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Les jeunes, avenir des zones rurales et des City Villages !


Les régions rurales couvrent 44,6 % de la superficie totale de l’U.E. Même s’il existe de fortes disparités territoriales, elles sont confrontées à une série de défis ! Changement démographique, taux important de retraités, baisse du nombre de personnes en âge de travailler, marché du travail et même dépeuplement de certaines zones rurales et reculées constituent des défis face aux zones urbaines. Ajoutons le manque d’infrastructures et de services ainsi qu’une économie encore peu diversifiée, de faibles revenus associés à un risque accru de pauvreté et d’exclusion sociale, l’abandon des terres agricoles…

Aujourd’hui, être villageois devient à la mode 

Il existe un fossé et une fracture numérique soumise liés à un manque de connexions d’internet fiables limitant à la fois les particuliers et les entreprises. Si la COVID-19 a appris une leçon, c’est que notre vie urbaine animée et hautement individualiste nuit statistiquement à la santé, à la fois physiquement et mentalement ! Dans cette optique, on parle de plus en plus des possibilités de repeuplement des zones rurales. Cependant, sans possibilités d’emploi et de formation, de nombreux jeunes sont incapables de lancer des projets et des entreprises aussi vitaux dans leur région d’origine.

Il y a vingt ans, les jeunes qui restaient vivre au village pouvaient être perçus comme ayant échoué dans la vie. Maintenant, ce n’est plus le cas. Et les jeunes non plus ne le voient plus ainsi. L’ère numérique et les nouveaux modèles de vie saine brisent les stéréotypes et élèvent l’environnement rural. Il est considéré comme un lieu de vie privilégié, où l’accès à la propriété reste accessible. De nos jours, être villageois devient à la mode.

Les jeunes quittent généralement le nid à 18 ans, lorsque l’enseignement supérieur commence. Le manque d’opportunités d’emploi dans certains secteurs conduit également à la migration, ainsi que le désir de « voir le monde ». Mais c’est surtout pour étudier ou pour travailler.

Certes, l’attrait des villes reste aujourd’hui bien réel de par les perspectives d’emploi et les services publics adéquats (santé, culture, éducation…). Toutefois, la croissance continue dans certaines zones urbaines crée des défis supplémentaires : embouteillages, mauvaise qualité de l’air, criminalité, loyers inabordables,… pour ne citer que les plus urgents. Alors, assiste-t-on à un retour dans les villages ? Grâce au télétravail, de nombreuses personnes ayant des racines villageoises ou pas (les néo-ruraux) ont décidé de quitter la ville et de travailler à distance de retour chez elles dans leur village.

La migration de la ville vers la campagne : un véritable phénomène de société ?

Le mouvement actuel de migration de la ville vers la campagne serait-il devenu au fil des années un véritable phénomène de société ? Il est en tout cas confirmé par les chiffres des recensements successifs de l’Insee (France). C’est aussi un fait relayé par les médias et de nombreuses associations qui ont vu le jour afin d’aider les citadins à concrétiser leurs projets d’implantation en milieu rural.

Au-delà du projet d’entreprendre, reconstruire sa vie à la campagne, c’est un changement radical et global de vie (logement, loisirs, activités culturelles et sociales, qualité de vie, éducation et équilibre des enfants…). On ne s’improvise pas sans risques dans un nouveau métier… Il repose sur une bonne préparation des projets, tant par leurs auteurs que par les territoires. Ces derniers ont dans certains cas mis en place des dispositifs d’accueil, de financement,… On peut créer en milieu rural et y aussi reprendre une entreprise existante. Il faut y penser !

Parmi les activités les plus rurales, celles d’artisan. Après des études, un stage ou un démarrage ou première expérience comme salarié. Même dans un autre domaine, c’est aussi l’occasion pour certains de quitter la ville en réapprenant un métier. Les possibilités sont nombreuses : boulanger, coiffeur, maçon, restaurateur de maisons anciennes, fleuriste, etc. Certaines activités sont davantage d’inspiration traditionnelle.

Emmanuel Feraa, dans la Drôme est passionné de cuisine et de bière. Depuis son adolescence il évolue dans le milieu rural se destine à l’agriculture. Après une formation d’ingénieur agricole, il décide de se lancer dans une activité encore rare en France, celle de paysan-brasseur. En 2015, il créé la Bière des Trois Becs, ou B3B, une bière biologique, dont il cultive son orge et plante le houblon sur son exploitation. Il a bien grandi avec sept personnes. Le poulailler de démarrage a été remplacé par un bâtiment éco construit.

En Belgique, comme ailleurs en Europe et France, des jeunes reviennent aussi. En 2016, Bertrand Marot a créé BeLodge. Après ses études d’ingénieur industriel, il commence un parcours professionnel urbain. Ensuite, il revient ! Son projet, BeLodge, s’inscrit dans le développement durable en créant des espaces modulables design et sur mesure en supprimant les contraintes de la construction traditionnelle. Il créé avec 7 personnes : bureau, cabinet médical, chambre d’hôte, chambre, extension de maison, ….

Délocalisations, renaissances d’activités et innovations  

Face aux délocalisations, éleveurs et artisans s’organisent pour faire renaître différentes activités originales, anciennes et … innovantes ! L’agriculture change comme la culture et l’élevage. Le maraîchage et l’apiculture sont très prisés des néo-ruraux, tout comme la biodynamie, la permaculture, etc., et qui se développent. De nouvelles filières et de nouveaux produits naissent : le quinoa en Anjou, les algues, les insectes (certains montent des fermes d’insectes, comme Micronutris), etc.

Les professions libérales peuvent être exercées en milieu rural dont, statistiquement, augmenteront démographiquement. Ils peuvent se lancer dans la santé, trop souvent négligée à la campagne. Les services de proximité répondent à de réels besoins. Comme ailleurs, le problème est la solvabilité des ménages, et le succès, fragile à la ville comme à la campagne, dépend souvent du soutien des collectivités ou des organismes sociaux concernés.
Les projets liés au développement du numérique (télétravail ou/en espace de coworking), et plus généralement les services aux entreprises sont positifs. Continuer d’exercer le même métier qu’auparavant en ville est sans doute la situation la moins risquée : garder sa clientèle, en étant joignable ou rapidement opérationnel grâce au numérique et au TGV…

Les territoires ont avant tout des besoins en transmission de reprise d’activités artisanales, commerciales, etc. Le tout étant de préserver des activités existantes comme le commerce, l’hôtellerie, le tourisme embauchant du personnel qualifié, ce qui n’est pas toujours facile. Bon nombre de patrons de plus de 55 ans ont intérêt à céder leur affaire quand elle est encore transmissible. L’entreprise Bohin, à Saint-Sulpice-sur-Risle, proche de L’Aigle, capitale historique française des aiguilles employait en 1747 6000 personnes dans 450 épingleries aiglonnes. En janvier 1997, le directeur commercial Didier Vrac rachète la dernière entreprise et ouvre les ateliers de production à la visite du grand public en mars 2014. Il embauche Audrey Régnier comme Directrice qui à son tour en décembre 2017 achète l’entreprise.
L’intérêt est évident pour les acteurs locaux et régionaux pour créer et faciliter un territoire plus fort, plus innovant, plus participatif et plus jeune. Il n’enlève rien, mais ajoute beaucoup.


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