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Les entreprises doivent se préparer à une augmentation des troubles civils

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Face à la hausse du coût de la vie, qui fait suite à la pandémie de Covid, les entreprises doivent s’attendre à une augmentation des troubles civils, selon l’assureur Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS).

La confiance dans les sources traditionnelles d’information et les institutions étant ébranlée, le rôle des réseaux sociaux dans le déclenchement des troubles sociaux est de plus en plus important. Ces grèves, émeutes et manifestations violentes constituent des risques pour les entreprises. Elles peuvent causer des dommages matériels coûteux aux bâtiments et aux équipements. Mais aussi gravement perturber l’activité en empêchant l’accès aux locaux et engendrer ainsi des pertes d’exploitation.

Les troubles civils deviennent, pour un nombre croissant d’entreprises, un risque plus important que le terrorisme. Et il est peu probable que la situation s’apaise dans un avenir proche. Les conséquences de la pandémie, la hausse du coût de la vie et les mutations idéologiques continuent d’agiter les sociétés dans le monde entier. Les entreprises doivent donc être attentives aux signaux d’alerte et définir des moyens efficaces de protection et de désescalade. L’objectif est d’anticiper et d’éviter les risques de blessures au personnel et de dommages aux biens de l’entreprise et des personnes.

L’avertissement de l’ONU

Les Nations unies ont mis en garde contre les risques de déstabilisation liés à la perturbation des chaînes d’approvisionnement et à la flambée des prix de l’alimentation, des carburants et des engrais, la Russie et l’Ukraine représentant 30 % des exportations de blé dans le monde. « Tout ceci sème les germes de l’instabilité politique et de troubles dans le monde entier », a déclaré en mars dernier António Guterres, secrétaire général de l’ONU.

75 pays concernés

Pour sa part, la société de conseil Verisk Maplecroft estime qu’une augmentation des troubles civils est « inévitable dans les pays à revenu intermédiaire, qui ont pu offrir une protection sociale pendant la pandémie, mais qui pourront difficilement maintenir le même niveau de dépenses, face à la hausse du coût de la vie ».

Selon ses prévisions de l’indice des troubles civils, 75 pays pourraient connaître une augmentation des manifestations d’ici la fin 2022, dont les États-Unis, l’Argentine, le Brésil et l’Espagne. Ce phénomène pourrait entraîner notamment des manifestations plus fréquentes et des dommages plus nombreux aux infrastructures et aux bâtiments.

Le coût des protestations

Enfin, les dirigeants d’entreprise doivent avoir mis en place des garde-fous. Car si la fonction est là pour protéger l’entreprise, ses actifs et ses collaborateurs, elle peut aussi, être dysfonctionnelle. Un bon directeur sécurité et sûreté doit savoir mettre en place les propres mécanismes de son autorégulation. Charité bien ordonnée, commence par soi-même…

Les pertes économiques et assurées liées aux précédentes manifestations ont été importantes. Elles ont donné lieu à des sinistres majeurs pour les entreprises et leurs assureurs. En 2018, le mouvement des Gilets jaunes, protestant contre la hausse de la taxe sur les carburants et les inégalités sociales, a causé des pertes de chiffre d’affaires pour les commerçants français équivalant à 1,1 milliard de dollars, en quelques semaines à peine, selon le New York Times.

Mouvement des Gilets jaunes - Troubles civils - Crédit : Eric Pothier

L’année suivante, au Chili, les grandes mobilisations contre l’augmentation du prix des tickets de métro ont entraîné des pertes assurées de 3 milliards de dollars, selon un article du World Economic Forum de février 2021.

En 2020, aux États-Unis, les manifestations survenues après le décès de George Floyd en garde à vue auraient provoqué plus de 2 milliards de dollars de pertes assurées, poursuit ce même article.

En juillet 2021, en Afrique du Sud, les émeutes qui ont suivi l’arrestation de l’ancien président Jacob Zuma, sur fond de licenciements et d’inégalités sociales, ont fait 1,7 milliard de dollars de dommages.

Et au début de cette année, les convois de camions s’opposant aux restrictions sanitaires au Canada, en France et en Nouvelle-Zélande ont engendré d’énormes perturbations au sein des grandes villes.

Les réseaux de la colère

L’influence des réseaux sociaux est en plus en plus déterminante dans la mobilisation des manifestants et l’intensification des troubles civils.

Leur effet unificateur et galvanisant sur ces manifestations n’est pas un phénomène particulièrement récent. Mais pendant la pandémie de Covid, il s’est associé à plusieurs facteurs potentiellement aggravants, comme la polarisation politique, le sentiment anti-vaccination et la méfiance croissante à l’égard des institutions.

Tous les ingrédients sont réunis pour déclencher un mouvement de colère. Et les distances ne sont plus un obstacle. Les personnes partageant les mêmes points de vue peuvent échanger plus facilement et se rassembler plus rapidement et efficacement. Dans un monde où la confiance à l’égard des gouvernements et des médias s’est nettement affaiblie, la désinformation peut se répandre en exploitant et en amplifiant les mécontentements.

Les manifestations et les dommages collatéraux qui en résultent peuvent toucher des bâtiments publics, infrastructures de transport, chaînes d’approvisionnement, commerces, entreprises étrangères, stations-services, plateformes de distribution de marchandises essentielles, hôtels et autres établissements touristiques.

PCA et garanties d’assurance

Les entreprises doivent réévaluer et actualiser leurs plans de continuité d’activité lorsque nécessaire, en fonction des vulnérabilités de leur chaîne d’approvisionnement.

Elles doivent également étudier leurs garanties d’assurance en cas d’augmentation des incidents locaux. Les contrats d’assurance dommages prévoient parfois la violence politique, mais les assureurs proposent également une couverture d’assurance des risques spéciaux pour atténuer l’impact des grèves, émeutes et mouvements populaires.

La nature des risques de violence politique évolue, avec l’instabilité de certaines démocraties et la répression forte exercée contre les dissidents dans des autocraties. Par ailleurs, les troubles peuvent se produire simultanément en différents endroits, puisque les réseaux sociaux facilitent aujourd’hui la mobilisation rapide des manifestants. Les grandes chaînes de vente au détail, par exemple, peuvent subir plusieurs sinistres lors d’un seul et vaste mouvement de protestation en différents points d’un pays.

Comment se préparer pour éviter le pire

Les pratiques que les entreprises doivent adopter pour se préparer ou réagir à ces incidents dépendent de nombreux facteurs, tels que :

  • la nature de l’événement déclencheur ;
  • la proximité des faits ;
  • le type d’activité.

Allianz Risk Consulting a élaboré une liste de recommandations techniques tenant compte de ces variables pour aider les entreprises et les particuliers à atténuer les risques liés aux troubles civils. Elle y indique les meilleurs moyens de protection, de communication et de désescalade.

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