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Le modèle de Reason et ses critiques

Justin Larouzée publie un article intitulé « Good and bad reasons: the Swiss cheese model and its critics », co-signé par Jean-Christophe Le Coze (INERIS). En accès libre sur le site du journal Safety Science, cet article présente une étude historique et critique de la contribution de James Reason à la recherche en sciences de la sécurité, en mettant l’accent sur son modèle phare dit du fromage suisse (Swiss Cheese Model ou SCM).

Le modèle du fromage Suisse, l’un des modèles les plus influents
et répandu dans les sciences et pratiques de gestion de la sécurité

Ce travail permet de montrer que le SCM, développé sur une période de dix ans, est le produit de circonstances historiques spécifiques et qu’il a bénéficié de l’influence directe d’un autre auteur,  John Wreathall. Reason a participé à d’intenses débats intellectuels et à des publications dans les années 1980, au cours desquels de nombreuses idées ont circulé parmi les chercheurs, avec des auteurs aussi influents que Donald Norman, Jens Rasmussen, Charles Perrow ou Barry Turner. Les années 1980 et 1990 ont été très productives du point de vue de la recherche en sécurité (avec des sujets comme l’erreur humaine, les modèles d’incubation, les organisations hautement fiables, la culture de la sécurité) et Reason a été un auteur très influent avec une riche production de modèles, basée à la fois sur des projets de recherche et des projets industriels.

Les perspectives historiques offrent des aperçus intéressants car elles peuvent remettre en question la recherche, les conditions de sa production, sa pertinence et, parfois, son succès, comme pour le SCM. Mais, en raison de ce succès, dès le début des années 2000 des critiques ont vivement contesté certaines des limites du SCM, notamment sa vision simpliste des accidents et son degré de généralité jugé trop élevé. Tentant de situer et d’adresser ces critiques, l’article conclut que le SCM reste un modèle pertinent en raison de ses fondements systémiques et de son utilisation soutenue dans les industries à haut risque, malgré, bien sûr, la nécessité de continuer à imaginer des alternatives basées sur le mélange de recherche empirique, pratique et graphique qui était à l’origine du SCM.

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