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Mieux travailler : vers une nouvelle expérience employé

Chroniques d’experts

Organisation

Le 02/07/2021

© Getty Images


Temps de lecture : 6 minutes

Les attentes des salariés ont changé. Reste au monde de l’entreprise de s’adapter à des besoins parfois divers, d’un individu à l’autre.

En France, même si certains individus ont repris le chemin du bureau, les vagues épidémiques successives et les restrictions qui les ont accompagnées ont empêché la majorité des employés de rejoindre leurs espaces de travail. Cependant, l’embellie sanitaire récente laisse entrevoir un renversement de tendance à la rentrée. Pour autant, un retour à la situation d’avant la pandémie est peu probable – et peu souhaitable.

Le coronavirus a chamboulé nos vies de manière irréversible, bouleversant au passage l’organisation des espaces de travail. L’expérience du télétravail et la perspective de retourner au bureau dans ce contexte inédit ont fait évoluer les attentes des employés vis-à-vis de ces espaces. Tout ce qui faisait l’attrait de la vie de bureau avant la crise a pris encore plus d’importance, tandis que les anciennes sources de frustration constitueront un obstacle encore plus grand si elles ne sont pas résolues.

Afin de comprendre l’impact de la crise sanitaire sur les attentes exprimées, Steelcase a mené plusieurs enquêtes dans dix pays, dont la France, interrogeant au total plus de 32 000 personnes. La synthèse de ces enquêtes a permis d’identifier les préoccupations les plus répandues chez les employés et d’en tirer des enseignements sur les principes d’aménagement à mettre en œuvre.

Une évolution des besoins

Désormais, les individus souhaitent pouvoir choisir où travailler en fonction de certains critères de sécurité. Ainsi, en France, les employés attachent une importance particulière au respect des protocoles de sécurité (69%), à la distanciation physique (63%) et à la qualité de l’air (62%). Les entreprises doivent donc privilégier un aménagement capable de limiter la transmission des maladies. Outre l’optimisation des systèmes de chauffage, ventilation et climatisation, il semble pertinent de réduire la densité d’occupation et de renforcer les séparations.

Par ailleurs, la solitude est considérée comme le principal inconvénient du télétravail dans tous les pays étudiés. Si les employés souhaitent retourner au bureau, c’est avant tout pour renouer avec leurs collègues. Le sentiment d’appartenance est en effet le principal facteur de productivité et d’engagement à l’égard de l’organisation. Comme le souligne Sandra Garcia, consultante chez Steelcase , « le lien social source de confiance ainsi que la sérendipité et la collaboration impromptue enrichissent le travail créatif et accélèrent l’innovation ». L’espace de travail doit promouvoir les interactions et favoriser l’acceptation du changement, qui fait partie intégrante de la culture d’entreprise.

Les collaborateurs recherchent en outre un environnement leur permettant d’être aussi efficaces que possible – en France, pendant le confinement, la productivité a chuté de 8% chez les employés contraints de télétravailler dans des conditions peu optimales, liées notamment à des problèmes techniques ou à un manque d’ergonomie (une installation inadéquate faisant partie des principales sources d’insatisfaction).

Seuls 35% des salariés préfèrent travailler au bureau

La quête du bien-être – physique, cognitif et émotionnel – figure également en tête des priorités : après avoir subi les désagréments du télétravail, les employés souhaitent non seulement pouvoir travailler dans diverses postures, mais aussi bénéficier d’un environnement calme où ils peuvent se concentrer et se sentir appartenir à une communauté.

Enfin, les individus aspirent à une plus grande flexibilité dans l’organisation de leur journée et de leur espace de travail, c’est pourquoi une alternance entre le bureau et le domicile est une solution plébiscitée par le plus grand nombre. Car si certains employés apprécient le télétravail, 35% d’entre eux disent préférer travailler au bureau, le domicile n’étant pas toujours le lieu idéal pour se concentrer.

D’après le baromètre télétravail 2021 de Malakoff Humanis, 86% des employés français souhaitent poursuivre le télétravail. Pour les salariés, le nombre idéal serait de deux jours télétravaillés. En conséquence, comme le précise Sandra Garcia,  « une majorité d’entreprises s’orientent vers une organisation hybride du travail avec un mix entre home office et bureau. Si les espaces individuels reculent face aux espaces collaboratifs, ils ne vont pas non plus disparaître car on ne peut pas complètement opposer domicile et bureau, concentration et collaboration. » A l’heure où les membres d’une même équipe travaillent de plus en plus souvent sur des sites différents, les expériences physiques et virtuelles doivent faciliter la collaboration distribuée.

« Cette crise sans précédent doit pousser les entreprises à sortir de leur zone de confort et à repenser leurs espaces de travail, continue Sandra Garcia. Mais toutes les organisations ne se trouvent pas au même stade de réflexion. Parmi les entreprises avec lesquelles on échange, certaines sont encore dans l’expectative, d’autres ont commencé à faire revenir leurs employés, mais n’ont pas encore amorcé de véritable transformation, tandis que les plus audacieuses ont déjà une vision et sont prêtes à créer une nouvelle expérience employé ».

Quelles pistes pour les bureaux de demain ?

Avant la pandémie, les designers s’attachaient à créer des espaces capables d’attirer les meilleurs talents, de faciliter la collaboration et d’accroître la productivité. Aujourd’hui, ils doivent s’efforcer de répondre à un éventail encore plus large d’exigences.

Si beaucoup d’employés veulent revenir au bureau pour s’adonner à des activités de groupe, ils recherchent aussi un environnement propice à la concentration. Les designers doivent donc trouver le juste équilibre entre les besoins des équipes et ceux des individus, en créant des « quartiers » où il est possible de passer sans difficulté du travail collectif au travail individuel.

Il est également primordial de prévoir des espaces plus flexibles et plus mobiles que par le passé : jusqu’à récemment, la conception des espaces tertiaires reposait sur une architecture et des aménagements fixes. Cependant, l’agilité croissante des individus et des entreprises invite à imaginer des environnements capables d’évoluer au gré des besoins.

La recherche d’un équilibre entre espaces ouverts et espaces fermés constitue un enjeu supplémentaire. Les employés qui effectuaient auparavant des tâches individuelles dans des open spaces très denses souhaitent désormais avoir accès à des espaces plus préservés. Quant aux équipes qui travaillaient jusqu’ici dans des salles de réunion, elles privilégient à présent les configurations plus ouvertes, pour des raisons de sécurité, mais aussi pour pouvoir adapter leur espace à leurs activités.

Travail hybride et technologie

La technologie représente également un vecteur de transformation essentiel compte tenu de la montée en puissance du travail hybride : en France, pas moins de 62% des dirigeants disent vouloir privilégier ce modèle à l’issue de la pandémie, même si l’approche des entreprises hexagonales demeure davantage orientée vers la présence au bureau.

« Les travaux effectués par les entreprises autour de la digitalisation de leurs processus vont s’accélérer, et ce encore bien après la sortie de crise, affirmait Bruno Buffenoir, ex-directeur général de ServiceNow France, dans une tribune publiée en juillet dernier. Cette période difficile instaure une nouvelle ère, dont les fondations mêmes sont basées sur la capacité des entreprises à se digitaliser. »

Par conséquent, il faudra proposer des solutions de visioconférence non limitées aux appareils mobiles, et il sera opportun d’intégrer des capteurs à l’infrastructure des bureaux afin de créer des expériences axées sur les données et l’intelligence artificielle. La technologie sera ainsi mise au service des individus, pour une collaboration à la fois plus humaine et plus performante.

Les chiffres et les déclarations des employés montrent combien cette période troublée invite à se réinventer, en transformant notre manière de vivre et de travailler. « Nous avons une opportunité unique de repenser entièrement les espaces de travail et l’expérience employé, conclut Sandra Garcia, et nous pouvons permettre à tous les individus de développer pleinement leur potentiel, à condition de les écouter et de répondre à leurs besoins. »

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