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Les cryptomonnaies menacent la stabilité de l'économie réelle

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Publié le 20 octobre 2021

NUMÉRIQUE

L’appétit pour les monnaies basées sur la blockchain a explosé pendant le confinement, la valeur de ces cryptoactifs ayant été multipliée par dix en un an. Le Fonds monétaire international (FMI) s’en inquiète, l’ampleur du phénomène pouvant faire peser un risque sur la stabilité économique, notamment dans les pays émergents. Le FMI recommande de renforcer la surveillance internationale de ces cryptoactifs.

Bitcoin, ethereum, stable coin de Facebook… Ces monnaies à l’appellation exotique se sont développées à grande vitesse ces dernières années. Au point d’inquiéter le Fonds monétaire international (FMI) qui, dans son “Rapport sur la stabilité financière dans le monde”, consacre un chapitre entier au risque posé par ces actifs numériques basés sur une blockchain. Le FMI estime que la valeur totale des cryptoactifs en circulation dans le monde a été multipliée par dix en un an et a dépassé les 2000 milliards de dollars en septembre dernier.

Le bitcoin, la plus célèbre des monnaies échangées au travers d’une blockchain, a notamment fait l’objet d’une intense spéculation pendant les phases de confinement. Après avoir été multipliée par quatre en 2020, la valeur d’un bitcoin a atteint les 40 000 dollars en janvier 2021, et a poursuivi son ascension pour dépasser les 60 000 dollars en milieu d’année. Extrêmement volatile, son cours ne cesse cependant de fluctuer.

Le FMI souligne le manque de transparence et de gouvernance de ces cryptoactifs. Et pour cause, une blockchain fonctionne comme un registre partagé dans lequel chaque maillon de la chaîne inscrit une information codée, le tout formant un code ineffaçable. Aucune autorité centrale n’intervient pour réguler les flux. Les défenseurs de la blockchain estiment justement que cette caractéristique assure la transparence et se félicitent du fait qu’il n’y ait pas de gouvernance centralisée.

Le risque est pourtant bien présent. Le FMI cite notamment les fortes fluctuations de ces actifs ou encore les nombreuses affaires de piratage informatique. De même, l’anonymat des utilisateurs permet les transactions illicites et induit la mauvaise réputation des dispositifs comme le bitcoin. Pire, les économistes de l’institution internationale pointe le risque pour les particuliers achetant des monnaies virtuelles. Ils ont recensé quelque 16 000 cryptoactifs ayant été créés. Sur ces 16 000, il n’en reste aujourd’hui plus que 9 000 et les disparitions ne sont pas toujours expliquées…

Risque pour l’économie

Le FMI craint que l’ampleur du phénomène puisse se transmettre à l’économie réelle et la déstabiliser. Les courroies de transmission entre les monnaies virtuelles et le monde réel se trouvent notamment au niveau des banques centrales, qui sont les organismes régulant la monnaie. Les banques centrales ont notamment pour mission de garantir la stabilité des prix, le niveau de l’inflation ou encore les taux d’intérêt. La généralisation des cryptoactifs pourrait limiter cette capacité d’action des banques centrales et poser de sérieux risques pour l’économie, particulièrement dans les pays émergents où ils se sont fortement développés. Le FMI avait déjà alerté sur ce risque lorsque le Salvador a décidé, l’été dernier, de faire du bitcoin sa monnaie nationale.

Pour tenter de contenir le phénomène, le FMI conseille en premier lieu de renforcer la coopération entre les pays afin de mieux surveiller les évolutions de l’écosystème des cryptoactifs, mais aussi de renforcer leurs réglementations pour limiter le risque. Mais son conseil principal consiste à inciter les autorités publiques à adopter elles-mêmes les monnaies numériques. De nombreuses banques centrales, comme la Banque de France et la Banque centrale européenne, travaillent en effet à la mise en place de monnaies numériques en utilisant la technologie de la blockchain. Il ne s’agit bien sûr pas pour elles de se positionner sur le marché des cryptoactifs, mais bien de fluidifier les échanges de monnaies nationales, avec des dispositifs numériques plus rapides et plus fiables.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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