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L’Europe va gagner en souveraineté sur les semi-conducteurs

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Semi conducteurs MacroPhoto

Publié le 18 mars 2022

Les semi-conducteurs sont indispensables à certains secteurs comme l’automobile, l’informatique mais aussi la transition écologique. Or les chaînes d’approvisionnement de ce composant ont été récemment mises à rudes épreuves par la guerre en Ukraine, les confinements à répétition, les pénuries de matières premières ou encore un transport des marchandises chaotiques. L’Europe se mobilise pour sécuriser leur fabrication et déroule le tapis rouge à Intel. Le géant américain a ainsi dévoilé un gigantesque plan d’investissement de 80 milliards d’euros dans les dix années à venir.

Le gigantesque plan d’investissement d’Intel est un effort “historique”, a déclaré son PDG, Pat Gelsinger. Dans un premier temps, la compagnie de Santa Clara (Californie) va investir 33 milliards d’euros pour se déployer en Allemagne, France, Italie, Espagne, Irlande et en Pologne. Le groupe a ainsi prévu de lancer des projets tout au long de la chaîne de valeur de la microélectronique dans le but de créer “un écosystème de puces européen”.

L’Allemagne est la terre d’accueil privilégiée de cet investissement avec deux immenses usines de fabrication de puces dont un site de pointe à Magdebourg (nord-est), mais aussi la création d’un centre de recherche et développement en France et d’autres unités de production ailleurs en Europe. Ces investissements vont créer des milliers d’emplois chez Intel et des dizaines de milliers d’emplois supplémentaires chez les fournisseurs, indique le groupe.

Le plan européen a été déterminant pour Intel 

L’enjeu est surtout de répondre à une demande exponentielle pour ces composants indispensables à la fabrication de voitures, smartphones et à de nombreux autres secteurs. Les puces sont les “cerveaux qui alimentent les technologies numériques essentielles“, indique le patron d’Intel. Or aujourd’hui l’offre est insuffisante et dominée par les fabricants asiatiques. Avec ces investissements, “nous répondons au besoin mondial d’une chaîne d’approvisionnement plus équilibrée et plus résiliente“, explique ainsi Pat Gelsinger. Alors que la perturbation des chaînes logistiques due au Covid a accentué la pénurie de semi-conducteurs, le patron d’Intel veut se prémunir contre le “risque d’être dépendant d’une seule région“.

Le choix de l’Europe pour investir massivement ne doit donc rien au hasard. Cet important investissement est soutenu par l’Union européenne (UE) dans le cadre de son “Chips Act”. Début février, Bruxelles a en effet présenté un plan de 43 milliards d’euros visant à conquérir 20% du marché mondial des semi-conducteurs en 2030. Selon Thierry Breton, Commissaire européen au Marché intérieur, qui avait sonné l’alerte l’an passé, l’Europe ne produit que 10 % de la production mondiale de semi-conducteurs, contre 40 % il y a trente ans. L’annonce d’Intel “est la première réalisation majeure” de ce plan, a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans un message vidéo. Le soutien de l’Europe a été déterminant indique Intel qui rappelle que les coûts de production sont 30% à 40% plus cher qu’en Asie.

L’Europe veut créer un écosystème dédié

Le plan d’aide européen a été conçu pour créer un écosystème dédié aux semi-conducteurs en Europe et ainsi répondre à une nécessaire souveraineté industrielle de la France et du continent. Les pénuries en semi-conducteurs, liées aussi au boom de la demande mondiale en produits électroniques, ont en effet mis à mal des pans entiers des industries du continent. A commencer par les usines automobiles qui ont dû ralentir la cadence en raison de livraisons insuffisantes de puces venues d’Asie. Tous les constructeurs ont rencontré de tels aléas, comme Toyota en France ou encore Tesla, Volkswagen, Stellantis, etc. Résultat, cette pénurie a fait chuter la production de véhicules dans le monde de 12%, selon l’IHS Markit. Le secteur informatique, très dépendant de ces composants électroniques, mais aussi le marché du smartphone ont également été grandement pénalisés.

Les États-Unis sont dans la même situation de dépendance mais les investissements ont déjà commencé pour se doter d’une vraie production domestique, en redonnant aussi du poids à Intel. L’Europe a ainsi pris du retard à l’allumage, ce délai est d’autant plus important que les besoins croissent et que la technologie en matière de miniaturisation fait des bonds de géant.

Mathilde Golla @Mathgolla

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