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Les taxes carbone pourraient coûter 10% du chiffre d’affaires des entreprises en 2030 selon Ecoact

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Publié le 23 décembre 2022

De plus en plus d’États mettent en place des mécanismes de tarification du carbone réglementaires, reposant sur le principe du pollueur payeur. Ces évolutions ont déjà des répercussions sur les entreprises et les conséquences vont être de plus en plus lourdes jusqu’à peser plus de 10% du chiffre d’affaires de certains groupes, estime Ecoact. 

Après avoir été longtemps mal-aimé, le marché du carbone devient un outil majeur dans les négociations actuelles sur le climat. Ce système de “droit à polluer” initialement mis en place par l’Union européenne, et dont la réforme vient de faire l’objet d’un accord entre le Parlement et le Conseil européens, se développe partout dans le monde. “Les mécanismes de tarification du carbone réglementaire évoluent rapidement”, constate une étude d’Ecoact intitulée “prix du carbone réglementaire : quel impact pour les entreprises ?”. 

La Chine est notamment en passe d’unifier son système d’échange de quotas et l’Union européenne vient de mettre en place une taxe carbone aux frontières ainsi que d’étendre la couverture de son système d’échange de quotas (EU ETS) aux secteurs du transport et du bâtiment. Les prix du carbone ont également battu un nouveau record en Europe atteignant 97 euros/téqCO2 en février 2022, soit une croissance de 200% par rapport à février 2021.

Prix carbone autour de 220 dollars en 2030

Ces évolutions ont déjà des répercussions pour les entreprises et les conséquences vont être de plus en plus lourdes. En effet, “selon notre scénario construit pour s’approcher d’un monde à 1,5°C, le poids économique du prix du carbone pour les secteurs les plus dépendants des énergies fossiles pourrait atteindre plus de 10% de leur chiffre d’affaires en 2030”, estime Ecoact. Le cabinet de conseil construit cette projection sur les hypothèses du Giec qui cible un prix carbone autour de 220 (170-290) dollars américains par tonne équivalent carbone (téqCO2) en 2030 et 630 (430-990) dollars par téqCO2 en 2050 afin d’amener les entreprises à suivre une trajectoire de 1,5°C.

Ainsi, en 2030, les “surcoûts liés au carbone devraient atteindre près de 360 milliards d’euros aux États-Unis et plusieurs dizaines de milliards d’euros dans la plupart des pays développés”, conclut l’étude. Sans surprise, les entreprises de la cimenterie, de la métallurgie, des utilities, du transport et de la production d’énergie seront les plus concernées. “Des investissements rapides devraient donc être effectués par ces secteurs pour décarboner l’ensemble de ces activités”, recommande ainsi l’étude. Les entreprises des secteurs concernés risquent sinon de “perdre une partie de leurs marges et de leur compétitivité face aux entreprises concurrentes moins émissives”.

Les États ont un rôle à jouer

Les répercussions se ressentiront ensuite sur l’ensemble du tissu économique, prévoit Ecoact. “Même les secteurs peu émissifs en termes d’émissions directes (tertiaires par exemple) sont fortement dépendants des secteurs les plus émissifs : les transports, la métallurgie, la pétrochimie et la production d’énergie”, explique ainsi le cabinet de conseil. Il cite la distribution, le textile ou encore l’alimentation ou l’électronique qui “pourraient voir l’impact indirect du prix carbone dépasser les 5% de leur chiffre d’affaires en 2030”.

Ecoact recommande donc aux entreprises d’anticiper et d’agir. Quant aux États, ils ont également un rôle à jouer “en redirigeant les revenus du prix du carbone vers des investissements bas-carbone”, ajoute Ecoact. C’est déjà le cas avec des plans comme l’Inflation Reduction Act aux États-Unis, le paquet européen “Fit for 55” en Europe ou encore le Japan’s Green Transformation. Ces mesures devraient contribuer à faire grimper les investissements dans les énergies propres à 2000 milliards de dollars par an dans le monde à l’horizon 2030, soit 50% de plus qu’aujourd’hui, selon un rapport de l’AIE publié jeudi 27 octobre 2022.

Mais cela reste insuffisant : pour atteindre l’objectif de la neutralité carbone en 2050 et ainsi stabiliser la hausse des températures à 1,5°C, l’AIE estime qu’il faudrait des investissements de 4000 milliards de dollars annuels dans les énergies propres.

Mathilde Golla @Mathgolla

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