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Le retour du Paris-Nice siffle la relance des trains de nuit en France

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Publié le 20 mai 2021

Après trois ans d’arrêt, l’Intercité Paris-Nice va de nouveau rouler la nuit. Ce 20 mai à 20h52 le train partira en gare d’Austerlitz avec, à son bord, le Premier ministre. Jean Castex entend ainsi montrer la volonté du gouvernement de faire renaître les trains de nuit, alternative écologique permettant de désenclaver certains territoires. D’ici 2030, une dizaine de lignes devrait ainsi circuler en France. 

Trop coûteux, trop ringard, trop lent… pendant des années, les critiques ont fusé contre le train de nuit, jusqu’à ce qu’il ne reste quasiment plus aucun trajet en France. Seulement deux lignes d’Intercités résistent encore, le Paris-Briançon et le Paris-Rodez/Latour-de-Carol via Toulouse. Mais la roue tourne. Face au désamour de l’avion, aux arguments écologiques et au retour du “slow tourisme”, le train de nuit est de nouveau en odeur de sainteté. Le gouvernement vient ainsi de relancer le Paris-Nice après trois ans d’arrêt. Le départ est prévu à 20 h 52 ce 20 mai, arrivée à 9 h 11 le lendemain avec, à bord, un passager d’honneur : le Premier ministre Jean Castex.

Les billets sont proposés à partir de 19 euros en siège incliné, 29 euros en couchette de seconde classe et 39 euros en couchette de première. L’Intercités Paris-Nice, dont l’exploitation avait cessé en décembre 2017 faute de rentabilité, reliera tous les jours et dans les deux sens Paris-Austerlitz et Nice-Ville, avec six arrêts dont Marseille, Toulon et Cannes. Avec ce long trajet dans son agenda, Jean Castex veut mettre en lumière une “concrétisation rapide du plan de relance” gouvernemental, qui consacre 5,3 milliards d’euros au secteur ferroviaire, dont 100 millions pour les trains de nuit : il prévoit 50 millions pour le rafraîchissement de 51 voitures de nuit et 50 autres millions pour l’accueil des voyageurs et l’adaptation des ateliers. Le gouvernement veut aussi relancer le Paris-Tarbes à la fin de l’année. 

Le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebarri, espère qu’une dizaine lignes circulera en France d’ici 2030. C’est également la volonté du chef de l’État. Dans son discours du 14 juillet, Emmanuel Macron avait déclaré : “On va redévelopper les trains de nuit parce que ça permet de faire des économies et de réduire nos émissions (de CO2, NDR).”

Investir davantage 

Mais un rapport gouvernement, publié le 18 mai par la lettre d’information Mobilettre propose d’aller plus loin en articulant un bouquet de liaisons de nuit – éventuellement saisonnières – autour des corridors Dijon-Marseille, Bordeaux-Marseille, Paris-Toulouse et Tours-Lyon, et d’atteindre de grandes villes étrangères. Les rapporteurs prennent pour modèle la réussite de la compagnie autrichienne ÖBB avec la constitution d’un véritable réseau (Vienne-Amsterdam ou Munich-Rome, entre autres) dans un “contexte socioculturel favorable à l’environnement et à l’action contre le changement climatique”.

Ce développement suppose un investissement de 1,5 milliard d’euros pour créer un dense réseau de trains de nuit qui transporterait plus de cinq millions de voyageurs par an. “Le lancement des lignes Paris-Nice et Paris-Tarbes mais aussi Paris-Vienne et Paris-Berlin, s’inscrit dans cette démarche mais ce n’est qu’un premier pas”, réagit le collectif Oui au train de nuit qui appelle le gouvernement à “s’engager sans délais pour débloquer les financements nécessaires à la renaissance des trains de nuit”. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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