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“Les enfants du plomb” sur France 5 : le documentaire sur MetalEurop qui révèle l’ampleur de la pollution de l’usine

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Metaleurop

Publié le 03 octobre 2022

Les habitants de la commune d’Évin-Malmaison doivent vivre avec le plomb laissé par l’ancienne fonderie MetalEurop. En s’appuyant sur de nouvelles mesures des taux de plomb, le documentaire “Les enfants du plomb” révèle une contamination persistante et des cas de saturnisme plus nombreux que ce que les autorités laissaient entendre. En trame de fond, l’enquête entend briser l’omerta autour de la responsabilité des industries polluantes.

Le plomb explose les seuils autorisés dans les écoles, jardins et entreprises de la commune d’Évin-Malmaison dans le Pas-de-Calais, provoquant des cas de saturnisme. C’est ce que révèle le documentaire-enquête “Les enfants du plomb” de l’émission “Vert de rage”, diffusée ce lundi 3 octobre à 21 heures sur France 5. Les autorités se voulaient rassurantes quant aux pollutions laissées par la fonderie MetalEurope, fermée en 2003. Pourtant, du Pérou d’où provenait le plomb, aux 600 hectares entourant l’ancienne usine Seveso, la pollution est toujours là. Et les responsables se défaussent.

“Les enfants doivent se laver les mains pour nettoyer le plomb présent dans la cour d’école. Certains de mes voisins ont des bacs de terre pour cultiver leurs légumes qui ne doivent surtout pas pousser dans le sol. Tout le monde a accepté cette situation et s’est résigné à cette pollution”, témoigne Clarisse Kaczmarek, habitante d’Évin-Malmaison, au micro de France Inter. Elle dénonce l’omerta qui entoure la contamination, rappelant le non-lieu prononcé à la suite de l’action en justice menée en 2019 par la communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin.

La maladie est toujours là

Pourtant, la maladie est toujours là. “Depuis de nombreuses années les campagnes de dépistage du saturnisme n’ont plus lieu”, déplore Clarisse Kaczmarek. Face à cet abandon, le journaliste Martin Boudot a mené une enquête pendant un an et demi. À l’aide d’un pistolet à fluorescence, son équipe a relevé les taux de plomb d’une centaine de prélèvements analysés ensuite par une toxicologue canadienne. “Dans le jardin de clarisse, le taux dépasse 1400 mg sous le toboggan. Dans l’école, le taux dépasse 400 mg alors que le seuil maximum autorisé est de 300 mg”, relate Martin Boudot, interviewé sur France Inter. “L’ancien site MetalEurop, aujourd’hui utilisé par d’autres entreprises, dépasse 220 000 mg, il est encore pollué”, poursuit le journaliste.

L’enquête a déjà produit des effets. À la suite d’une présentation publique des résultats, les autorités ont réalisé leur propre étude, publiée il y a cinq jours. “Les résultats sont malheureusement terribles. On avait raison mais c’est pire que ce que nous imaginions. Ce n’est pas une école polluée, mais c’est cinq. Ce n’est pas un cas de saturnisme en vingt ans comme les pouvoirs publics l’affirmaient, mais sept”, déplore Martin Baudot. “Ce sont sept cas sur 12 % de participation car l’enquête a été réalisée en pleine période estivale”, précise-t-il.

Glencore refuse toute responsabilité

La dépollution et le suivi médical sont indispensables. Mais qui doit les financer ? Glencore, l’ancienne maison-mère de MetalEurop, refuse toute responsabilité. Toujours présente au Pérou, elle a engrangé 4,7 milliards euros de bénéfices cette année. “Lorsque nous sommes allés rencontrer Glencore, ils nous ont renvoyés d’un revers de la main alors qu’ils ont été à la tête de MetalEurop pendant une dizaine d’années”, s’insurge Martin Baudot.

L’affaire ne concerne pas seulement le sol français mais va bien au-delà, selon le documentaire. “La pollution, ce sont aussi des douleurs, des migraines, des vomissements, des décès… J’ai des contacts au Pérou et je suis marquée par le fait que des enfants meurent”, alerte Clarisse Kaczmarek, témoin et victime d’un drame croisé entre le Pérou et la région Pas-de-Calais.

Fanny Breuneval

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