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“Le gouvernement cède aux lobbys” : Les steaks de soja et saucisses de tofu, c’est fini

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Publié le 05 juillet 2022

Les filières animales ont remporté la bataille. Les “steaks de soja”, “saucisses véganes”, “nuggets végétaux” ne pourront plus reprendre de dénominations liées aux produits carnés au nom de la “transparence” de l’information. Une victoire très critiquée alors que la réduction de consommation de viande est nécessaire pour limiter le réchauffement climatique. D’un point de vue nutritionnel par contre, ses substituts végétaux sont en grande majorité des aliments ultratransformés.

C’est une nouvelle qui a créé une vive polémique sur les réseaux sociaux. Attendu depuis plusieurs années, un décret paru le 30 juin dans le journal officiel, indique qu’il ne sera plus possible, à partir du 1er octobre 2022, d’utiliser “la terminologie propre aux secteurs traditionnellement associés à la viande et au poisson pour désigner des produits n’appartenant pas au règne animal”.  Le texte permet toutefois la commercialisation des “denrées fabriquées ou étiquetées” avant cette date jusqu’au 31 décembre 2023 au plus tard. Fini les nuggets de seitan et saucisses de tofu. 

Cette interdiction était depuis longtemps portée par l’association interprofessionnelle du bétail et de la viande (Interbev). C’est “une étape essentielle en faveur de la transparence de l’information au consommateur ainsi que de la préservation de nos produits et savoir-faire”, s’est félicité Jean-François Guihard, président du lobby. De la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) aux professionnels de la volaille, tous les grands syndicats des filières animales saluent ce texte, mais demandent au gouvernement de “porter le dossier à Bruxelles afin d’élargir le périmètre d’application à tous les produits, quelle que soit leur origine”, selon un communiqué commun. 

Transparence de l’information 

Sur les réseaux sociaux en revanche, l’affaire a été tournée en dérision. Le compte militant Futur Asso a ainsi posté une photo d’un sachet de frites “allumettes” avec ce commentaire : “J’imagine déjà les consommateurs essayés d’allumer une bougie avec ça”. Une autre internaute a ironisé : “Toutes ces années à acheter du steak de tofu en pensant que c’était du vrai steak ! Si seulement je pouvais revenir en arrière”. Si l’affaire fait sourire, c’est qu’un des arguments portés par l’Interbev s’appuie sur la volonté de “transparence de l’information au consommateur”. 

L’association a d’ailleurs été prise au mot par Florian Doyen. Le fondateur de Challenge for Earth a publié un montage photo de steak de bœuf avec une étiquette : “Cadavre haché de vache laitière de réforme inséminée tous les ans jusqu’à la mort, privée de ses petits à la naissance, abattue en gestation”.”.

“Le gouvernement cède aux lobbys”, a dénoncé de son côté Éric Piolle, maire écologiste de Grenoble. “La baisse de la consommation de viande est pourtant indispensable à la lutte contre le changement climatique”, a-t-il ajouté. D’autant que l’interdiction d’appellation ne concerne que les denrées fabriquées en France, comme le rappelle sur Linkedin Romain Jolivet dont l’entreprise La Vie a réussi à mettre du bacon végétal à la carte du géant du fast-food Burger King.

“Limiter la consommation si l’on veut préserver sa santé”

Une récente étude publiée par des chercheurs de l’université de Leeds a mis en exergue six changements de vie pour rester dans un scénario de réchauffement limité à 1,5°C. Or l’action la plus impactante selon eux concerne l’alimentation, en passant à une alimentation essentiellement végétale. Reste que les steaks, nuggets, boulettes ont plusieurs fois été épinglés malgré un Nutri-score de A ou B. En 2021, l’association 60 millions de consommateurs a passé au grill 16 substituts végétaux. 14 entrent dans la catégorie des aliments “ultratransformés” dont il faut “limiter la consommation si l’on veut préserver sa santé”. 

“Les gros consommateurs d’aliments ultratransformés sont plus à risque de développer des maladies chroniques : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, obésité, syndrome de l’intestin irritable…”, rappelle à l’association Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive durable et holistique à l’Inrae. Si les critiques s’accumulent, le marché, boosté par les préoccupations environnementales et de bien-être animal des Français, prend de l’ampleur. Selon la banque Barclays, les substituts végétaux représenteront 10 % du marché de la viande en 2030, contre 1% aujourd’hui. 

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