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Le G7 créé un “club climatique”, une diplomatie “commando” contre le réchauffement

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G7 club climatique JOHN MACDOUGALL POOL AFP

Publié le 29 juin 2022

ENVIRONNEMENT

Les dirigeants du G7 réunis en Allemagne ont annoncé le 28 juin la création d’un “club climatique”. Face à l’échec des pays actuels à respecter la trajectoire de l’Accord de Paris, ce “commando” sera chargé de coordonner et de renforcer la lutte contre le changement climatique. Si l’initiative est saluée, permettant de faire évoluer des “forums marqués par la paralysie”, les ONG craignent que cette alliance tombe dans les écueils des formes de diplomatie traditionnelles. 

C’est un symbole de taille. Le mardi 28 juin, les sept puissances du G7, réunies en sommet en Allemagne ont annoncé la création d’un “club climatique”. L’objectif est de renforcer et d’élargir la coopération dans la lutte contre le réchauffement climatique. “Nous notons avec inquiétude qu’à l’heure actuelle, l’action internationale en faveur du climat n’est ni assez ambitieuse, ni assez efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et atteindre ainsi les objectifs de l’Accord de Paris”, ont déclaré les pays du G7. Ce constat d’échec amène ainsi les États à repenser la diplomatie climatique. C’était en tout cas le souhait du chancelier allemand Olaf Scholz qui a régulièrement affirmé sa volonté de créer un “noyau de club climatique international”

Concrètement, ce club climat sera un “forum intergouvernemental de grande ambition” ouvert à tous les pays, expliquent les sept dirigeants. “Nous invitons nos partenaires, notamment les principaux émetteurs, les membres du G20 et d’autres économies en développement et émergentes, à intensifier les discussions et les consultations avec nous”, poursuit la déclaration. Cette instance, vise notamment à rassembler les pays acceptant des règles communes pour éviter les désavantages concurrentiels.

“Fini le consensus mou”

Ces pays se fixeraient conjointement des objectifs ambitieux et exempteraient mutuellement des tarifs commerciaux liés au climat auxquels les non-membres seraient soumis. Il s’agirait notamment de convenir de normes de tarification du carbone ou de réglementations uniformes concernant l’hydrogène vert. À ce stade, ni le Japon ni les États-Unis n’ont l’intention d’introduire de prix national du carbone mais les défenseurs de l’environnement espèrent qu’une nouvelle dynamique naîtra de cette initiative.

Les membres de ce club, “partageront leurs meilleures pratiques” dans la lutte pour réduire les émissions de CO2 “notamment par une tarification explicite du carbone, d’autres approches d’atténuation du carbone et des intensités en carbone”, explique la déclaration. “Il y a des points de vue différents sur les mesures telles que la tarification (du carbone, ndlr)”, a reconnu Olaf Scholz lors d’une conférence de presse, souhaitant que le club “ne se limite pas au G7 (Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni, Japon, France, Canada, Italie) mais inclut beaucoup d’autres pays”.

Ce type de diplomatie avait été appelée de leur vœux par plusieurs personnalités, dont la présidente du think tank Thinkers & Doers, Amandine Lepoutre, qui écrivait dans une tribune au magazine Challenges en mars : “Finie la quête laborieuse du plus petit dénominateur commun, fini le consensus mou autour d’objectifs creux, place au mode commando d’un groupe d’acteurs déterminés” qui ont “la certitude que le premier État ayant réussi la décarbonation de son économie, aura une bonne longueur d’avance sur ses concurrents restés englués dans les énergies fossiles”

Une diplomatie climatique ankylosée 

Reste à savoir concrètement comment ce club climatique va s’articuler. Il doit “prouver ce qu’il peut apporter sur le terrain”, prévient dans un tweet Camilla Bausch, directrice scientifique et exécutive de l’Ecologic Institute. “Il doit définir ses objectifs spécifiques, son niveau d’ambition et exploiter le potentiel pour stimuler la décarbonation industrielle”, ajoute-t-elle. Si Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace France y voit une “bonne nouvelle” à travers une diplomatie plus “attractive” contre des “forums actuels marqués par une forme de paralysie”, il attend la suite espérant que le club climatique ne devienne pas “un nouveau rideau de fumée”.

En attendant, certains pointent les contradictions du G7. “Les sept disent œuvrer pour le climat mais demandent aux pays producteurs d’augmenter leur production de pétrole et se félicitent de l’augmentation des livraisons de gaz naturel liquéfié”, a écrit sur Twitter l’économiste Maxime Combes. Les dirigeants ont accordé une série de sursis et d’exception quant à la réalisation d’objectifs climatiques en raison de la guerre en Ukraine. Le communiqué final stipule d’ailleurs que le soutien public au gaz est “approprié” dans des “circonstances exceptionnelles”.

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