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L’essor des énergies renouvelables en 2021 marque un point de non-retour dans la transition énergétique

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Publié le 28 décembre 2021

Les énergies renouvelables se sont considérablement développées ces dernières années et encore battu un record en 2021. Elles vont continuer à croître dans le futur, à tel point que des chercheurs estiment que cet essor marque un point de non-retour dans la transition énergétique. Cela signifie qu’il n’y aura pas de retour en arrière, une bonne nouvelle pour le climat ! Et une raison d’espérer en cette fin d’année morose.

Les énergies renouvelables ont encore battu un record en 2021. Jamais nous n’avions installé autant d’éoliennes, de panneaux solaires, de barrages hydrauliques ou autres énergies propres, à travers la planète. Au total, 290 gigawatts (GW) de capacités nouvelles ont été installées et la tendance va se poursuivre selon l’Agence internationale de l’énergie. D’ici cinq ans, les nouvelles installations renouvelables vont encore augmenter de 60 %, soit l’équivalent de l’électricité produite aujourd’hui par le nucléaire et les énergies fossiles.  

Toutes les régions du monde sont concernées par ce développement, mais c’est la Chine, le pays le plus émetteur de CO2, qui mène la course en tête. Pékin, encore très dépendant du charbon, est aussi paradoxalement très en avance sur les renouvelables. Le pays devrait atteindre ses objectifs avec quatre ans d’avance. Ce boom des renouvelables marque ainsi pour certains chercheurs un point de non-retour dans la transition énergétique.  

Cercle vertueux

Publiée il y a près d’un an dans la revue scientifique Climate policy, une étude de deux chercheurs anglais estime que le développement des énergies renouvelables et l’électrification des véhicules ont atteint un “point de bascule” ou “de non-retour” dans plusieurs endroits du monde, qui préfigure une décarbonation de l’économie. La baisse des coûts du solaire et de l’éolien, impulsée par des politiques publiques incitatives, et la mise en place de prix carbone, ont permis aux renouvelables d’être de plus en plus compétitives et de ce fait d’attirer les investissements. Les chercheurs estiment que nous entrons ainsi dans un cercle vertueux.  

Mais malgré ces données encourageantes, ce n’est encore pas suffisant pour mettre le monde sur la voie de la neutralité carbone en 2050. L’AIE estime qu’il faudrait doubler les prévisions actuelles pour espérer rester sous un réchauffement limité à 1,5°C, le seuil fixé par l’Accord de Paris. L’Agence alerte aussi sur les prix des composants et des matériaux qui s’envolent et qui vont renchérir la transition énergétique. “Les prix élevés actuels des matériaux posent de nouveaux défis pour le secteur des renouvelables, mais les prix élevés des énergies fossiles rendent aussi les renouvelables encore plus compétitives,” souligne le directeur de l’Agence, Fatih Birol.  

La France, parmi les plus mauvais élèves  

Les gouvernements doivent donc accélérer davantage la croissance des renouvelables en s’attaquant aux principaux obstacles, tels que les coûts de financement dans les pays en développement ou les problèmes d’acceptation sociale dans certains pays comme la France, qui fait figure de mauvaise élève. “Sur les énergies renouvelables, je pense qu’on ne dit pas assez (…) qu’on est très en retard; on est très très en retard”, a fustigé Jean-François Carenco, le président de la Commission de régulation de l’énergie. Il considère que la crise de l’énergie que nous traversons aujourd’hui n’aurait pas eu lieu si nous avions suivi la feuille de route des énergies renouvelables.  

Ce plan prévoit de doubler les capacités entre 2017 et 2028. Pour être sur les rails, la France devrait installer près de la moitié des éoliennes déjà présentes sur le territoire et doubler les panneaux solaires en l’espace de deux ans. Mais les projets sur le terrain font souvent face à de fortes oppositions. Le sujet s’est même immiscé dans le débat de la présidentielle. Les renouvelables ont concentré les critiques d’une partie de la droite et de l’extrême-droite. Pourtant, de nombreux rapports publiés récemment, notamment par RTE, le gestionnaire du réseau électrique en France, montrent qu’il faudra développer massivement les énergies renouvelables pour atteindre la neutralité carbone en 2050, avec ou sans nucléaire, mais ça c’est un autre débat.  

Concepcion Alvarez @conce1

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