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Macron, le requin des océans

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Lors de la Cop 15 pour la biodiversité, la France s’est moquée éperdument de sauver les océans. Création d’une coalition bidon, repatouillage des définitions, blocage au niveau européen, flagrant conflit d’intérêts… La France a été championne du monde du double discours. Tout cela pour cajoler le lobby de la pêche industrielle.

Accord signé. Lundi 19 décembre, les représentants de 190 États, réunis à Montréal, ont signé un texte commun destiné à « donner une chance à la nature ». La puissante Chine a proposé l’accord de compromis. Un texte ambitieux sur le papier, visant à protéger 30 % de la planète et atteindre 20 milliards de dollars d’aide annuelle.
Du côté des océans, le constat est là. La grande majorité des mers du globe est polluée : on dénombre plus de 400 « zones mortes », soit environ 245.000 kilomètres carrés, où plus rien ne peut se développer. Plus d’un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. Et presque la moitié de nos stocks de poissons sont surpêchés. Les océans sont le poumon bleu de la planète, à égalité avec les forêts. En effet, la faune marine stocke énormément de CO2 dans les grandes profondeurs, tandis que le phytoplancton produit une grande quantité d’oxygène, grâce à sa photosynthèse.
En coulisses, on peut quand même dire que la France a tout fait pour mettre son gros grain de sable dans les rouages. L’ONG Bloom, qui lutte contre la destruction de l’océan, a révélé tout d’abord l’existence d’un gigantesque conflit d’intérêts. Après avoir travaillé au bureau de la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA), et géré les accords de pêche entre la France et l’Afrique durant de nombreuses années, la haute-fonctionnaire Anne-France Mattlet vient d’être parachutée à la tête d’Europêche, le principal lobby des entreprises de pêche en Europe. De la politique au privé : pour retrouver un travail, Anne-France n’a eu qu ’à traverser la rue… Le Parquet national financier a d’ailleurs été saisi par l’association de lutte contre la corruption Anticor.

UNE « PROTECTION STRICTE »
QUI N’EN A QUE LE NOM

Bien avant le début de cette Cop 15, notre cher pays a bataillé à Bruxelles pour torpiller les ambitions européennes. La France s’est alliée aux Pays-Bas, championne européenne de la surpêche, pour que l’UE abandonne l’objectif de 10 % de « protection stricte » des océans lors de la conférence mondiale sur la biodiversité, et ne conserve que l’objectif global de 30 % d’aires marines protégées. Dans un décret, notre cher président a même redéfini à sa sauce « la protection stricte ». Bref, il suffit de créer des sanctuaires dans l’océan sans donner les moyens de les surveiller ni de les gérer de manière responsable. Et ne surtout pas se priver de pêcher et de racler le fond des océans juste à côté.
L’entourloupe a continué à Montréal. Pendant les négociations, la France a subitement décidé de ne plus défendre l’objectif des 30 % d’aires marines protégées. Pourtant, elle s’y était engagée publiquement lors de la « Coalition de la haute ambition pour la nature et les peuples », lancée en grande pompe par Macron en 2021.
Pire, la France s’est même prononcée contre l’interdiction des activités industrielles dans les aires protégées à l’intérieur de la délégation européenne de l’UE.
« Mais le rôle indigne de la France ne s’arrête pas là », poursuit l’ONG Bloom. Sur place, les diplomates se sont opposés catégoriquement à la création d’un Fonds mondial sur la biodiversité, destiné à aider les pays en développement à protéger la nature. Les sbires de Macron ont été tellement arrogants lors du débat qu’ils ont poussé tous les représentants des pays à quitter la salle de négociation, ulcérés, dans la nuit du mardi 13 décembre.
Finalement, l’accord vise à protéger 30 % des océans. À ce jour, seulement 8 % des mers étaient protégés. Sur les réseaux, le président Macron s’est hâté de se féliciter du résultat. On n’a pas vraiment hâte d’observer la prochaine conférence de l’ONU sur l’océan, qui se déroulera en 2025… en France !

Clément Villaume

Illustration : Red !, pour L’âge de faire

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