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Malgré les promesses de Jair Bolsonaro, la déforestation en Amazonie n'a pas cessé d'augmenter

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Publié le 24 novembre 2021

ENVIRONNEMENT

La déforestation en Amazonie brésilienne progresse pour la troisième année consécutive, une conséquence directe des politiques menées par le président Jair Bolsonaro. L’observatoire du climat accuse le Brésil d’avoir dissimulé ces conclusions avant la COP26 sur le climat, au cours de laquelle le Brésil s’est engagé à éliminer d’ci 2028 la déforestation illégale.

La déforestation en Amazonie brésilienne a augmenté de près de 22% en un an, dépassant les 13000 km2, un record inégalé en 15 ans qui sème le doute sur la volonté affichée du gouvernement de Jair Bolsonaro d’inverser la tendance par des actions plus “fermes“. Entre août 2020 et juillet 2021, le déboisement dans la plus grande forêt tropicale du monde s’est étendu sur 13 235 km2 , la surface la plus importante depuis 2005-2006 (14 286 km2), selon les données du système de surveillance de la déforestation PRODES, de l’Institut national de recherche spatiale (INPE) du Brésil, publiées le 18 novembre. La déforestation en Amazonie brésilienne a même atteint un record pour le mois d’octobre jamais atteint à la même époque depuis cinq ans (877 km2 en octobre).

C’est la troisième année consécutive que la déforestation progresse depuis l’arrivée au pouvoir du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui fait l’objet de critiques internationales pour avoir affaibli la surveillance de l’écosystème amazonien et encouragé les activités extractives dans des zones protégées. À son arrivée au pouvoir en 2019, grâce en partie au soutien du puissant lobby de l’agronégoce, le président a déclaré vouloir ouvrir les terres protégées et les réserves indigènes à l’agriculture et à l’extraction minière.  

Des informations “agaçantes” selon Jair Bolsonaro

Au  lendemain de la publication des chiffres de l’INPE, le président brésilien a qualifié d'”agaçantes” les informations alertant sur une possible destruction irréversible de l’Amazonie. Sans se référer directement au document de l’INPE, il a dénoncé des “mensonges” concernant la destruction de l’Amazonie, dont 60% se trouve sur le territoire brésilien et évoque “des articles majoritairement sponsorisés par des Brésiliens qui travaillent contre leur pays“.

Pour le ministre brésilien de l’Environnement Joaquim Leite, les chiffres sur la déforestation fournis par l’INPE représentent “un défi“. Il appelle à des actions “plus fermes face aux délits environnementaux“. Le gouvernement dit avoir intensifié ses efforts pour lutter contre la déforestation illégale par une présence accrue depuis trois mois de militaires dans les zones les plus touchées.

La déforestation est notamment attribuée aux activités minières illégales et à l’élevage de bétail. “À ceux qui persistent à commettre ces crimes environnementaux, (nous avertissons) que l’État brésilien va montrer sa pleine force en Amazonie“, a déclaré le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Anderson Torres

Des documents cachés avant la COP26 ?

L’Observatoire du climat, qui regroupe les principales ONG et instituts environnementaux actifs au Brésil, dont le WWF et Greenpeace, a accusé le gouvernement d’avoir dissimulé les données jusqu’après la COP26, puisque le document, publié jeudi par l’INPE, lié au ministère des Sciences, Technologie et I’innovation, est daté du 27 octobre 2021. “Le gouvernement avait déjà les données sur la déforestation en mains au moment de la Conférence sur le climat en Écosse et les a délibérément omises“, a déclaré l’ONG. “L’information que j’ai est qu’il a été divulgué aujourd’hui“, a répondu le ministre de l’Environnement.

Lors de la COP26 à Glasgow, le Brésil s’est engagé à avancer de deux ans, de 2030 à 2028, la date limite pour éliminer la déforestation illégale sur son territoire. La Commission européenne a quant à elle annoncé le 17 novembre un projet de réglementation visant à mettre fin à l’importation en Europe de produits issus de la déforestation. L’Union européenne est le deuxième plus grand importateur de matières premières liées à la déforestation, derrière la Chine.

 Pauline Fricot, @PaulineFricot avec AFP

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