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Les trois questions que vous posera tout recruteur

Chroniques d’experts

Carrière

Le 13/08/2021

entretien de recrutement

© Getty Images


Temps de lecture : 7 minutes

S’il y a certainement des questions que vous n’aurez pas anticipées, d’autres, en revanche, peuvent l’être. C’est sur celles-ci que vous devez vous concentrer, car être bien préparé fait souvent la différence et prouve la motivation du candidat.

Dans tout processus de recrutement, les entretiens jouent un rôle démesuré. Votre dossier de candidature aura beau faire état de l’ensemble de vos expériences et de vos points forts, les quelques heures que vous passerez avec l’équipe responsable du recrutement finiront le plus souvent par être déterminantes dans la décision d’embauche vous concernant. Clairement, il vous faudra vous démarquer.

Pour ce faire, vous avez tout intérêt à bien comprendre ce que les recruteurs et les dirigeants cherchent à savoir par le biais de l’entretien d’embauche et de vous préparer en conséquence. Voici trois des questions qu’ils ne manqueront pas de vous poser et des conseils sur la manière d’y répondre.

Question 1 : « Ce sera comment de travailler avec vous ? »

Personne ne peut savoir en se basant uniquement sur votre CV ou votre lettre de motivation ce que ce sera de vous avoir sous ses ordres. Il vous faudra persuader votre employeur potentiel que vous serez un collaborateur précieux, avec qui il aura plaisir à interagir. Autrement dit, vous serez avant tout évalué selon un critère social. Certes, vous devez avoir de l’expérience professionnelle et une certaine expertise dans votre domaine, mais vous devez aussi faire en sorte que l’on vous imagine sans peine au poste proposé et comme membre de l’équipe.

Les candidats en recherche d’emploi commettent souvent l’erreur de considérer les entretiens de recrutement comme des examens, qu’ils espèrent réussir, ou du moins ne pas rater. Le problème de cette approche est qu’elle suppose que le recruteur évalue vos compétences et attend une réponse correcte, ce qui peut amener certaines personnes à adopter inconsciemment une attitude défensive ou à trop s’efforcer de répondre ce qu’elles pensent que le recruteur veut entendre.

Donnez l’impression d’avoir toute votre place dans l’entreprise

Si, au lieu de cela, vous les voyez comme des individus recherchant des collègues potentiels et considérez cet entretien comme une occasion, pour eux, d’apprendre à vous connaître, la relation change. Vous et le recruteur, ou le manager, partagez le même objectif, et votre rendez-vous devient le moyen de résoudre un problème commun : avons-nous envie de travailler ensemble ? Vous ferez probablement la démonstration de votre expertise lors de cette discussion, mais également de votre capacité à établir une relation.

Un autre avantage de cette approche est qu’elle favorise une meilleure synchronisation entre votre cerveau et celui de votre interlocuteur. C’est un phénomène qui se produit dans la plupart des conversations. Quand notre interlocuteur parle vite pour transmettre des informations dans un temps donné, notre cerveau anticipe les mots, la structure grammaticale et le ton de voix de cette personne pour mieux la comprendre. Si la conversation est positive et engageante, vous lui renverrez ces éléments de langage et vice versa, comme l’expliquent à grands traits Martin Pickering et Simon Garrod dans un article brillant.

Si vous traitez votre interlocuteur comme un collègue de confiance – en souriant, en vous penchant en avant, en parlant de manière amicale avec énergie et enthousiasme et en regardant la personne dans les yeux –, celui-ci devrait mobiliser les mêmes mécanismes communicationnels que ceux mis en jeu pour interagir avec ses collègues de travail favoris, et commencer ainsi à vous considérer comme quelqu’un qui a également sa place dans l’entreprise.

Question 2 : « Etes-vous capable d’apprendre ? »

Sans doute avez-vous les compétences de base requises pour remplir le poste pour lequel vous postulez, mais au fil du temps, vous aurez tout de même des choses à apprendre (si vous êtes tout à fait prêt pour cette nouvelle fonction, c’est que vous avez sans doute placé la barre trop bas). Dès lors, comment prouver votre volonté et votre capacité d’apprendre ?

Il est fort probable qu’au cours de l’entretien l’on vous posera au moins une question à laquelle vous ne saurez pas vraiment répondre. Soit parce qu’elle sera formulée de manière confuse, de sorte que vous ne comprendrez pas vraiment ce que l’on vous demande, soit parce qu’elle contiendra des termes que vous ne connaissez pas, ou mal. Il se peut aussi que vous compreniez parfaitement la question, mais que vous ne sachiez pas quoi dire. N’essayez pas de répondre en tentant de faire croire que vous savez de quoi vous parlez. Les bons recruteurs repèrent sans problème les réponses creuses (ils en entendent probablement beaucoup).

Reconnaissez plutôt votre ignorance ou votre incompréhension. Un certain nombre de chercheurs en comportement organisationnel ont montré que les individus répugnent à le faire, par crainte que cela soit perçu comme un aveu de faiblesse. Cependant, les recruteurs veulent s’assurer que les employés potentiels poseront des questions pertinentes, rechercheront des informations complémentaires, répondront de manière fondée et feront preuve d’initiative pour développer leurs compétences. Et comme l’ont montré certaines études, vous ne pourrez solliciter de l’aide que si vous commencez par montrer aux autres ce que vous savez et ce que vous ne savez pas.

Perspectives d’évolution

Si vous vous sentez désarmé par une question, demandez des éclaircissements. Reformulez-la ou proposez deux ou trois interprétations possibles. Si, malgré les clarifications données, vous doutez encore de la façon de procéder, expliquez que c’est la première fois que vous rencontrez ce problème.

Si cette question implique un scénario en rapport avec l’entreprise, demandez au recruteur s’il préfère que vous y réfléchissiez à voix haute pour qu’il voie comment vous abordez des problèmes nouveaux ou que vous discutiez ensemble de la manière dont ce sujet est normalement traité au sein de l’entreprise (ou les deux). L’objectif est de montrer comment vous abordez les défis qui se posent à vous, tout en affichant votre désir d’apprendre de nouvelles choses.

Une autre façon de montrer que vous avez l’intention de développer vos compétences et vos connaissances sur le long terme est de vous renseigner sur les perspectives d’évolution et les possibilités de formation continue. L’entreprise propose-t-elle régulièrement des modules ou des séminaires internes ? Contribue-t-elle aux frais de scolarité ou offre-t-elle d’autres avantages qui vous permettront de suivre des cours ou d’obtenir des certificats ? En posant ces questions, vous montrerez que vous êtes désireux de continuer à développer vos compétences.

Question 3 : « Prenez-vous des initiatives ? »

Les recruteurs recherchent des personnes motivées, capables de prendre des initiatives (à tel point que c’est devenu un cliché). La meilleure façon de faire la démonstration des efforts que vous avez faits et de votre implication est d’arriver très bien préparé. Vous devez savoir ce que fait l’entreprise, être au fait de son histoire, de ses forces et de ses faiblesses. Si vous connaissez des gens qui y travaillent (ou qui y ont travaillé par le passé), demandez-leur de partager avec vous des informations inconnues du grand public.

Puis, préparez votre entretien en vous exerçant à répondre aux questions les plus courantes. Soyez très prudent avec ce que Leonid Rozenblit et Frank Keil appellent « l’illusion de la profondeur explicative », c’est-à-dire notre tendance à croire que nous comprenons le monde mieux qu’en réalité. Leurs études ont en effet montré que les gens avaient du mal à expliquer le fonctionnement d’appareils et certaines façons de faire dont ils se disaient pourtant experts. Ainsi, quand nous nous rendons à un entretien d’embauche, la plupart d’entre nous pensent qu’ils peuvent facilement décrire les principaux aspects de leur travail et la manière dont cela s’applique au poste auquel ils postulent. Sauf que sur le coup, nous en sommes incapables.

Voilà pourquoi il est très important de s’entraîner. Cela permet d’identifier ses propres lacunes et d’y remédier, tant qu’il est encore temps, et de repérer les moments où l’on hésite, ou bafouille, et de se corriger en conséquence.

Prochaines étapes

Beaucoup de gens préfèrent ne pas s’entraîner à répondre aux questions qui leur seront posées en entretien de recrutement craignant de perdre en spontanéité. En réalité, vous devrez probablement faire face à plusieurs questions imprévues, qui vous donneront amplement l’occasion d’exercer vos talents d’improvisation. De plus, votre interlocuteur ne manquera pas de remarquer que vous vous êtes préparé à l’entretien, ce qui jouera considérablement en votre faveur. Ne lésinez donc pas sur la préparation.

Aussi qualifié que vous soyez pour un poste, ou bien préparé pour l‘entretien, rien ne dit que l’on vous fera une offre. Si vous avez le sentiment que cela s’est bien passé entre vous et le recruteur, n’hésitez pas à lui demander quelles seront les prochaines étapes mais aussi de vous faire un retour. A cette occasion, centrez la conversation sur ce que vous pouvez faire pour améliorer votre performance en entretien. Ne demandez pas à l’entreprise de justifier le fait qu’elle ne vous a pas fait d’offre.

En fin de compte, la meilleure façon de se démarquer lors d’entretiens est de bien réfléchir à ce que les employeurs potentiels veulent vraiment savoir sur vous avant de vous embaucher. A partir de là, vous pourrez répondre à leurs préoccupations avant même qu’ils ne les formulent.

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