fbpx

Les émissions mondiales du secteur pétrole et gaz sont largement sous-estimées, selon la coalition Climate Trace

https://www.novethic.fr/fileadmin/Raffinerie-Exxon-Slagen-Norvege_01.jpg

Publié le 24 novembre 2021

ENVIRONNEMENT

Le secteur du pétrole et gaz aurait émis près d’un milliard de tonnes de CO2 de plus que celles reportées officiellement, selon un rapport de Climate Trace. Cette coalition d’ONG, d’entreprises de la tech et d’universités a développé une base de données sur les émissions des grands secteurs économiques à partir d’informations tirées de satellites et analysées par des modèles d’intelligence artificielle. Elle espère apporter une information mise à jour régulièrement sur les niveaux d’émissions des grands secteurs économiques.

Les rapports des pays sur leurs niveaux d’émission de gaz à effet de serre auraient quelques lacunes. Une nouvelle coalition d’ONG, d’entreprises de la tech et d’universités a développé une méthode pour assurer un suivi en temps réel des sites les plus émetteurs de CO2. Baptisée Climate Trace, “Trace” signifiant Tracking real-time atmospheric carbon emissions (ou Suivi en temps réel des émissions atmosphérique de carbone), cette organisation californienne créée en juillet 2020 a recalculé à partir de données par satellite les volumes émis par les activités économiques dans le monde entier.

Selon son premier rapport, le secteur de la production et du raffinage de pétrole et de gaz émettrait en fait plus du double de CO2 que les inventaires officiels, ce qui représente un milliard de tonnes de CO2 supplémentaire par rapport aux données de la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique. Il ne s’agit que des données des pays soumettant régulièrement leurs volumes d’émission. Climate Trace évalue à un milliard de tonnes de plus pour les pays ne reportant pas leurs volumes régulièrement.

Le secteur du transport maritime a, quant à lui, vu ses émissions croître régulièrement de 10 % par an entre 2015 et 2020, même lorsque la crise du Covid-19 a stoppé net l’activité économique. L’outil de Climate Trace a également détecté l’augmentation du nombre de feux de forêts aux États-Unis et en Russie ces dernières années, ils cumulent aujourd’hui plus d’émissions de CO2 que les incendies au Brésil.

Une technologie basée sur l’intelligence artificielle

Parmi les membres de la coalition se trouvent notamment des ONG comme le britannique Carbon Tracker ou l’américain WattTime, la société d’analyse de données climatiques Blue Sky Analytics, mais aussi Al Gore, l’ancien vice-président des États-Unis et dirigeant de la société d’investissement Generation Investment Management. Leur objectif consiste à apporter des données sur les émissions de CO2 qui soient mises à jour plus rapidement que celles fournies de manière volontaire par les acteurs économiques.

Pour cela, Climate Trace a développé une méthodologie lui permettant d’analyser les données provenant de plusieurs centaines de satellites ainsi que d’autres sources de données dans le monde. Elle réunit le tout dans une base de données accessible au public sur son site, qui permet de visualiser les émissions de CO2 par pays et en fonction des dix grands secteurs industriels suivis par la coalition (pétrole et gaz, transport, agriculture, construction, extraction minière, etc.) et de leurs sous-secteurs.

Pendant trop longtemps, l’action climatique a été entravée par un manque de données indépendantes et vérifiables sur les émissions“, déclare ainsi Al Gore. Selon lui, cette base de données doit pouvoir être utilisée aussi bien par des gouvernements, que par des entreprises, des investisseurs ou des activistes.

L’analyse de ces données, à partir de technologies d’intelligence artificielle, a été mise au point notamment par des équipes issues du programme de volontariat de Google. La méthode Trace a ensuite été peaufinée à l’aide de la contribution d’une cinquantaine d’organisations dans le monde qui ont notamment aidé à valider les modèles d’intelligence artificielle. 

Arnaud Dumas, @ADumas5

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article