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Malgré le report de la COP15 Biodiversité, l’ONU dévoile son projet d’accord mondial pour sauver les écosystèmes

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Publié le 13 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

L’ONU a dévoilé de grands objectifs sur lesquels les États doivent s’entendre pour essayer de ralentir l’effondrement en cours de la biodiversité. Un enjeu existentiel qui passe par la réduction des déchets, une maîtrise des pesticides rejetés dans la nature ou encore la protection de vastes aires de la planète. Ces objectifs doivent être entérinés lors de la prochaine COP15 biodiversité, qui malheureusement est reportée à 2022 en raison de la crise sanitaire. 

La crise de la biodiversité, qui met en péril l’existence même de l’humanité, doit trouver des réponses et des moyens d’actions lors de la COP15 biodiversité, le pendant pour les écosystèmes des COP dédiés au climat. Ce grand rendez-vous prévu initialement pour 2020 a été reportée à octobre 2021 puis au début de l’année 2022 en raison de la crise sanitaire. Pourtant le temps presse. Un million d’espèces animales et végétales pourrait disparaître et la mauvaise santé des écosystèmes s’aggrave. Pour l’heure, aucun pays au monde n’est exemplaire.

Aussi, malgré les incertitudes sur la tenue de l’évènement, une ébauche de texte pour mieux protéger la nature au niveau international a été dévoilée lundi 12 juillet. C’est ce document que les délégations diplomatiques du monde entier vont devoir discuter. La Convention de l’ONU sur la biodiversité biologique (CBD) travaille à l’adoption d’un vaste plan pour “vivre en harmonie avec la nature” à l’horizon 2050, avec des objectifs intermédiaires pour 2030. Il s’agit de diminuer le rythme d’extinction de 90 %.

21 cibles à atteindre

La crise sanitaire du Covid-19 “souligne l’importance de la biodiversité“, a rappelé la secrétaire exécutive de la CBD Elizabeth Maruma Mrema lors d’une conférence de presse. Selon les experts, la protection de la nature est un rempart efficace contre l’émergence de nouveaux coronavirus. Le document révélé comporte 21 cibles à atteindre en 2030 pour réduire les menaces pesant sur la biodiversité, répondre aux besoins des populations à travers une gestion durable et équitable des ressources naturelles et des outils pour effectivement mettre en place ces mesures.

Une des cibles proposées est de s’assurer “qu’au moins 30 % des espaces terrestres et des espaces maritimes au niveau mondial (…) sont conservés à travers (…) des systèmes d’aires protégées” et d’autres mesures de protection. Un autre objectif vise à baisser la pollution à des niveaux qui ne soient pas dommageables pour la nature et la santé humaine, en particulier en réduisant les pertes d’engrais dans l’environnement “d’au moins 50 %” et les pertes de pesticides d'”au moins deux tiers“, ainsi que la pollution plastique.

500 milliards de dollars par an

La CBD entend contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 10 gigatonnes d’équivalent CO2 par an, tout en s’assurant que la lutte contre le changement climatique n’ait pas d’impacts négatifs sur la biodiversité. Le texte aborde aussi la question des financements. Les subventions néfastes pour l’environnement devraient être réduites d’au moins 500 milliards de dollars par an.  Parallèlement, les financements en faveur de la biodiversité doivent augmenter à “au moins 200 milliards de dollars par an”, avec une orientation d’une partie des fonds vers les pays en développement.

C’est une bonne surprise, une amélioration par rapport aux versions précédentes du texte“, commente Aleksandar Randovic du think tank IDDRI, à l’AFP.  “Si cette ébauche survit aux négociations, le monde aura un plan solide pour agir pour la biodiversité“, renchérit Oscar Soria, du mouvement Avaaz. Pour WWF en revanche, la version actuelle “manque de l’ambition et de l’urgence nécessaire pour inverser la perte de la biodiversité“.

Autre nouveauté, cette nouvelle mouture “fait un progrès important en reconnaissant le rôle central que les peuples autochtones et les communautés locales doivent jouer” pour la protection et la gestion de la nature, estime Brian O’Donnell, de Campaign for Nature, dans un communiqué.

Ludovic Dupin avec AFP

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