fbpx

Non, la compagnie Lufthansa n’est pas obligée de faire voler 18 000 avions à vide

Publié le 11 janvier 2022

ENVIRONNEMENT

Alors que la compagnie aérienne Lufthansa a récemment annoncé qu’elle allait réaliser 18 000 “vols fantômes”, cette information a suscité de nombreux commentaires indignés sur les réseaux sociaux. Mais l’entreprise allemande, isolée sur la question des vols à vide, n’est pas du tout obligée de se plier à une telle aberration écologique comme elle tente de le faire croire. Explications.

La semaine dernière, nous publiions un article sur les 18 000 “vols fantômes” que la compagnie allemande Lufthansa allait opérer cet hiver. Des vols à vide pour conserver ses créneaux aéroportuaires et ainsi “se conformer aux règles de Bruxelles” expliquait le N°1 européen en nombre de passagers transportés. “Malheureusement, nous devons effectuer ces 18 000 vols inutiles”, déclarait un porte-parole de Lufthansa au média allemand hr-fernsehen. Mais l’entreprise est la seule du secteur à se plier à une telle aberration écologique. Et sa sortie a entraîné de nombreuses réactions.

L’organisme commercial aéroportuaire ACI Europe a ainsi exprimé dans un communiqué, publié le 6 janvier, “sa consternation face à l’escalade de la rhétorique industrielle et politique autour des soi-disant vols fantômes”, estimant que “les compagnies aériennes sont très bien protégées des incertitudes actuelles”. “Quelques compagnies aériennes affirment qu’elles sont obligées d’effectuer de gros volumes de vols à vide afin de conserver les droits d’utilisation des créneaux aéroportuaires. Il n’y a absolument aucune raison pour que cela soit la réalité. Parler de vols fantômes et de leurs impacts environnementaux semble faire allusion à un scénario apocalyptique qui n’a pas sa place dans la réalité” a réagi Olivier Jankovec, directeur général d’ACI Europe.

Un coup de com’ de la part de Lufthansa

Bruxelles impose aux compagnies d’utiliser au moins 80 % de leurs créneaux de décollage et d’atterrissage afin de les conserver. Une règle qui avait été levée au plus fort de la pandémie en mars 2020 et qui a été assouplie au printemps dernier avec un seuil abaissé à 50 %. Il doit passer à 64 % en mars prochain. En outre, il existe également une disposition spécifique pour la non-utilisation de ces créneaux qui couvre les interdictions pures et simples de voyager, mais également les restrictions de mouvement, les mesures de quarantaine ou d’isolement qui ont une incidence sur la possibilité de voyager.

Le ministre français des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, y est également allé de son thread sur Twitter. “18 000 vols à vide opérés par Lufthansa. Si vous avez vu passer cette info, il y a de fortes chances qu’elle vous ait indigné. À raison, car ce serait une parfaite aberration. Sauf que… il est très probable que ça ne se produise pas. (…) Nous veillerons à ce qu’aucune compagnie européenne ne soit contrainte d’opérer des vols à vide. La présidence française de l’Union européenne vient de débuter. Nous n’hésiterons pas à agir”. écrit-il.

D’autres dénoncent un coup de com’ de la compagnie allemande pour mobiliser l’opinion publique sur les règles européennes, alors que des négociations doivent démarrer pour fixer un nouveau seuil qui entrera en vigueur à l’automne prochain. De son côté, Air France, “qui n’a jamais opéré de vol à vide pour conserver des créneaux horaires et ne prévoit pas de le faire“, s’est dit “favorable à une réévaluation de ces règles pour que les compagnies continuent d’assurer des vols uniquement quand la demande le justifie“.

Concepcion Alvarez @conce1

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article

Les dernières publications :