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Nouvel activisme climatique : La méthode des étudiants pour réveiller leurs écoles et futurs employeurs

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Publié le 29 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

En quelques années les étudiants du Réveil écologique sont devenus une force incontournable dans le paysage de la lutte climatique. Ce collectif, qui met la pression sur les entreprises pour les pousser à plus d’ambition climatique sous peine de ne plus attirer les jeunes diplômés, a créé une vraie dynamique. D’autant plus forte dans les écoles qui sont de plus en plus nombreuses à former leurs étudiants sur les enjeux écologiques. Toute la semaine, Novethic explore les nouvelles formes d’activisme climatique qui prennent de l’ampleur en France.

Défiler dans la rue ne suffisait plus. En 2018, des étudiants issus de grandes écoles lancent un Manifeste pour un Réveil écologique. Leur cible prioritaire : leurs futurs employeurs. “À quoi rime-t-il de se déplacer à vélo, quand on travaille par ailleurs pour une entreprise dont l’activité contribue à l’accélération du changement climatique ou l’épuisement des ressources ?”, interrogent-ils alors. En quelques semaines, le succès est au Rendez-vous. 30 000 étudiants signent le manifeste poussant le Réveil écologique à se transformer en collectif. Trois ans plus tard, il est devenu incontournable.

“On ne s’attendait pas à un tel succès”, se rappelle Antoine Trouche, membre de la première heure. Soucieux de dialoguer, le collectif organise des rencontres avec la moitié des comités de direction du CAC 40, intervient dans des Conseils d’administration, prend la parole dans des forums, des conférences… et fait peu à peu prendre conscience aux entreprises que le recrutement des futurs talents peut leur échapper par manque d’ambition climatique. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné a d’ailleurs avoué à l’AFP que sa “principale peur” était la capacité du groupe à “attirer les talents”. “La plupart des ingénieurs qui rejoignent Total veulent travailler dans les énergies renouvelables”, déclarait-il alors. 

Objectif présidentielles

“En tant que jeunes diplômés de grandes écoles, nous avons une marge de manœuvre. Les dirigeants d’aujourd’hui ont suivi les mêmes cursus que nous et sont d’autant plus frappés par ce changement”, estime Antoine Trouche. Le collectif propose désormais des outils concrets pour permettre à un jeune diplômé de choisir un employeur suffisamment engagé dans la transition. Le but est d’éviter que les futurs salariés ne tombent dans le piège du greenwashing utilisé par certaines entreprises. “Notre appel à une transformation systémique n’a que peu infusé dans les entreprises mais la problématique du recrutement est devenue une préoccupation majeure”, résume Antoine Trouche. 

Sur le terrain des écoles par contre, la réussite du Réveil écologique est plus frappante. Car le combat de ces étudiants ne se limite pas aux entreprises. Le collectif vise les écoles et les universités pour qu’elles forment mieux leurs élèves sur les questions écologiques. Le mouvement a ainsi créé une plateforme en collaboration avec l’association Together for earth à destination des étudiants qui veulent “réveiller leur formation“. De la création d’une équipe en passant par la proposition de nouveaux enseignements jusqu’au suivi de la mise en place, la plateforme est une sortie de mode d’emploi pour accompagner les étudiants dans la transformation des formations et des écoles. Une stratégie payante. 

De Polytechnique à Sciences Po en passant par l’INSA, les écoles ont toutes répondu à l’appel du Réveil écologique en intégrant la transition écologique à leurs programmes de manière plus ou moins poussée. “Il y a encore beaucoup à faire mais on observe une vraie dynamique”, note Antoine Trouche. Prochaine étape : l’élection présidentielle. Le collectif va mettre en place un plaidoyer politique à la rentrée poussant leurs sujets de prédilection, à savoir la formation aux enjeux écologiques et les entreprises. Les étudiants vont mettre la pression sur les partis et les parlementaires pour renforcer l’obligation de reporting climat des entreprises et porter au plus haut la question de la transparence. 

Marina Fabre, @fabre_marina

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