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Les étudiants en finance veulent des formations à la hauteur des Accords de Paris

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Audencia

Publié le 12 juin 2022

Les futurs diplômés en finance vont-ils “bifurquer” comme les ingénieurs d’Agro Paris tech ? Une étude commandée par le WWF et Pour un réveil écologique révèle que 75% des étudiants en finance souhaitent plus de cours sur la transition écologique. Bousculées par la demande des jeunes comme des entreprises, les formations s’adaptent et entament des réflexions en profondeur.

C’est une révolution dans le secteur de la finance. Le rendement actionnarial laisse la place à d’autres ambitions, portées par les étudiants. Une étude menée par le WWF et l’association Pour un réveil écologique publiée ce mardi 7 juin montre que les trois-quarts des étudiants en finance souhaitent avoir plus de cours sur la transition écologique. De plus, 77% des étudiants trouvent que les institutions financières jouent un rôle important pour réussir la transition écologique. Des résultats visibles dans les écoles, comme à Kedge Business School, qui a vu le nombre de mémoires sur la finance responsable passer de un par an en 2012, à 60 à 70 aujourd’hui.

“La finance est un levier important pour faire changer des entreprises pas encore clean”, estime Lou Rivière, qui réalise un stage au sein de la société de gestion Sycomore AM, certifiée B Corp, pour son master spécialisé en finance durable à Kedge. Ravie de ce choix, elle regrette toutefois d’avoir dû découvrir des sujets comme le bilan carbone et la finance à impact par elle-même, plutôt que lors de son bachelor à l’IESEG. “Au vu de la catastrophe actuelle, la finance durable ne doit pas être une spécialisation !”, s’exclame-t-elle. 

“Investir dans des projets porteurs de valeur économique, environnementale et sociale”

“Nous faisons de l’investigation sur l’éthique de nos fournisseurs et clients. L’impact indirect est énorme”, s’enthousiasme Aurélie Autrand, qui découvre l’importance de l’extra-financier dans son stage de master 1 à Kedge Business School, où elle doit suivre les évolutions de la réglementation. “C’est le moment, il faut investir dans des projets porteurs de valeur économique, environnementale et sociale”, affirme Salma Makboul, qui s’apprête à effectuer son stage de fin d’études en salle des marchés à la Société Générale. Elle a pris conscience lors d’une année de césure que la finance durable est incontournable autant pour respecter les Accords de Paris que pour la performance financière.

Mais intégrer la durabilité dans les programmes des master finance ne doit pas se limiter à un simple vernis vert sur les formations existantes. “Il ne suffit pas d’ajouter quelques cours sur les critères ESG et les obligations vertes. Il faut de la transversalité, une intégration de ces thèmes dans tous les cours”, prévient Christophe Revelli, professeur à Kedge qui a créé en 2016 le premier master européen en finance durable. “C’est un autre virage”, explique-t-il. La finance durable exige de repenser tous les outils habituels, pour servir la durabilité. Au minimum, Christophe Revelli préconise de former tous les étudiants en finance aux enjeux de l’énergie et du climat, à la compréhension des indicateurs ESG et aux méthodes de mesure d’impact écologique et social. Un premier pas pour comprendre le but de la finance durable. Un terme que tous les étudiants, intéressés ou non, rencontreront dans leur carrière.

Remettre à plat les programmes

Pour les formations plus généralistes, quel que soit le niveau, le WWF et le collectif Pour un réveil écologique préconisent de faire venir des professionnels du secteur et des parties prenantes. Ils donnent l’exemple de Toulouse Business School qui réalise des partenariats avec des scientifiques spécialistes du climat ou d’autres sujets environnementaux. Un écho au rapport de Jean Jouzel remis en février dernier à la ministre de l’Enseignement supérieur, qui recommande de former 100 % des étudiants de niveau bac +2 à la transition écologique d’ici cinq ans.

De nombreux masters spécialisés en finance durable ont éclos partout en France, listés dans l‘annuaire du Forum de l’Investissement Responsable. Les écoles les plus pionnières remettent à plat leurs programmes. Audencia, école de commerce nantaise, a fait appel au Shift Project pour revoir sa plaquette de cours. Cela a donné lieu au projet “Climat Sup Business”, pour repenser l’ensemble des formations en commerce et en finance à l’aune des limites planétaires. Enfin, pour éviter le greenwashing dans les formations, l’association Finance for tomorrow réfléchit à la création d’un label. En attendant, c’est la réputation qui guide le choix des étudiants.

Fanny Breuneval

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