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L’électricité de l’au-delà

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C’est un énorme scoop que vous livre L’âge de faire : grâce à un chaman qui traînait par là, nous avons pu entrer en contact avec Marcel Paul, ministre de la production industrielle en 1946 et cheville ouvrière de la nationalisation du gaz et de l’électricité, qui a abouti à la création d’EDF-GDF. Mort en 1982, il s’est tout de suite enquis de la santé de sa progéniture :
– Alors, comment va EDF-GDF ?
– Vous voulez dire comment « vont », EDF et GDF ?
– C’est la même chose, non ?
– Plus depuis 2002. On en a fait deux entreprises bien distinctes. D’ailleurs, GDF ne s’appelle plus comme ça. Des gars du marketing lui ont trouvé un nouveau nom : Engie !
– Je vois pas bien l’intérêt : c’est l’entreprise nationale qui vend du gaz, donc Gaz de France, ça me paraît logique. Tout comme EDF, Électricité de France, vend l’électricité aux Français. Pourquoi chercher midi à 14 heures ?
– Oui mais en fait, GDF (Engie donc) n’est plus une entreprise publique, et ne vend plus uniquement du gaz, mais aussi de l’électricité.
– Mais si GDF vend de l’électricité, EDF, elle vend quoi ?!
– De l’électricité, mais aussi du gaz !
– Il va falloir éclairer ma lanterne…
– Au début des années 2000, l’État s’est dit qu’il fallait « moderniser » le secteur. Un service public pour le gaz et l’électricité, en situation de monopole, ça faisait ringard. Donc, il a libéralisé le secteur. Fini, le monopole de l’électricité pour EDF ! Désormais, tout le monde peut en vendre. Engie, par exemple, mais aussi Total, Eni ou Butagaz.
– On a donc « Électricité de France » qui vend du gaz et Butagaz qui vend de l’électricité. Quel bordel !
– C’est moderne. Et puis, on nous a expliqué que la concurrence crée de l’émulation, stimule l’innovation et que, au final, les entreprises parviennent à produire la même marchandise pour moins cher, donc les prix baissent, et tout le monde est content.
– Parlez-moi un peu de ces innovations…
– Bah, bon… Pour l’instant, il n’y en a pas.
– Et comment ils font pour vendre de l’électricité, alors ?
– Ils l’achètent…
– À qui ?
– À EDF.
– Vous vous foutez de ma gueule ?
– C’est véridique. Mais l’État régule quand même un peu tout ça.
– Ah ! Une régulation par l’État, pour le bien de la population ! Expliquez-moi, j’ai hâte !
– Il a mis en place l’Arenh, l’« accès régulé à l’électricité nucléaire historique ». En fait, il estime que la concurrence est faussée, puisque EDF bénéficie des infrastructures qui ont été payées par l’ensemble de la population. À ce titre, il a obligé EDF à vendre environ un quart de sa production nucléaire à ses concurrents. Et pour que ces derniers puissent être vraiment compétitifs, EDF leur vend à perte.
– J’ai peur de pas bien comprendre… L’État, qui représente les intérêts de la nation, oblige EDF, entreprise publique, à vendre à perte de l’électricité à ses concurrents privés pour que ceux-ci puissent lui piquer des clients, gagner de l’argent et rémunérer ses actionnaires ?!
– C’est ça.
– Je vais vous poser une question un peu naïve, mais… ça fonctionne ? Les prix baissent ?
– À vrai dire, ils explosent. L’État a même été obligé de réagir, sans quoi les tarifs allaient augmenter de 40 % !
– Ah, c’est pas trop tôt, l’État réagit ! Laissez-moi deviner : ils se sont rendus compte que c’était n’importe quoi, et ils re-nationalisent tout ?
– Non… Au contraire : ils augmentent la part d’Arenh. EDF devra donc vendre à perte à ses concurrents non plus un quart mais un tiers de sa production nucléaire. Ça commence à faire beaucoup : EDF n’aura peut-être même plus assez de jus pour fournir ses propres clients. En 2022, elle risque donc de vendre aux autres boîtes du secteur des Kwh à 46 euros l’unité, puis d’acheter de l’électricité aux voisins européens à 250 euros le Kwh.
– Je vous capte de plus en plus mal ! J’ai l’impression que les PTT, c’est plus ce que c’était !
– Houlà ! Si vous saviez…

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