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Le projet controversé d'oléoduc Keystone XL, rejeté par Joe Biden, est abandonné par ses promoteurs

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Publié le 10 juin 2021

C’est un immense pipeline de plusieurs milliers de kilomètres, capable de transporter 800 000 barils de pétrole par jour entre l’ouest canadien et côtes étasuniennes du Golfe du Mexique. Après de nombreuses péripéties et un violent rejet d’associations écologiste, le Keystone XL a été annulé par son promoteur. Il faut dire que le Président américain avait révoqué le décret qui autorisait l’infrastructure à traverser la frontière.

Ce fut la première tension entre Justin Trudeau et Joe Biden il y a près de cinq mois, le projet controversé d’oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis, dénoncé par les défenseurs de l’environnement, a été officiellement enterré mercredi 9 juin. “TC Energy a confirmé aujourd’hui après un examen complet de ses options et en consultation avec son partenaire, le gouvernement de l’Alberta, avoir mis fin au projet d’oléoduc Keystone XL“, a annoncé l’opérateur canadien dans un communiqué.

En réalité, le groupe canadien avait annoncé la suspension des travaux dès le 20 janvier, date à laquelle le Président américain avait annulé l’autorisation pour ce projet de traversé la frontière. Le groupe canadien avait fait part de sa déception, annonçant prévoir en conséquence “le licenciement de milliers de travailleurs syndiqués“. De son côté, le gouvernement de l’Alberta a indiqué avoir également quitté le projet et dit “explorer toutes les options” pour récupérer son investissement, alors que l’abandon du projet devrait lui coûter 1,3 milliard de dollars canadiens (881 millions d’euros).

Nous restons déçus et frustrés par les circonstances entourant Keystone XL, y compris l’annulation du permis présidentiel permettant au pipeline de traverser la frontière“, a regretté le Premier ministre de la province Jason Kenney. L’Alberta concentre l’essentiel des réserves de pétrole du pays, principal produit d’exportation du Canada. Ce projet, soutenu par Ottawa mais critiqué par les écologistes, avait été lancé en 2008. Annulé une première fois par Barack Obama car jugé trop polluant, il avait été remis sur les rails par Donald Trump pour des raisons économiques.

800 000 barils de pétrole par jour

La révocation du décret de construction avait également suscité la déception du Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui s’était engagé à mener à terme Keystone XL ainsi que d’autres oléoducs afin d’acheminer le pétrole canadien vers d’autres marchés et d’en obtenir un meilleur prix. L’enjeu est de taille pour le grand pays nord-américain car le Canada possède les troisièmes réserves prouvées du monde, principalement contenues dans des sables bitumineux.

Keystone XL devait permettre d’acheminer dès 2023 plus de 800 000 barils de pétrole par jour entre la province canadienne d’Alberta et les raffineries américaines du Golfe du Mexique. Mais, selon les écologistes, il aurait entraîné trop d’émissions de gaz à effet de serre. TC Energy avait repris l’an dernier les travaux de construction sur la portion nord de l’oléoduc, longue de 1 947 km, entre la frontière canadienne et l’Etat du Nebraska, ceux sur la portion sud vers le Texas étant déjà terminés.

Keystone n’est pas le seul sujet de désaccord dans ce secteur entre le Canada et les États-Unis. Le mois dernier, Ottawa a annoncé avoir saisi la justice américaine pour bloquer une décision du Michigan ordonnant la fermeture d’un oléoduc transfrontalier du canadien Enbridge, jugée “préoccupante” par Justin Trudeau. Celui-ci relie l’Ontario et le Québec à plusieurs États américains.

La rédaction avec AFP

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