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Made in France : les pénuries poussent les entreprises à relocaliser

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Publié le 19 novembre 2021

Depuis 2020, le nombre de relocalisations est plus élevé que celui des délocalisations, une situation que l’on n’avait plus connu depuis douze ans. La pandémie, qui entraîne des perturbations logistiques et des pénuries, incite en effet les entreprises à revoir leur stratégie d’approvisionnement pour ne plus dépendre d’usines lointaines.

Le neuvième salon du Made in France a été le théâtre d’un défilé de candidats potentiels à l’élection présidentielle. Valérie Pécresse, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, Yannick Jadot, Éric Zemmour, Arnaud Montebourg ou encore Marine Le Pen, sont ainsi venus défendre leurs propositions pour relocaliser. Si l’idée fait désormais consensus, les moyens de réindustrialiser la France divergent : certains prônent le versement de subventions conditionnées au rapatriement de tout ou partie de la production, là où d’autres militent pour des baisses d’impôts de production. Et si, finalement, la pandémie, qui a entraîné des perturbations logistiques et des pénuries, était le meilleur allié pour atteindre cet objectif ?

La donne a en effet changé depuis le Covid-19. Le mouvement est clairement enclenché depuis l’année 2020 avec un nombre de relocalisations plus élevé que celui des délocalisations, une situation que l’on n’avait plus connu depuis douze ans. En effet, de plus en plus d’entreprises ne veulent plus dépendre d’usines lointaines pour leur approvisionnement. “Les entreprises ont revu leurs stratégies d’approvisionnement“, analyse Sylvain Guyoton, vice-président de la recherche chez EcoVadis. Confrontées à des difficultés d’approvisionnement de biens produits à l’autre bout de la planète, les entreprises “sont passées d’une stratégie “juste à temps” où elles ne disposent pas de stocks et s’approvisionnent le plus rapidement possible à une stratégie “au cas où” avec une relocalisation au moins partielle de la production et une diversification des sources d’approvisionnement“, ajoute le spécialiste.

Les exemples de relocalisations se multiplient

Ce mouvement ne fait que commencer. En effet, selon un baromètre du cabinet EY publié début juin, plus de la moitié des entreprises étrangères installées en France veulent y relocaliser des activités au cours des trois prochaines années. Les exemples se multiplient : après le groupe textile Le Coq Sportif qui revient dans l’Aube, c’est au tour de la marque Aigle d’installer une partie de sa production de bottes en caoutchouc iconiques dans la Vienne. Le groupe Benedicta produit désormais ses œufs et ses huiles sur le sol français, ainsi que Waterman qui a rapatrié sa fabrication de stylos depuis la Chine vers la Loire-Atlantique. Même mouvement de la part des machines Malongo désormais fabriquées en France, du géant micro-informatique Thomson qui pose ses valises en Seine-et-Marne ou du fabricant de jouets pour enfants Lunii installé à Bayonne.  

Ces mouvements confortent les choix stratégiques de certaines entreprises comme Camif qui plaident de longue date pour un retour au local et au recyclage. Le site de vente en ligne d’ameublement (canapés, bureau, literie…) a récemment franchi une nouvelle étape en ne proposant plus de produits non européens à la vente. Certains articles ont ainsi disparu de son offre, comme les fours à micro-ondes. Aujourd’hui, 78 % des produits en ligne sont français, et 22 % viennent du reste du Vieux Continent.

Notre ancrage sur les produits locaux nous a préservé des aléas du sourcing et des tensions sur les matières premières“, défend ainsi Emery Jaquillat, président de Camif. “Nous accélérons aussi sur les produits recyclés. La combinaison des produits locaux et recyclés démontre toute sa résilience dans le contexte actuel de pénuries et de tensions sur des matières premières“, ajoute l’entrepreneur. D’ici à cinq ans, Camif veut doubler son chiffre d’affaires (50 millions d’euros en 2020, en hausse de 44 % sur un an), avec 80 % de produits fabriqués en France, le reste (20 %) uniquement en Europe. Le site d’ameublement espère ainsi développer l’emploi de ses 95 fournisseurs français, aussi porté par un marché du meuble en plein boum en France depuis la pandémie.

Mathilde Golla @Mathgolla

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