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Marée noire en arctique : Norilsk Nickel accepte de payer son amende record de 1,6 milliard d’euros

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Publié le 01 mars 2021

ENVIRONNEMENT

Le géant minier Norilsk Nickel a renoncé à faire appel et payera bien l’amende record de 1,6 milliard d’euros à laquelle a justice russe l’a condamnée pour une vaste pollution de l’eau en Arctique. Celle-ci avait été provoquée en mai 2020 par l’effondrement d’une de ses installations, située sur le permafrost en dégel. Cette amende record pour pollution devrait aussi être l’une des rares à être honorée par une entreprise…

Pollution arctique WWF russia pyatno sboku 01 Le géant minier Norilsk Nickel va payer une amende record de 1,6 milliard d’euros à laquelle a justice russe l’a condamnée pour une vaste pollution de l’eau en Arctique datant de mai 2020.
Marine Rescue service of Russia / WWF

C’est une amende record que le géant minier russe, Norilsk Nickel, va devoir payer pour pollution. Début février, la justice russe a condamné le premier producteur mondial de nickel et de palladium à verser 146,2 milliards de roubles, soit 1,6 milliard d’euros, pour la fuite de 21 000 tonnes de carburant dans les cours d’eau de l’Arctique. Celle-ci s’était produite après l’affaissement, en mai 2020, d’un réservoir d’une centrale thermique de l’entreprise sur le permafrost, alors en dégel, provoquant une important marée rouge. La situation était si catastrophique pour la biodiversité que le Président russe, Vladimir Poutine, avait décrété l’urgence nationale et ordonné que l’entreprise endosse tous les frais de nettoyage.

Jusqu’à présent, Norilsk contestait le montant de l’amende demandée dès juillet 2020 par l’agence russe de surveillance de l’environnement (Rosprirodnadzor) soit 1,8 milliard d’euros. Le groupe se déclarait prêt à payer le nettoyage mais l’estimait aux alentours de 10 milliards de roubles, soit une centaine de millions d’euros. Au vu des dégâts, le juge a pourtant suivi l’ordre de grandeur du montant demandé par Rosprirodnadzor. Il s’agit de “la plus grande compensation pour des dommages environnementaux de l’histoire de la Russie” et d’un “précédent” qui pourrait inciter les entreprises du pays à mieux gérer ces risques, souligne Greenpeace.

Des amendes pour pollution souvent non payées

Surtout, fait suffisamment rare pour être souligné, Norilsk Nickel a finalement annoncé qu’elle renonçait à faire appel de la décision de justice. Dans les cas de pollution, à de rares exceptions près, les amendes mirobolantes réclamées par la justice face au désastre provoqué, sont toujours remises en cause, voire jamais payées par les entreprises. L’implication du Président russe a sans doute pesé. La catastrophe l’avait amené à publier une vidéo exprimant sa colère devant les dégâts et le manque de transparence de l’entreprise. Puis à signer une loi obligeant les entreprises russes à avoir des réserves financières et un plan d’action pour faire face à ces pollutions.

Les 1,6 milliard d’euros d’amende devront être versés d’ici un mois. Ceux-ci seront destinés au budget fédéral russe et seront payés en “réduisant les bénéfices et en réduisant les dividendes de la société”, a précisé Sergueï Malychev, le directeur financier de Norilsk Nickel. Pour l’entreprise, qui fait partie des plus gros pollueurs du pays, c’est aussi l’occasion de montrer une image plus responsable.

Une transformation en cours 

À la suite de la catastrophe, la société a déclaré avoir “appris une leçon importante” et vouloir “revoir drastiquement son approche de la gestion de risques environnementaux”. Norilsk Nickel affirme vouloir remplacer progressivement le carburant diesel par du gaz naturel moins polluant dans ses activités. Il s’est aussi donné pour objectif de réduire de 85 % les émissions de dioxyde de souffre d’ici dans la région de Mourmansk d’ici fin 2021. Pour cela, il a décidé de fermer deux fonderies (cuivre et nickel) sur ce territoire. Ces sites sont en effet considérés comme parmi les plus pollués au monde en raison des émanations de ce gaz hautement toxique.

La transformation s’impose pour le groupe qui commence à voir ces problèmes environnementaux et de sécurité peser sur ses résultats financiers et son évaluation par les analystes, de plus en plus soucieux des impacts ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) du secteur. Sur un an, Norilsk Nickel a annoncé un bénéfice net en baisse de 39 % à 3 milliards d’euros malgré une hausse du chiffre d’affaires, en raison notamment des provisions réalisées pour l’amende. Le 20 février, un nouvel accident industriel sur l’un de ses sites en réfection a coûté la vie a quatre travailleurs, faisant de nouveau baisser son cours de bourse.

Béatrice Héraud, @beatriceheraud

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