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Les experts de l’OMS valident l’hypothèse de la transition du Covid-19 à l’Homme depuis un “animal intermédiaire”

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Publié le 30 mars 2021

ENVIRONNEMENT

C’est avec retard, et sous un contrôle étroit de Pékin, que les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont finalement rendu public leur rapport sur l’origine du virus à la source du Covid-19. Selon le texte de 300 pages, la transmission de la maladie à l’humain via un animal intermédiaire – un animal d’élevage – était une hypothèse “probable à très probable“, tandis qu’un incident de laboratoire reste “extrêmement improbable”.

L’origine du Covid-19 reste encore hypothétique après le passage d’une équipe de l’OMS en Chine. L’étude conjointe des experts de l’agence onusienne et chinois a conclu que la transmission du virus à l’humain par un animal intermédiaire était “probable à très probable”. En revanche, l’incident de laboratoire ayant pu causer une diffusion du SARS-CoV-2 est “extrêmement improbable”, selon la même équipe. L’administration de l’ancien président américain Donald Trump avait accusé l’Institut de virologie de Wuhan, qui mène des recherches sur des pathogènes très dangereux, d’avoir laissé s’échapper le coronavirus, volontairement ou non.

Les conclusions restent assez floues tant le temps d’étude a été cours (seulement quatre semaines) et surveillée de près les autorités chinoises. Ces dernières ont validé chaque mot du texte final. Le rapport indique d’ailleurs par sécurité que “compte tenu de la littérature sur le rôle des animaux d’élevage en tant qu’hôtes intermédiaires pour les maladies émergentes, il est nécessaire de réaliser d’autres enquêtes incluant une plus grande étendue géographique [en Chine et ailleurs]“.

Un traité international sur les pandémies 

Toutefois, ce rapport confirme les premières conclusions des experts qu’ils avaient présentées le 9 février à Wuhan où est apparu le virus. Les experts privilégient la théorie généralement admise de la transmission naturelle du virus d’un animal réservoir – probablement la chauve-souris – à l’Homme, par l’intermédiaire d’un autre animal, issu de l’élevage, qui n’a pas encore été identifié. La transmission directe du virus directement depuis l’animal réservoir est toutefois jugée “possible à probable”, par le rapport. Les experts n’écartent pas non plus une transmission par de la viande surgelée – piste privilégiée par Pékin – jugeant que ce scénario était “possible”.

Ce rapport intervient alors que, mardi 30 mars, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le président du Conseil européen Charles Michel ont présenté un projet de “traité international sur les pandémies” visant à mieux affronter les inévitables crises sanitaires à venir. “Il y aura d’autres pandémies et d’autres situations d’urgence sanitaire de grande ampleur. Aucun gouvernement ni aucun organisme multilatéral ne peut, seul, faire face à cette menace“, soulignent les dirigeants d’une vingtaine de pays dans une tribune publiée le même jour dans de nombreux quotidiens internationaux.

Protéger la biodiversité

Parmi les signataires figurent le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson, ou encore les présidents sud-coréen Moon Jae-in, sud-africain Cyril Ramaphosa, indonésien Joko Widodo et chilien Sebastian Piñera. Un traité “devrait conduire à une plus grande responsabilisation mutuelle et à un partage des responsabilités” et “favoriser la transparence et la coopération au sein du système international“, estiment-ils, appelant à “tirer les enseignements” du Covid-19 et à travailler avec la société civile et le secteur privé.

De manière générale, la prévention des futures épidémies proviendra d’une meilleure protection de la biodiversité. En effet, la disparition des espèces naturelles à la faveur de grands élevages permet de favoriser la perméabilité pour des transmissions virales inter-espèces. 65 % des maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses, c’est-à-dire des agents pathogènes transmis des animaux à l’homme, et 72 % trouvent leur origine dans le monde sauvage. On peut citer le VIH, MERS, SRAS, Zika, Ebola, Chikungunya, grippe aviaire.

Ludovic Dupin avec AFP

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