qui commettent des attentats contre les institutions. Dirigés par la jeune Karli Morgenthau, les Flag Smashers veulent rétablir la situation du “Blip”, période pendant laquelle la moitié de l’Humanité avait disparu (situation issue du film Avengers Infinity War) et les survivants n’avaient d’autres choix que l’entraide. Le retour des humains disparus (dans Avengers Endgame) se traduit par un rétablissement strict des frontières, le rejet des réfugiés et des populations les plus pauvres. Les Flag Smashers ne sont pas des terroristes, pour Sam Wilson, le nouveau Captain America. Leurs moyens ne sont pas les bons, mais ils luttent pour que le monde d’après soit différent du monde d’avant, plus inclusif et plus juste. Sam Wilson exhorte les leaders mondiaux à entendre la détresse sociale, sans buter toujours sur les contraintes économiques, financières ou politiques.

John Walker et Bucky Barnes (The Winter Soldier), le traumatisme des soldats

J.Walker @Disney MarvelÀ la fin de Avengers Endgame, Steve Rogers, le Captain America original, a décidé de céder sa place. Les États-Unis se cherchent un nouveau Captain emblématique. Ils choisissent John Walker, un vétéran décoré de la guerre en Afghanistan, censé porter les mêmes valeurs que son illustre prédécesseur. Mais ce poids est trop lourd à porter pour l’homme qui perd pied quand son partenaire Lemar Hoskins meurt sous yeux. De son côté, le Soldat de l’Hiver, Bucky Barnes, ancien soldat américain transformé en tueur sans âme par l’armée russe, mène un long travail de rédemption pour sortir des cauchemars de ses innombrables assassinats. Ces deux figures symbolisent le stress post-traumatique dont témoignent de nombreux soldats. Lors d’un accès de colère devant une Cour de Justice, John Walker, condamné à perdre les honneurs militaires, hurle de rage arguant qu’il n’est que ce que les États-Unis ont voulu faire de lui.

Arnaud Dumas @ADumas5 et Ludovic Dupin @LudovicDupin

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