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Mobilisation à Paris pour défendre les Ouïghours et les droits humains en Chine

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Publié le 03 octobre 2021

Ils ont bravé la pluie du samedi 2 octobre pour défiler dans les rues de Paris un drapeau bleu à la main, celui des Ouïghours, minorité musulmane chinoise victime de génocide, selon le Parlement britannique. En pleine fashion week, les manifestants voulaient interpeller le gouvernement français et toute l’industrie textile. Une indignation qui rassemble beaucoup de jeunes venus protester IRL (In Real Life) sur une cause qu’ils défendent sur les réseaux sociaux.

La manifestation, organisée à Paris le 2 octobre, à l’appel de nombreuses organisations des droits humains dont l’institut Ouïghour, a rassemblé des milliers de personnes. Elles ont marché sous la pluie pour dénoncer le “génocide” ouïgour et les crimes contre l’humanité que commet la Chine dans les usines de Xinjiang qui fournissent les grandes marques internationales, de textile. Cette manifestation est un des éléments de protestation des ONG qui mènent aussi une action juridique. Elles ont déposé plainte contre quatre géants du textile Inditex (ZARA, Bershka ,…) Uniqlo, Skechers et SCMP (Sandro, Maje…) et une enquête a été ouverte, en juillet, par le Parquet national antiterroriste. Il doit déterminer s’il y a eu “recel de crise contre l’humanité” à travers l’exploitation des Ouïghours.

Le mouvement de protestation prend de l’ampleur en Europe ce qui tend les relations diplomatiques avec la Chine. En avril dernier, le Parlement britannique a adopté une motion à l’unanimité pour que les persécutions contre les Ouïghours soient qualifiées de génocide, les Pays Bas et le Canada avaient fait de même. La marche de samedi participe d’un mouvement plus global visant à montrer la détermination des citoyens européens à l’heure où le projet de directive sur le devoir de vigilance dans la chaine de sous-traitance patine.

Fast fashion et GenZ

L’objectif du texte est d’obliger les marques de grande consommation à organiser la prévention des violations de droits humains dans toute leur chaîne de sous-traitance. Cela remet en cause deux piliers de l’industrie textile : la production de masse à bas coût qui nourrit la fast fashion et son avatar, l’ultra fast fashion, et une chaîne de sous-traitance atomisée avec des fournisseurs de fournisseurs perdus de vue par le donneur d’ordre initial, la marque. Cette organisation compromet la crédibilité de la traçabilité mise en avant par le marketing durable supposé garantir aux clients que leurs vêtements n’ont pas de trace d’oppression des Ouïghours.

Les choix de consommation des jeunes qui ont défilé samedi est cruciale pour l’avenir des marques textile. Leur génération (#genZ) entretient une relation ambiguë avec ces marques liées au travail forcé. Le “Tu n’as pas honte d’aller à la manif habillée en Bershka et en Zara” entendu dans le défilé fait écho aux faibles protestations qui pointent leur nez dans les commentaires que recueillent les influenceurs sur TikTok (réseau social chinois) quand ils ou elles montrent les dernières créations de Shein (marque d’ultra fast fashion chinoise). Nike a payé très cher son association au travail des enfants, avec le premier scandale planétaire sur les marques qui violent les droits humains il y a plus de 20 ans. Les grandes marques textiles en pleine crise sont confrontées à un défi bien plus grand : transformer leurs modèles pour offrir à leurs clients, jeunes et moins jeunes, des produits respectueux des Ouïgours, des droits humains et de l’environnement.

Anne-Catherine Husson Traoré

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