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Les émissions de CO2 retardent la reconstitution de la couche d’ozone

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Publié le 01 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

La bonne nouvelle en a pris un coup. Alors que les pays du monde entier se coordonnent avec succès depuis 1987 pour lutter contre “le trou de la couche d’ozone”, barrière protectrice contre les rayons UV, des scientifiques ont souligné dans une étude que les gaz à effets de serre risquent de retarder le processus en Arctique. 

Les projections l’actaient : la couche d’ozone serait complètement reconstituée d’ici 2060, grâce à une mobilisation internationale d’envergure. Mais l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre risque de retarder l’échéance, ont indiqué des chercheurs allemands, américains et finlandais dans une étude parue dans la revue scientifique Nature Communications (1).

Un traité international, le protocole de Montréal, actait en 1987 l’interdiction des substances qui détruisent cette barrière protectrice des rayons UV comme les chlorofluorocarbures (CFC) utilisés dans l’industrie du froid. Depuis, la couche d’ozone s’est progressivement reconstituée, et l’initiative est souvent citée comme un exemple de réussite en matière de lutte coordonnée en faveur de l’environnement. Mais un premier évènement alerte les scientifiques au printemps 2020 : un trou dans la couche d’ozone équivalent à trois fois le Groenland est découvert au-dessus de l’Arctique. Du jamais vu. Lié à de conditions climatiques exceptionnelles, le trou s’est résorbé quelques semaines plus tard. Mais les scientifiques se sont interrogés sur la possibilité que le phénomène se répète.

Des conditions favorables à la perte de l’ozone

Les gaz à effet de serre ont été pointés du doigt. Car si les émissions de CO2 réchauffent l’atmosphère à basse altitude, elles refroidissent en revanche la stratosphère, située entre 10 et 50 km au-dessus de la surface de la Terre. Or, les conditions froides et humides encouragent la formation de nuages sur lesquels les composés chlorés et bromés néfastes s’activent. “Les conditions favorables à une perte saisonnière importante d’O3 (ozone) dans la colonne arctique pourraient persister ou même s’aggraver jusqu’à la fin de ce siècle, si les abondances futures de gaz à effet de serre continuent à augmenter“, alerte les chercheurs dans leur étude, tirées de 53 modélisations climatiques, mises en relation avec les données météorologiques.  

Les chercheurs ne remettent cependant pas en question le rétablissement complet de la couche d’ozone si le protocole de Montréal est respecté. Le processus risque seulement d’être retardé, alors même qu’il est déjà très long : la couche d’ozone se rétablit à hauteur de à 1 à 3% par décennie, les CFC ayant une durée de vie de 50 à 100 ans.

Pauline Fricot, @PaulineFricot avec AFP

(1) Climate change favours large seasonal loss of Arctic ozone, Nature, juin 2021

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