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Loi Sécurité globale : « la technologie permet la surveillance généralisée »

Cette surveillance généralisée autoriserait-elle aussi la reconnaissance faciale ?

On peut estimer que la reconnaissance faciale, en France, remonte au début des années 2010, avec la création du fichier de Traitement des antécédents judiciaires (TAJ). Le TAJ est un fichier de police qui contient l’identité des personnes mises en cause dans une procédure, que ce soit les victimes ou les accusés. Il contient énormément d’informations personnelles, dont des photos, plusieurs dizaines de millions, et autorise explicitement qu’elles soient utilisées pour de la reconnaissance faciale. Donc la pratique existe déjà, mais elle pourrait prendre une toute autre ampleur.

Déjà, parce que le projet de loi permet de filmer beaucoup plus et avec des finalités beaucoup plus larges. Les drones, par exemple : ils ne seraient pas uniquement utilisés pour la surveillance de manifestations. La moindre opération de police pourrait permettre d’en déployer . Or ils sont équipés de caméras qui ont des possibilités technologiques beaucoup plus importantes que les caméras fixes qui ont été installées au début des années 2000.

Même si la reconnaissance faciale sur les images de drones a été explicitement interdite par les sénateurs lors de l’examen du texte, leurs capacités techniques restent très importantes. Et cette reconnaissance faciale reste autorisée sur les images de caméras-piétons. De même, la technologie n’est plus la même pour utiliser ces images. En France, le premier logiciel utilisé s’appelait Gaspard. Il était globalement assez peu efficace : il fallait que les photos soient prises dans des conditions assez précises (de face, etc.), se basait sur certaines caractéristiques physiques précises (écartement des yeux, forme des oreilles, etc.) et l’appareil faisait remonter plusieurs centaines de profils, qu’il fallait ensuite trier. Du coup, le travail humain restait très important. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle permet de faire de la reconnaissance faciale de masse, en direct, avec des taux de certitude très élevés.

Comment résister ?

Politiquement, il faut continuer à maintenir la pression. Plusieurs manifestations ont été organisées par la coordination Stop loi Sécurité globale, qui rassemble plusieurs dizaines d’organisations comme la nôtre. D’autres le seront. Nous allons aussi prévoir d’autres formes de mobilisation, par exemple des séances d’appel téléphoniques aux députés et à leurs collaborateurs. Par ailleurs, vous pouvez soutenir nos associations, qui vont faire des recours juridiques, devant le Conseil constitutionnel, puis si besoin devant les juridictions internationales.

Propos recueillis par Nicolas Bérard

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