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L’explosion à Brest de l’Ocean Liberty, il y a 75 ans

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Explosion de nitrate dammonium dans les cales de lOcean Liberty au port de Brest Capture video Ina 1

Le navire norvégien Ocean Liberty, en provenance des États-Unis, est à quai dans le port de Brest (Finistère) ce 28 juillet 1947. Ses cales contiennent 3 133 t de grains de nitrate d’ammonium, conditionnés en sacs en papier de 50 kg, et plus de 2000 t de diverses substances combustibles ou inflammables stockées dans des fûts, ainsi que l’indique le Barpi dans la fiche Aria n° 14732.

La chaleur est intense en cette fin juillet : 27 °C à l’ombre. À 12 h 20, une fumée blanchâtre s’échappe d’une des cales. Le système d’extinction à la vapeur est mis en œuvre et les pompiers sont alertés. À leur arrivée, leur commandant fait stopper ce système d’extinction qui apporte chaleur et oxygène. Il fait ouvrir les panneaux d’accès des cales et retirer les chapeaux des cheminées d’aération. Le feu s’intensifie. L’équipage évacue le navire.

À 13 h 15, trois violentes explosions retentissent. Elles projettent des débris enflammés sur des dépôts du port qui s’embrasent. La police évacue tous les ouvriers. Le drame de Texas City survenu trois mois plus tôt est dans toutes les têtes.

Une vaine tentative de remorquage du navire vers le large fait finalement s’échouer l’Ocean Liberty sur un banc à 14 h. Il se trouve alors près de la ville et face à une usine d’engrais chimiques et aux raffineries de pétrole. La population est menacée.

Plusieurs tentatives de percement de la carène du navire, destinées à le saborder, échouent.

À 17 h, l’incendie gagne l’avant de l’Ocean Liberty. Des matières en fusion atteignent le nitrate d’ammonium. À 17 h 24, le navire explose. L’onde de choc provoque une vague de 5 m qui déferle sur les quais. Des projectiles enflammés retombent sur Brest, déclenchant de nombreux incendies dont ceux d’une usine à gaz, de dépôts de pétrole et des hangars de la Chambre de commerce remplis de nitrate d’ammonium…

Plus de 4 000 habitations sont détruites. Des vitres sont soufflées jusqu’à 70 km. Les pompiers professionnels et bénévoles arrivent de plusieurs casernes.

Le bilan humain est de 26 morts et plus de 500 blessés. Plus de 500 familles se retrouvent sans logement.

Un mois plus tard, la commission d’enquête sur la catastrophe demande aux pouvoirs publics de prendre des mesures d’urgence pour contrôler le transport du nitrate d’ammonium et sa réception dans les ports. Elle souhaite également que la réglementation relative aux marchandises dangereuses soit rapidement révisée. Le nitrate d’ammonium n’est alors pas considéré comme une matière dangereuse.

Par ailleurs, les expertises concluent que le nitrate d’ammonium était emballé dans des sacs en papier à six épaisseurs et stocké dans une cale située à côté de la chaufferie du navire. La chaleur y était très élevée et la ventilation n’était pas active puisque le navire était à l’arrêt. Selon les experts, le papier imprégné de nitrate peut s’enflammer sous la seule action de la chaleur, à une température d’environ 130 °C. Or, les conduits de la chaufferie voisine ont pu, par contact avec la paroi mitoyenne, faire s’enflammer les sacs de nitrate.

Dans son jugement rendu en janvier 1952, le tribunal de commerce de la Seine confirme que les causes du sinistre proviennent du caractère dangereux de la marchandise et de son emballage. Il condamne les deux entreprises américaines qui avaient livré le nitrate à payer 500 000 dollars de dommages et intérêts à l’État français. Les compagnies de navigation sont mises hors de cause.

Nous avons déjà relaté plusieurs accidents dus au nitrate d’ammonium :

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