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Les usines de déchets s’enflamment à cause de nos batteries

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Publié le 30 octobre 2021

ENVIRONNEMENT

Téléphones portables, brosses à dent, jouets… Les batteries ion-lithium se sont répandus dans les objets de notre quotidien. Un fardeau pour les entreprises de gestion des déchets : le lithium s’enflamme au contact de l’eau et provoque des incendies dans les centres. Un problème émergent auquel tente de faire face la filière en toute urgence, car même les compagnies d’assurance refusent aujourd’hui d’assurer les centres de déchets face à l’ampleur des risques. 

Les centres de traitement de déchets s’enflamment. En cinq ans, le nombre d’incendies y a été multiplié par deux, selon le Bureau d’analyse des risques et pollution industriels (Barpi), du Ministère de la Transition écologique. En cause : les batteries ion-lithium.  Selon l’entreprise de recyclage Ecore, 40% des départs de feu recensés serait lié au lithium. Le centre de tri de Plouédern, dans le Finistère en a été la victime : fin 2020, il a été confronté à quatre départ de feu en l’espace d’une semaine.

Les batteries lithium-ion sont partout : dans nos téléphones, nos clés de voiture et finissent souvent dans nos poubelles en fin d’usage. Et c’est là tout le problème : parfois éventré par les chocs lors du traitement des déchets, le lithium entre en réaction avec l’air et l’eau et s’enflamme presqu’instantanément. C’est pourquoi les batteries ion-lithium doivent normalement être déposées dans des points de collecte, et non jetées dans les poubelles ménagères.

Un mal difficile à combattre. Si elles étaient autrefois réservées aux voitures électriques et étaient faciles à distinguer, “les batteries ion-lithium se sont répandues et sont de plus en plus petites”, détaille Olivier François, Président de la Commission Internationale de la Fédération Officielle des entreprises de recyclage (FEDEREC). “Comment identifier la pile d’une clé au milieu de 20 tonnes de déchets ?“”, interroge-t-il.

Le secteur tente de s’adapter

La filière sort les grands moyens. Caméras thermiques, canons à eau robotisés pour éteindre un départ de feu à distance, multiplication des postes de contrôles, organisation d’exercices réguliers avec les pompiers… En attendant de pouvoir améliorer la collecte des batteries en amont, le secteur s’arme pour gérer le problème au plus vite. “C’est l’une de nos plus grandes priorités”, admet Olivier François. “C’est une course contre la montre, on investit à toute vitesse“.

Un problème d’autant plus pressant qu’il fait désormais fuir les assureurs. “Les compagnies d’assurance voient monter très vite ce problème. Certaines laissent tomber sèchement les entreprises du secteur du jour au lendemain, d’autres augmentent leur franchises de plusieurs milliers voire centaines de milliers d’euros”, déplore Olivier François.  

“Pas juste un problème d’incendie”

Un problème complexe à gérer en amont. D’abord, parce que le consommateur est souvent mal informé de la nécessité de déposer les batteries ion-lithium dans des points de collectes dédiés. Ensuite, même lorsqu’il l’est, il ne peut parfois pas faire la démarche de la trier. Pour certains produits, comme les brosses à dent, la batterie est encapsulée et il n’y a aucun moyen d’y accéder. Une question de praticité pour les constructeurs mais également de sécurité. Il s’agit d’éviter que la batterie soit exposée à des chocs, des projections d’eau et s’enflamme.

C’est un sujet tout neuf, mais  à prendre très au sérieux, car ce n’est pas juste un problème d’incendie, ajoute Olivier François. Cela créé des tensions avec les collectivités locales qui se crispent et les riverains qui s’inquiètent“.

Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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