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Le journalisme, véritable “vaccin contre la désinformation”, mis à mal par la Covid-19

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Publié le 23 avril 2021

Dans plus de 130 pays dans le monde, la liberté de la presse est au minimum entravée, si ce n’est interdite. Tel est le bilan du dernier rapport annuel de Reporters sans frontières. La crise pandémique a fait reculer ce droit. La France est 34e, sur 180 pays évalués.

Reporters sans frontières (RSF) a publié mardi 20 avril son rapport annuel sur la liberté de la Presse. Publié sous le slogan “le journalisme est un vaccin contre la désinformation“, l’étude montre que l’exercice du journalisme est “totalement ou partiellement bloqué” dans plus de 130 pays. L’organisation internationale juge que la crise sanitaire a entravé cette liberté. 73 % des 180 pays évalués par l’ONG se caractérisent par des situations jugées “très graves”, “difficiles”, voire “problématiques” pour la profession.

Seuls 12 pays sur 180, soit 7 %, contre 8 % en 2020, affichent une “bonne situation”. La pandémie de Covid-19 a représenté “une forme d’opportunité pour des États qui ont pu restreindre la liberté de la presse”, souligne à l’Agence France-Presse le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Ce fut le cas dans les pays les plus muselés comme l’Arabie saoudite (170e) ou la Syrie (173e, + 1 place par rapport à 2019), d’après l’ONG.

Carte liberté de la presse

La liberté de la presse est entravé dans plus de 70 % des pays. Source : RSF

Désinformation sur le Covid-19

La situation est d’autant plus préoccupante que le journalisme est le principal rempart contre la “viralité de la désinformation par-delà les frontières, sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux“, parfois alimentée par le pouvoir. Les présidents Jair Bolsonaro au Brésil (111e, -4) et Nicolas Maduro au Venezuela (148e, -1) ont ainsi “fait la promotion de médicaments dont l’efficacité n’a jamais été prouvée par le monde médical“, rappelle l’ONG.

Les exemples se multiplient. En Iran (174e, -1), les autorités ont “multiplié les condamnations de journalistes pour mieux minimiser le nombre de décès liés” au Covid-19. L’Égypte (166e) a interdit “la publication de chiffres sur la pandémie autres que ceux du ministère de la Santé“. En Hongrie (92e, -3), le régime de Viktor Orban bloque l’information sur le coronavirus avec la législation d’urgence en vigueur depuis mars 2020.

Tout au bas du classement figure toujours la Chine (177e), devant le Turkménistan (178e, +1), la Corée du Nord (179e, +1) et l’Érythrée (180e, -2). En haut du tableau, la Norvège conserve la première place pour la cinquième année consécutive, devant la Finlande et la Suède, redevenue troisième au détriment du Danemark (4e, -1). L’Europe reste la région la plus sûre, mais les agressions et interpellations abusives s’y sont multipliées, notamment en France (34e) lors des manifestations contre le projet de loi “sécurité globale”.

Ludovic Dupin avec AFP

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