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L’indice du bonheur de l’ONU devient une référence, symbole de la percée des indicateurs alternatifs au PIB

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Lahti finlande Citicap Lahticity

Publié le 19 avril 2022

Le “World Happiness Report” (WHR) crée par l’ONU mesure le bonheur à partir de six variables : revenu, liberté, confiance dans le gouvernement, espérance de vie en bonne santé, soutien social et générosité. Il dresse un classement de 150 pays dominé par la Finlande, le Danemark, l’Islande, la Suisse, les Pays-Bas puis la France en 20e position. Après deux ans de pandémie, l’indicateur est plus pertinent que jamais.

Il faut relativiser le PIB et l’agrémenter d’autres indices qui prennent notamment en compte la santé, l’empreinte carbone ou le bien être“, estime Dominique Méda, directrice de l’Institut Interdisciplinaire en Sciences Sociales (Iris), qui milite de longue date pour un remplacement de cet indicateur. “Les institutions internationales travaillent sur des indicateurs de référence“, ajoute l’auteure de Qu’est-ce que la richesse ? (Flammarion). Le World Happiness Report établi à la demande des Nations Unies vient en effet combler ce vide.

Comme les cinq années précédentes, il place la Finlande en tête de palmarès avec une note de 7,82 sur 10. Le pays de 5,5 millions d’habitants est suivi par le Danemark, l’Islande, la Suisse et les Pays-Bas. Quant à la France, elle gagne une place et fait son entrée parmi les 20 pays les plus heureux au monde. L’Hexagone décroche ainsi son meilleur classement depuis que l’étude existe, derrière la Belgique (19e), la République Tchèque (18e), le Royaume-Uni (17E), les Etats-Unis (16e) ou le Canada (15e).

Multiplication des références aux concepts de bonheur et de bien-être

L’enquête, qui signe cette année sa dixième édition, se base sur des données subjectives, les sondages Gallup demandant aux habitants leur propre niveau de bonheur, mais aussi des indicateurs objectifs comme le PIB et des évaluations concernant l’espérance de vie en bonne santé, le niveau de solidarité, de liberté individuelle et de corruption. Cet indicateur conçu pour épauler les États dans l’élaboration de leurs politiques publiques n’a jamais paru si essentiel après deux années de virus. “La récente pandémie a probablement eu un fort impact sur les conceptions populaires de ce qui est le plus important pour la vie, et même sur la manière dont la société peut favoriser des améliorations collectives du bien-être“, constatent les auteurs du World Happiness Report. Ils notent une multiplication des références aux concepts de bonheur et de bien-être dans les champs universitaires et politiques.

Récemment plus de la moitié des nouveaux indicateurs incorporent des données relatives au bien-être“, confirme ainsi Chris Barrington-Leigh, professeur à l’Institute for Health and Social Policy et à la Bieler School of Environment. Résultat, les chercheurs et les gouvernements innovent dans la prise en compte des indicateurs de bien-être. “Au Canada, c’est une année au cours de laquelle d’importants efforts de mesure du bien-être et d’élaboration de politiques sont en cours“, souligne Chris Barrington-Leigh.

Les pays bien classés ont mieux géré la pandémie

La Finlande a montré la voie. Depuis 2019, le lauréat du classement de l’Onu a choisi de mesurer le bien-être et de piloter ses politiques publiques en conséquence. La Nouvelle-Zélande (10e au World Happiness Report) a de son côté voté un budget bien-être en 2019, une première mondiale. Ce budget intègre une hausse des dépenses publiques dans les domaines de la santé mentale, des allocations pour les populations indigènes, ainsi que pour la lutte contre la pauvreté infantile et les violences familiales. “Nous avons dit que nous voulions être un gouvernement qui fait les choses différemment, et avec ce budget, c’est précisément ce que nous avons fait. Nous avons créé les bases non seulement d’un “budget bien-être”, mais aussi d’une approche différente de la prise de décision gouvernementale dans son ensemble“, avait déclaré Jacinda Ardern, à la tête du gouvernement.

Ces expériences démontrent la pertinence “de construire des indicateurs alternatifs aux PIB et à sa croissance“, défend Eloi Laurent, professeur à Sciences-po et à Stanford. “Il n’est pas sûr que le monde soit plus heureux maintenant, mais le monde est plus axé sur le bonheur et le bien-être qu’il ne l’était il y a dix ans, et cela en soi nous offre un espoir que nous pouvons transformer cette meilleure compréhension en un vrai bonheur dans le monde“, a déclaré Jeffrey Sachs.

Mathilde Golla @Mathgolla

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