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Législatives 2022 : Victoire de l’abstention, défaite du climat

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legislative premier tour ludovic marin afp

Publié le 13 juin 2022

C’est un record sous la Vème République. L’abstention a dépassé les 52 %, une chute de participation qui s’inscrit dans une tendance de fond. La non-campagne législative n’aura pas soulevé les foules alors que les députés sont en première ligne dans la lutte contre le changement climatique. Si les ONG n’ont eu de cesse de le rappeler, la vague de chaleur qui va sévir sur la France cette semaine pourrait sonner l’alerte et remettre au centre du débat l’urgence écologique.

Les sombres pronostics n’ont pas été déjoués. Pour ce premier tour des élections législatives 2022, l’abstention a atteint un niveau record. Moins d’un électeur sur deux s’est déplacé pour élire son député, l’abstention atteignant plus de 52 %, marquant un peu plus profondément la crise démocratique en cours. Dans le détail, la coalition de gauche NUPES et Ensemble, représentant la majorité présidentielle, sont au coude-à-coude. Le Président de la République n’est ainsi pas encore certain de pouvoir s’appuyer sur une majorité absolue, contrairement au précédent quinquennat.

Si le deuxième tour permettra de départager les finalistes, cette faible participation envoie un mauvais signal dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les futurs députés sont en effet en première ligne pour faire avancer la transition écologique ou contrer des projets climaticides. En ce sens, les ONG écologistes sont montés au créneau pendant la campagne législative pour appeler les électeurs à aller voter. “Les députés ont un réel pouvoir”, affirme ainsi Greenpeace dans un communiqué. “Voter pour les députés qui s’engagent réellement pour l’environnement et contre les inégalités est une façon concrète d’exprimer les urgences écologiques et sociales pour qu’elles soient réellement prises en compte dans la conduite de l’action publique”, poursuit Oxfam.

Sur le sujet, l’agenda des prochains députés est chargé alors que les travaux parlementaires étaient suspendus depuis la campagne présidentielle. La loi de programmation climat est attendue d’ici la fin de l’année mais c’est le débat budgétaire qui va constituer le premier bras-de-fer. Le gouvernement s’est ainsi engagé à investir 10 milliards de plus par an pour la transition.

Pression sur les députés

Les Parlementaires seront en tout cas scrutés à la loupe sur ces sujets, et mis sous pression par les ONG. Notre Affaire à tous a déjà débuté un intense lobbying appelant les citoyens à interpeller les candidats. Quant à l’association Agir pour l’environnement elle a publié, pendant la campagne des législatives, un classement des bons et mauvais députés du climat, épinglant au passage la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin qui se trouve en bas du classement. Malgré cette mobilisation, le changement climatique n’a pas été au cœur (ni à la marge) de la campagne législative. Mais la vague de chaleur très précoce qui va s’abattre sur la France cette semaine pourrait changer la donne. Des températures très élevées, de 35°C à 38°C sont attendus, avec un mercure atteignant parfois les 40°C.

Cette situation, “extrêmement préoccupante”, selon Frédéric Nathan, prévisionniste chez Meteo France, intervient alors que l’Hexagone subit une sécheresse intense. Restrictions d’eau, récoltes agricoles en berne, impact sur la biodiversité… la matérialisation des risques liés au changement climatique pourrait ainsi servir d’électrochoc a une campagne qui n’a jamais vraiment commencé. 

Marina Fabre Soundron @fabre_marina

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