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Les soutiens à Emmanuel Faber, ancien PDG de Danone, se multiplient et se font entendre sur les réseaux sociaux

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Publié le 22 mars 2021

ENTREPRISES RESPONSABLES

Espérant de meilleurs résultats financiers à court terme, deux actionnaires ont demandé et obtenu le départ d’Emmanuel Faber, PDG de Danone. Mais ce faisant, ils ont réveillé une fronde d’acteurs engagés du monde des affaires et d’observateurs avertis qui soulignent que cette décision met à mal une ambition sociale et environnementale inédite à l’échelle d’un si grand groupe. Partout sur les réseaux sociaux, des grands noms ont pris la parole pour apporter leur soutien à l’ancien patron du géant de l’agroalimentaire.

Lundi 15 septembre dernier, Emmanuel Faber a perdu la présidence de Danone. Plusieurs actionnaires activistes jugeaient que son engagement social et environnemental se faisait au détriment des résultats du groupe. Ils ont fini par avoir sa tête. Emmanuel Faber a discrètement tiré sa révérence. Il a d’abord publié un sobre message d’au revoir aux équipes de l’entreprise, avant de diffuser une lettre de testament où il les invitait à se “tourner vers l’avenir avec confiance” car “aucune entreprise n’est allée aussi loin pour bâtir dans ses statuts le rêve collectif qu’elle porte“.

Malgré la volonté d’Emmanuel Faber de ne pas allumer d’incendie suite à son éviction et celle de l’entreprise qui a fait profil bas, les réactions se sont multipliées pour soutenir celui qui a voulu mettre les sujets sociaux et environnementaux au cœur de son action. Son message de départ, a soulevé de nombreuses réactions. Sur LinkedIn, on compte plus de 2100 réactions dont certaines provenant de grands noms du monde des affaires.

Les valeurs d’une entreprise à mission

Ainsi Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie et fondateur d’entreprises dans l’agroalimentaire , écrit : “Courage à vous cher Emmanuel Faber, vous avez démontré à votre détriment (mais à mettre à votre honneur) que le capitalisme financier obsédé de résultats à court terme ne survivra pas aux nécessaires investissements de long terme à impact social et environnemental qu’exigent les consommateurs. Ce que vous appelez les valeurs d’une entreprise à mission, c’est tout simplement le marché à venir dont toute entreprise conservatrice sera bientôt et vite expulsée. Venez créer le futur avec nous !“.

De son côté, la PDG de Patagonia jusqu’en 2020, Rose Marcario, vient aussi en soutien du patron français. Elle écrit : “À mon ami, qui a déplacé des montagnes, merci de toujours mener le bon combat avec courage et compassion. Le capitalisme multipartite gagnera, malgré la cupidité des actionnaires activistes“. De son côté, Alice Steenland, Chief Sustainability Officer de Dassault Systèmes, juge : “Merci pour le courage, la vision et l’inspiration que vous nous avez fournis, et que davantage de dirigeants suivent ces traces à ce moment charnière de l’histoire de l’humanité“.

Le capitalisme des parties

Sur Twitter, Hiro Mizuno, ancien président le Government Pension Investment Fund (GPIF, le fonds de pension Japonais, et promoteur de la finance durable, réagit aussi : “Votre leadership dans la promotion du capitalisme des parties prenantes et de l’ESG (questions environnementales, sociale et de gouvernance, ndr) doit être rappelé par tous ceux qui ont soutenu cette philosophie“.

Paul Polman, ancien dirigeant de Unilever où il avait aussi soutenu le développement durable, soutient son homologue français. Il écrit : “Je fais écho aux sentiments d’Hiromichi Mizuno au sujet du leadership d’Emmanuel Faber. Sans justice sociale, il n’y a plus d’économie“.

Des investisseurs responsables

Un éloge unanime pour Emmanuel Faber. Mais Rob Lake, spécialiste de l’investissement responsable, souligne un paradoxe sur Linkedin : “Il est ironique (si c’est le mot juste) que les deux investisseurs militants à l’origine du départ d’Emmanuel Faber – l’un des plus fervents défenseurs du développement durable, de la justice sociale et de la raison d’être des entreprises au monde – soient tous deux signataires des PRI : Artisan Partners et Bluebell Capital“. Les PRI sont les principes pour l’investissement responsable, une initiative des Nations unies qui visent à favoriser les investissements bénéfiques pour l’environnement, le climat ou encore les questions sociales.

Face à cette avalanche de soutiens et de remises en cause, Gilles Schnepp, ancien PDG du groupe Legrand et Président du Conseil d’administration de Danone, a livré une interview dans les Echos. Lui aussi souligne l’action de l’ancien patron. “Laissez-moi commencer par dire qu’ Emmanuel Faber a marqué l’histoire de Danone. Comme ses prédécesseurs Antoine et Franck Riboud, il s’est inscrit dans l’ADN de cette entreprise (…) animée par un double projet économique et social à la fois“.

Alors que le départ de l’ancien PDG a été justifié par des résultats jugés trop faibles en particulier face à ceux de Nestlé, Gilles Schnepp explique : “Sur le long terme, je pense même qu’être une entreprise responsable est un atout compétitif. Une entreprise responsable a plus de chance de réussir et d’enregistrer de bonnes performances financières“.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

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