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Montée des eaux : D’ici 30 ans, des tsunamis vont déferler en Méditerranée

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marseille vieux port ludovic marin afp

Publié le 25 juin 2022

ENVIRONNEMENT

Alors que les océans indien et pacifique sont régulièrement touchés par des tsunamis, d’ici 2050, les côtes méditerranéennes seront elles aussi impactées. La probabilité est de 100 %, selon l’Unesco qui vient d’étendre son programme de protection à toutes les zones à risque dans le monde, dont la Méditerranée. Le lien avec le réchauffement climatique, qui participe à la montée des eaux, est établi. 

Dans les 30 prochaines années, la probabilité d’une vague de tsunami dépassant un mètre en Méditerranée est proche de 100 %. Cette donnée a été dévoilée le 22 juin par l’Unesco. L’organisation souhaite en effet étendre son programme “Tsunami Ready” de protection contre les tsunamis à toutes les zones à risque dans le monde d’ici à 2030, y compris donc la Méditerranée. 

Le programme établit douze indicateurs à respecter par les communautés concernées, avec l’aide des experts de l’Unesco. Il s’agit notamment de dresser un plan d’identification de la menace et de sensibilisation et de préparation des populations pour y faire face. La majorité des tsunamis répertoriés à ce jour touchent les populations côtières des océans Pacifique et Indien. Mais l’Unesco rappelle que toutes les régions maritimes sont à risque.

“En Méditerranée, ce n’est pas si, c’est quand”

En Méditerranée, les îles grecques de Kos et Samos sont prêtes, selon Bernardo Aliaga, expert océanique au bureau de l’Unesco. Alexandrie, en Egypte, a commencé à appliquer le programme, et Istanbul et Cannes y travaillent, selon lui. “Le principe général est que là où il y a eu un tsunami, il y aura un tsunami”, explique Bernard Aliaga. Comme en mer Egée, ou comme celui survenu en 1908 dans le détroit de Messine, qui ravagea les villes côtières. Les experts sont particulièrement attentifs à la situation autour du volcan Stromboli, dans les îles Eoliennes, qui a la particularité d’être très actif et proche des côtes de Sicile et du sud de l’Italie. 

“Le risque de tsunami est sous-estimé dans la plupart des régions, y compris la Méditerranée”, ajoute l’expert dans The Guardian. “Les événements ne sont pas très fréquents et le risque ne se traduit pas d’une génération à l’autre. Nous devons faire passer le message. En Méditerranée, cela ne fait aucun doute : ce n’est pas si, c’est quand.”

Même à 30 cm, un tsunami est “un mur d’eau”

Si l’estimation de futures vagues à près d’un mètre de hauteur peut sembler faible, c’est pourtant suffisant pour créer des dégâts irréversibles. “C’est un mur d’eau, une eau très épaisse, très dense, très dangereuse, qui avance jusqu’à 300 km/h et emporte tout sur son passage, même lorsque la vague ne fait que 30 cm”, alerte le spécialiste dans le journal La Croix. 

Selon Vladimir Ryabinine, secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco, environ 70 % des tsunamis sont provoqués par un séisme, comme celui survenu dans l’océan Indien en 2004, responsable de plus de 210 000 morts. Mais ils peuvent aussi advenir à la suite d’éruptions volcaniques, comme celle qui a touché l’île de Tonga, dans le Pacifique, en janvier dernier. Il existe en tout cas un lien entre tsunamis et réchauffement climatique.

“Ce dernier provoque la montée du niveau de la mer et la puissance des tsunamis peut ainsi être décuplée. Dans certaines zones du monde, comme à Macao en Chine, on sait que les tsunamis auront deux fois plus de répercussions en 2050”, explique Bernardo Aliaga dans Libération. 

Marina Fabre Soundron avec AFP

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