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L'éco-anxiété, un moteur de mobilisation pour sauver la planète

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Publié le 16 septembre 2021

ENVIRONNEMENT

Colère, tristesse, abattement… Une nouvelle étude révèle l’accélération du phénomène d’éco-anxiété, l’inquiétude liée à la crise écologique, chez les jeunes du monde entier. Si ce phénomène paraît dramatique de prime abord, il est porteur d’espoir tant la nouvelle génération a une conscience aigüe de l’urgence climatique. On peut y voir un moteur de mobilisation… à condition que médias et politiques montrent qu’une alternative est possible.

C’est le “mal du siècle” selon le Figaro. L’éco-anxiété ou l’anxiété climatique frappe de plus en plus de citoyens, surtout les jeunes. Dans une nouvelle étude publiée le 14 septembre dans la revue The Lancet Planetary Health, des chercheurs ont sondé plus de 10 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans dans dix pays du Nord comme du Sud, dont la France et l’Inde par exemple. 59 % d’entre eux estiment être “très” ou “extrêmement inquiets” du changement climatique. Les trois quarts des jeunes jugent le futur “effrayant” et 50 % d’entre eux se déclarent tristes, anxieux, en colère, démunis, voire coupables de la crise climatique.

Ce stress pourrait toutefois être un levier positif à actionner. Ces chiffres montrent que les jeunes générations ont pris conscience que le monde actuel était en péril, et qu’un sursaut est nécessaire. Être en phase avec la réalité, ne plus être dans le déni est une première étape primordiale vers la transition. “Leurs craintes sont ancrées dans la réalité et reflètent une compréhension honnête de l’urgence”, résume ainsi une des autrices du rapport, la chercheuse en psychologie climatique Caroline Hickman.

Information et solution

Reste à leur montrer que tout n’est pas perdu pour que cette climato-dépression débouche sur des actions. Et la presse a un rôle à jouer. Si chroniquer les rapports du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU, est une nécessité, il est indispensable d’aller plus loin. Il faut mettre en lumière des modèles de résilience, faire émerger des initiatives qui fonctionnent.

“Les spécialistes de la communication environnementale soulignent depuis longtemps que l’un des principaux obstacles à la mobilisation est une communication trop orientée sur la peur”, écrit dans The Conversation Kamyar Razavi, doctorant en communication. “Le défi consiste plutôt à associer l’alarmisme et la capacité d’agir. La combinaison de la peur et de l’aptitude à agir induit ce qu’on appelle la “maîtrise du danger”, c’est-à-dire des actions visant à atténuer le danger. C’est l’inverse de la “maîtrise de la crainte”, qui tend plutôt au déni et à l’inaction”.

L’autre réponse à apporter à l’éco-anxiété est politique. La majorité des jeunes interrogés estiment que les gouvernements ne prennent de mesures à la hauteur et font état d’un plus grand sentiment de trahison que de réconfort. L’ONG Avaaz, qui a financé cette étude, estime ainsi l’anxiété climatique des jeunes est liée à l’inaction des gouvernements. La solution doit également venir d’eux. “Nous devons ouvrir les yeux sur la violence du réchauffement climatique, sur son impact sur notre planète, mais aussi sur la santé mentale de nos jeunes“, reconnait ainsi l’ancien Président François Hollande en réaction à cette étude.

Marina Fabre, @fabre_marina 

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