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Nouvelle semaine caniculaire en France : Ce n'est pas l'écologie qui est punitive, c'est l'inadaptation au changement climatique

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canicule personnes agees THIBAUD MORITZ AFP

Publié le 11 juillet 2022

ENVIRONNEMENT

L’Hexagone va subir une nouvelle vague de chaleur cette semaine, un mois à peine après celle de mi-juin. Cet épisode pourrait surpasser la canicule de 2003 qui avait causé plus de 19 000 décès. Alors que les conséquences sur la santé humaine, les transports, l’énergie, l’agriculture… sont de plus en plus dramatiques, la France cumule les retards en matière d’adaptation au changement climatique. Un nouveau rapport affirme que l’État devrait investir 2,3 milliards d’euros par an pour être à la hauteur. 

“Mi-juillet sera caniculaire, la porte de l’inédit est ouverte. Sera-t-elle franchie ?”, s’interroge sur Twitter le climatologue Christophe Cassou. Les prévisions de Meteo France sont en effet cauchemardesques. Dès ce lundi 11 juillet, une bonne partie du pays va dépasser les 30°C. Depuis ce week-end, les températures grimpent. “Il va y avoir une hausse lente des températures” qui devrait déboucher sur “un épisode de vague de chaleur probablement à partir de mardi ou mercredi” dans le sud de l’Hexagone, a précisé à l’AFP Steven Testelin, prévisionniste à Météo-France. 

Cette vague de chaleur arrivera “par le sud-ouest”, a-t-il encore indiqué. Cela est lié à “la remontée progressive sur le pays d’air très chaud en provenance du Maroc et de l’Espagne”, selon Météo-France. “La semaine prochaine, cette hausse des températures va se poursuivre, avec une intensification autour du 14 juillet. Cette vague de chaleur pourrait donc être intense, voire durable au sud”, avertit Météo-France. 

“J’avoue, ce soir, ressentir une forme de colère”

S’il est encore difficile de savoir exactement comment cette vague va évoluer, le prévisionniste de Météo France Gaetan Heymes écrit : “Il n’est pas exclu que la canicule d’août 2003, à la sévérité inédite, soit surpassée par cet épisode. Toutes les incertitudes ne sont pas encore levées au-delà du 16 juillet, notamment sur l’intensité maximale ; cela n’empêche pas d’évoquer cette possibilité dès maintenant. Cette prévision n’est hélas pas irréaliste. Un contexte de sécheresse extrême aggrave les canicules”. 

Vague de chaleur après vague de chaleur -elles ont été multipliées par trois voire quatre depuis les années 90- les scientifiques alertent, en vain, les pouvoirs publics, de l’urgence d’adapter le pays, les infrastructures, au changement climatique. “J’avoue, ce soir, ressentir une forme de colère car les faits scientifiques sont clairs. Nous savons où nous allons et nous savons où nous devrions aller et quoi faire pour limiter les risques croissants et menaçants pour les sociétés humaines et les écosystèmes. Et pourtant… Le déni de gravité et le déni de l’urgence sont toujours là (…)”, écrit Christophe Cassou.

“On frôle les limites de la survie humaine”

Même colère du côté de la présidente du WWF Isabelle Autissier qui rappelle sur Europe 1 qu’on “frôle les limites de la survie humaine”. “Ce n’est pas l’écologie qui est punitive. Je hais ce mot. Ce qui est punitif, c’est de ne pas faire l’écologie. C’est punitif pour les humains”, commente-t-elle. Si les impacts des vagues de chaleur sont plus difficiles à visualiser que ceux d’une tempête, ils sont pourtant bien réels. L’ingénieur spécialiste des risques climat Thibault Laconde a d’ailleurs répertorié une grande partie des conséquences matérielles et humaines de la dernière vague de chaleur de la mi-juin. 

Accidents du travail et droit de retrait avec des températures dépassant les 60°C dans certains postes, coupure d’eau et d’électricité, panne de transport, récoltes en berne, annulation de marathon, de festival… “On ne peut pas s’adapter à ces évènements si on n’en comprend pas les conséquences. Rendre visible les impacts des vagues de chaleur actuelles aide à préparer celle de demain”, écrit l’expert. La France est pourtant en retard en matière d’adaptation au changement climatique. 

Fin juin, l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) a publié un rapport dans lequel il confirme que la France n’est pas assez bien armée pour “gérer l’inévitable”. Pour affronter les impacts des canicules, incendies, inondations, la France doit mettre sur la table au minimum 2,3 milliards d’euros par an, affirme le think tank qui offre ici la première évaluation des besoins financiers de l’adaptation. Renforcer les infrastructures de transport ou d’énergie pour en assurer la résilience, transformer les systèmes agricoles face aux sécheresses, recomposer les littoraux pour vivre avec la hausse du niveau de la mer… la tâche est lourde mais urgente.

Marina Fabre Soundron fabre_marina avec AFP

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