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Les écarts salariaux dans les grands groupes deviennent un risque RSE surveillé par les actionnaires

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Publié le 21 mai 2021

ENTREPRISES RESPONSABLES

Les rémunérations ahurissantes des dirigeants de grands groupes cotées ne passent plus. Aussi bien aux États-Unis qu’en Europe, les votes contre les rémunérations se sont enchaînés comme jamais lors des premières assemblées générales qui se sont tenues en 2021. En pleine crise sanitaire, quand ces entreprises doivent réduire la voilure et n’atteignent pas leurs objectifs, les actionnaires refusent les augmentations de bonus aux PDG et gardent l’œil sur les écarts salariaux.

Est-ce un effet secondaire du creusement des inégalités sociales engendré par la crise sanitaire ? Cette année, les actionnaires semblent remontés contre les dirigeants des grands groupes et se rebellent comme jamais auparavant contre certaines des rémunérations jugées trop élevées. Les américains IBM, Starbucks ou encore General Electric en ont fait les frais, le montant des salaires des dirigeants ayant été retoqué en assemblée générale. Le britannique AstraZeneca, malgré la mise au point de son vaccin, a failli subir le même sort, la rémunération de Pascal Soriot, le directeur général, ayant enregistré près de 40 % de voix contre, un score élevé dans le monde des assemblées générales.

Même chose en France où les dirigeants de la société Téléperformance n’ont obtenu un taux d’approbation de leur rémunération que de 61 %, lors de l’assemblée générale du 22 avril. Selon la société Ethics and Boards, plus du tiers des grandes entreprises cotées françaises avaient un taux d’approbation inférieur à 80 % au 22 avril 2021. Un chiffre bien faible, quand les votes en assemblées générales dépassent en général les 95 %.

Un nouvel indicateur

La crise sanitaire s’invite dans les relations sociales des entreprises. Difficile en effet de faire accepter des hausses de rémunération ou des baisses d’objectifs pour faciliter l’octroi de bonus, quand les entreprises ont recours soit au chômage partiel, soit aux restructurations. Les syndicats ne l’acceptent pas et, au Royaume-Uni, plusieurs d’entre eux se sont réunis pour le faire savoir. Ils ont appelé les actionnaires des plus grandes entreprises britanniques à limiter les écarts salariaux dans les entreprises.

D’autant que, depuis peu, les parties prenantes des entreprises disposent d’un indicateur pour mesurer ces écarts. Il s’agit du “pay ratio” rendu obligatoire en 2020 au Royaume-Uni. En France, la loi Pacte de 2019 a également rendu obligatoire son équivalent, le “ratio d’équité”. Ce dispositif impose aux entreprises de communiquer sur l’écart entre la rémunération du dirigeant et le salaire moyen ou médian (en retirant les extrêmes) des employés.

Ratio de 50 en France

Cet indicateur récent doit permettre de rendre plus responsables les entreprises, en les mettant face à une donnée simple et publique. Le High pay centre, un centre de recherche anglais, a publié une étude sur le pay ratio des grands groupes britanniques qui montre que, en moyenne, un patron d’une grande entreprise cotée touche une rémunération 120 fois plus élevée que le salaire médian des salariés britanniques. Une étude de Willis Towers Watson menée sur 39 grandes entreprises françaises, le ratio d’équité s’y élève à 50. 

En France, les écarts de rémunération sont en effet traditionnellement moins élevés qu’aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Mais la société de conseil en vote Proxinvest les surveille néanmoins selon un principe. Lorsqu’il dépasse 100, c’est-à-dire que le patron est payé 100 fois plus que la moyenne des salariés, cela soulève une alerte. Proxinvest surveille alors son évolution pour s’assurer qu’elle ne soit pas disproportionnée par rapport aux augmentations des employés.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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