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Le téléphérique urbain fait son chemin

Selon le Gart (Groupement des autorités responsables des transports), un téléphérique peut coûter jusqu’à 4 fois moins cher qu’un tramway, et évite la construction des ponts. Niveau bilan carbone, c’est pas dégueu non plus. Le téléphérique émet 10 grammes de gaz à effet de serre par kilomètre et par passager, alors que le tramway en émet 17, le métro 23 g, le bus 76 g et la voiture 300 grammes. « L’idée, c’est vraiment de partager le transport. »

Collomb pète un câble

Depuis les dernières municipales, de nombreuses métropoles écolos mûrissent des projets de téléphériques urbains. Comme à Lyon, où les liaisons par câble pourraient relier les quartiers de Confluence et Gerland avec Francheville, au sud-ouest de la ville. Les cabines d’une dizaine de places effectueraient une liaison de près de 6 kilomètres en 20 minutes, au lieu de 50 en bagnole. « La télécabine réduirait de 5 000 le nombre de voitures par jour », selon le syndicat de transport Sytral.

Alors, pourquoi pas ? Mais voilà, Gérard Collomb habite en dessous du projet. En juillet dernier, l’ancien maire déchu a menacé d’établir une ZAD pour protester contre le projet, à cause des nuisances sonores ! Il existe aussi d’autres détracteurs qui arguent que le téléphérique est tout simplement… moche. Et que l’on ne peut pas se permettre d’effrayer les touristes. « À mon sens, c’est l’utilité, l’usage social, qui fait l’esthétique, analyse Victor Locuratolo. Parce que c’est quand même beau de voir des gens utiliser le téléphérique au lieu de la voiture. Par contre, si c’est juste un coup marketing qui ne marche pas les trois quarts de l’année, j’ai du mal à y voir du beau. »

Le vélo tué dans l’œuf ?

À Créteil, Lille, Toulouse ou à La Réunion… Les métropoles insistent sur ce point : le téléphérique urbain ne remplacera aucun moyen de transport. Il risque donc de ne pas réduire nos déplacements motorisés. Pire, contre les incivilités dans les cabines, les caméras de surveillance feraient allègrement partie du paysage. « On peut aussi douter de l’utilité réelle de téléphériques dans des métropoles plates et regroupées. Ne serait-il pas plus pertinent de mettre le paquet sur des aménagements piétonniers et cyclables ? », s’interroge-t-il.

Toutes ces installations pourraient bien faire les choux gras de certaines entreprises comme Doppelmayr ou Poma, le leader mondial basé en Haute-Savoie. Le problème, c’est que Poma a aussi les mains sales. L’entreprise aux 280 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel s’est aussi engagée à construire le funiculaire pour descendre les déchets radioactifs de Bure. « Il y a une mode pour ce genre de projets, mais il faut être prudent, poursuit Victor Locuratolo. Si on lance 50 remontées mécaniques dans chaque ville, simplement pour accélérer les flux et toujours aller plus vite, là je ne suis pas d’accord. Ce qu’il faut, c’est repenser le territoire en y incluant la notion de parcimonie. Et surtout, ralentir. »

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