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L’isolement social toujours plus présent en France

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Exacerbé par la crise de la Covid-19, l’isolement social concerne de plus en plus de Français. Âge, maladie, pauvreté, de nombreux facteurs participent à cette absence de relation sociale. Ces liens sont pourtant indispensables aux humains, tant mentalement que physiquement, à tel point qu’ils contribuent à la bonne santé de l’individu. L’isolement social est donc, au-delà d’un danger individuel, un enjeu social important à prendre en compte. On vous explique cela. 

Pendant deux ans, nous avons été restreints à un seul lieu de vie, interdit des festivités et obligé au télétravail, la Covid-19 a participé indirectement à l’isolement social de nombreux Français. Mais le problème n’est pas nouveau. Des millions d’entre nous souffrent de ce manque social, pourtant impératif au bien-être et à la bonne santé.

L’âge en premier lieu reste pour le moment la principale cause d’exclusion sociale. La perte d’autonomie et de mobilité participent à réduire drastiquement les relations des personnes âgées. Mais d’autres facteurs participent, voire s’ajoutent comme la pauvreté, le genre, l’accès à l’emploi, la situation familiale, l’handicape, ou l’addiction…

Une reconnaissance encore insuffisante

Cet isolement social, ou relationnel, a encore des difficultés à être reconnu, faute de définition précise et généralisée au niveau institutionnel. « L’isolement social est la situation dans laquelle se trouve la personne qui, du fait de relations durablement insuffisantes dans leur nombre ou leur qualité, est en situation de souffrance et de danger, propose dans un rapport de 2017 le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), les relations d’une qualité insuffisante sont celles qui produisent un déni de reconnaissance, un déficit de sécurité et une participation empêchée ». 

Selon une enquête commandée par la Fondation de France, près de 14 % des Français âgés de 15 ans et plus seraient en situation d’isolement relationnel, soit près de 7 millions de Français. Une étude des Petits Frères des Pauvres révélait en 2021 une « aggravation alarmante de la situation d’isolement des aînés ». Les personnes de plus de 60 ans en situation d’isolement social seraient passées de 300 000 personnes à 530 000 en l’espace de seulement 4 ans. 

Au-delà de l’âge, un lien s’observe entre précarité économique et isolement social depuis une dizaine d’années. Parmi les bas revenus, ils seraient un tiers à souffrir de solitude. Un spectre de l’isolement qui s’élargit donc à l’ensemble de la population, en particulier les jeunes, de plus en plus touchés par la précarité.

L’observatoire des inégalités alertait sur la paupérisation grandissante des 18 à 29 ans, déjà beaucoup plus impactés que leurs aînés avant même avant la crise sanitaire. En 2021, ils étaient 14 % à être touchés par l’isolement social, contre seulement 2 % en 2010.

Cette solitude chronique n’est donc pas qu’un problème individuel, mais le résultat de politiques économiques et sociales.

Des conséquences désastreuses

L’isolement social entraîne tout un tas de complications, tant mentales que physiques, affectant durement les individus et pouvant mener à une perte de revenu, la dépression, voire des maladies.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait en 2019 que la solitude était un problème de santé majeur dans le monde. Parmi les trois facteurs les plus préoccupants pour la santé se trouvent le manque de support émotionnel d’autrui, le manque d’intégration dans un réseau social et la consommation de tabac. 

Sur ces trois éléments, deux sont directement reliés à l’isolement social. Le manque de liens et de contacts sociaux forts (compagnon/compagne, amis proches, familles, collègues) a une incidence directe sur le système immunitaire et la santé mentale, nous rendant plus sensibles aux maladies et aux infections. À titre d’exemple, il a été observé que les personnes âgées n’ayant que peu d’amis avaient de plus grands risques d’hypertension.

L’isolement social est d’autant plus alarmant chez les jeunes enfants. Le contact social participe activement à être en bonne santé à l’âge adulte. Une étude de 2020 publiée dans Trends in Cognitive Sciences révélait que la solitude pouvait avoir des conséquences néfastes sur les fonctions neuronales et la plasticité cérébrale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à remodeler ses connexions, par exemple lors de l’apprentissage. Un isolement dès le plus jeune âge entraînerait donc des difficultés autant physiques que mentales à l’âge adulte. 

Faire de l’isolement social une priorité

Face à ce problème de société, le CESE appelle à une plus grande prise en charge de l’isolement social. Sa sortie implique la réintégration des individus dans des cercles d’échange et de partage à travers des activités sociales, sportives, culturelles, associatives. Pour cela, l’État, les collectivités, les professionnels du milieu et les associations ont leur rôle à jouer afin d’encourager l’implication des populations et de favoriser la création autonome d’espace d’activités. 

La paupérisation générale des classes sociales laisse entendre cependant que l’isolement social dépasse le simple manque de dynamisme local. C’est aussi un problème structurel profond, autant économique que social pour la reconnaissance de la dignité des individus. 

Image by OpenClipart-Vectors from Pixabay

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