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Neutralité carbone : pour avoir un vrai impact, les entreprises peuvent enfin s’appuyer sur une norme de référence

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Publié le 28 octobre 2021

ENVIRONNEMENT

Fini les grands engagements qui ne sont pas suivis d’actes. Alors que la COP26 va ouvrir ses portes, l’initiative Science Based Targets vient de dévoiler un standard pour encadrer les engagements de neutralité carbone des entreprises qui foisonnent partout dans le monde. Une nouvelle norme basée sur la science et alignée sur les objectifs de l’Accord de Paris qui va permettre de valoriser les efforts réels des entreprises tout en luttant contre les soupçons de greenwashing qui pèsent sur elles.

Il est devenu aujourd’hui incontournable pour les grandes entreprises de prendre des engagements visant la neutralité carbone. Mais derrière ces promesses, l’impact n’est pas souvent au rendez-vous. Le cabinet BCG Gamma estime qu’à peine 10 % des entreprises qui cherchent à réduire leurs émissions les mesurent de façon précise. Elles ne sont que 11 % à les avoir effectivement réduites à hauteur de leurs ambitions ces cinq dernières années. Pour enclencher une vraie dynamique du monde économique, l’initiative Science-Based Targets (SBTi) vient de publier un premier standard visant la neutralité carbone pour rester sur une trajectoire de réchauffement climatique limitée à 1,5°C.

Alors qu’aujourd’hui “les entreprises définissent elles-mêmes leurs objectifs de réduction de neutralité carbone sans évaluation crédible et indépendante de leur ambition et de leur intégrité”, selon Alberto Carrillo Pineda, DG de la SBTi, l’enjeu est de remettre de l’ordre en publiant un standard de référence. Et ce dernier se veut exigeant. La norme de SBTi requiert ainsi de réduire de moitié les émissions de l’entreprise, sur l’ensemble de sa chaine d’approvisionnement, d’ici 2030 et de 90 à 95 % avant 2050. Les 5 à 10 % restant pourront alors être compensés. Or aujourd’hui, la compensation passe souvent avant la réduction.

AstraZeneca et Holcim s’alignent sur le standard SBTi

“Si vous êtes un chef d’entreprise qui veut joindre le geste à la parole, je vous encourage à aligner la stratégie climatique de votre entreprise sur ce que la science exige”, a réagi Mads Nipper, le PDG d’Orsted, l’un des principaux énergéticiens du Danemark. La firme fait partie des sept premières entreprises à avoir aligné ses objectifs de neutralité sur le standard développé par SBTi. À ses côtés, des géants comme le groupe pharmaceutique AstraZeneca ou le spécialiste des matériaux de construction Holcim.

“Sans une définition scientifique commune de ce qui constitue un objectif de neutralité carbone, les entreprises et leurs parties prenantes ne peuvent pas être sûres que leurs objectifs climatiques à long terme sont crédibles ou suffisamment ambitieux. La norme SBTi Net-Zero applique les dernières données scientifiques sur le climat au processus de fixation des objectifs”, analyse Richard Batten, chef substainability officer chez JLL, une société américaine spécialisée dans le conseil en immobilier d’entreprise qui s’est elle aussi lancée dans la course du standard SBTi. 

Orienter les financements 

Cette norme est d’autant plus importante qu’elle va permettre de lutter contre le “greenwhashing” au moment où les entreprises sont de plus en plus pointées du doigt par la société civile sur la sincérité de leurs engagements. Leurs actionnaires commencent aussi à monter au créneau, même dans les secteurs les plus carbo-intensifs. La major pétrolière Exxon a ainsi dû intégrer à son conseil deux nouveaux administrateurs plus favorables à la cause climatique après avoir été “renversée” par un tout petit fonds d’investissement nommé Engine N°1.

L’enjeu est également, pour les investisseurs, de pouvoir repérer et orienter les financements vers des entreprises qui s’engagent concrètement. “Jusqu’à présent, il était presque impossible de s’assurer que les investissements et les engagements soutenaient un véritable alignement climatique des entreprises. Il n’y avait aucun moyen de savoir quels objectifs net zéro étaient crédibles”, explique Michael Hugman, directeur du financement climatique à la Children’s Investment Fund Foundation et membre du groupe consultatif d’experts qui ont construit la norme SBTi. 

Marina Fabre, @fabre_marina 

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