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Le ministre de l’Environnement du Brésil, accusé d’exportation illégale de bois d'Amazonie, démissionne

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Publié le 25 juin 2021

ENVIRONNEMENT

Mis en cause dans une affaire d’exportation illégale de bois d’Amazonie, le ministre de l’Environnement du Brésil, Ricardo Salles, a présenté sa démission au Président Jaïr Bolsonaro qui l’aura défendu jusqu’au bout. Si les ONG se félicitent de son départ, elles craignent que l’accélération de la déforestation au Brésil, depuis l’arrivée au pouvoir de Jaïr Bolsonaro, continue. 

C’est un “ministre exceptionnel” selon le président Jair Bolsonaro et pourtant, Ricardo Salles démissionne. Le ministre de l’Environnement mis en cause dans une affaire d’exportations illégales de bois d’Amazonie n’a pas résisté à la pression. “J’ai présenté ma démission au président (Bolsonaro) et il l’a acceptée”, a-t-il déclaré en conférence de presse.

Bête noire des écologistes, Ricardo Salles était impliqué dans “un important réseau criminel transnational de facilitation de contrebande de bois”. La Police fédérale avait perquisitionné ses bureaux le 19 mai à la demande du juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, qui avait aussi ordonné la levée de son secret bancaire.

Accélération de la déforestation 

Si le scandale de trafic des bois a fait tomber le ministre, c’est aussi sur le fond même de son travail au ministère de l’Environnement que Ricardo Salles est critiqué par les écologistes. Depuis le début du mandat de Jair Bolsonaro en janvier 2019, la déforestation en Amazonie n’a cessé de s’accélérer. Une hausse due entre autres, selon ses détracteurs, au fait qu’il a privé de moyens humains et financiers les organes publics de protection de l’environnement comme l’Ibama ou l’ICMBio. La déforestation a atteint un niveau record en mai, avec une progression de 41% par rapport à ce même mois de l’année en 2020, alors que la saison sèche est tout juste en train de commencer.

Cette hausse constante met sérieusement en doute l’engagement devant la communauté internationale du président Bolsonaro d’“éliminer la déforestation illégale au Brésil d’ici à 2030”, soit dix ans plus tôt qu’initialement prévu. “Changer de ministre ne garantit pas que le gouvernement Bolsonaro changera son projet anti-environnement désastreux, qui est volontairement mis en œuvre”, a déploré Greenpeace. “Salles tombe enfin, mais c’est encore Bolsonaro qui commande”, a renchéri dans un communiqué le collectif d’ONG Observatoire du Climat.

Un remplaçant sur la même ligne

Ricardo Salles a tenté mercredi de justifier sa gestion du ministère en expliquant avoir ménagé un équilibre entre la nécessité de protéger l’environnement tout en “respectant l’agronégoce et les entrepreneurs de tous les secteurs, comme l’exploitation minière ou l’immobilier”. Le désormais ex-ministre a également annoncé qu’il serait remplacé par Joaquim Alvaro Pereira Leite, qui travaillait déjà au ministère, en tant que secrétaire à l’Amazonie et aux Services environnementaux. Ce dernier était auparavant conseiller de la Société rurale brésilienne, une organisation qui représente les intérêts de l’agronégoce dans le pays.

Au moment où le ministre annonçait sa démission, Greenpeace sonnait l’alerte : une commission parlementaire a approuvé “sans débat et en toute hâte” un projet de loi très controversé qui modifie les règles en vigueur de délimitation des terres indigènes. Le 23 juin des heurts entre policiers et autochtones qui manifestaient devant le Parlement ont fait plusieurs blessés. Le texte de loi doit encore être voté en séance plénière avant de passer au Sénat pour être adopté.

Marina Fabre avec AFP

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